Trans en Provence au fil de la Nartuby

Bienvenue à Trans en Provence

J'ai mis en place ce blog sur Trans en Provence pour parler de mon village, de son histoire, de ses habitants, de son passé tout simplement... pour qu'il en soit un petit peu la mémoire. Je ne suis pas historienne, ni spécialiste en quoi que ce soit, mais je suis curieuse de tout. Mes recherches généalogiques m'ont conduite à m'intéresser à l'histoire, la grande et la petite.  

Mon autre blog :  Passion Provence 

http://www.passionprovence.org

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26 avril 2017

Histoire d'eau

 

Trans-La citerne publique à côté de l'église

A l'origine, les villageois puisaient l'eau dont ils avaient besoin dans la Nartuby, toute proche. Très rapidement, toutefois, les eaux usées de Draguignan qui se jetaient dans la rivière, rendirent son eau impropre à la consommation. C'est ainsi qu'au Moyen-Age, les transians (ils étaient environ deux cent cinquante au XIIIe siècle) puisèrent l'eau à des sources, dont l'une était connue sous le nom de "Fount de Monseignour" (Fontaine de Monseigneur) et une autre "Le Fabregon" (de fabre : forgeron) laquelle était obstruée depuis des siècles. Il est vrai qu'en ce temps-là, les habitants de la région n'utilisaient pas trop d'eau pour prendre un bain par exemple... ou le faisaient dans la rivière en été ! Cela a duré très, très longtemps. Au XVIIe siècle, des travaux de recherches furent exécutés car le besoin en eau potable se faisait sentir, et les habitants de la localité, le demandaient avec insistence. Il est du reste question de l'eau dans les délibérations du conseil communal de Trans en 1731 en ces termes : "Les eaux de la rivière Nartuby, pernicieuses à boire tant des gens que des bêtes, à cause des immondices qui s'y jettent venant de la ville de Draguignan et étant d'ailleurs rudes et pesantes, les habitants se trouvant obligés d'en aller prendre à quelques sources qui sont le long de la rivière, dans les précipices et au-dessous du village...". Donc, à cette époque disons de 1550 à 1750 on allait quérir tous les sourciers ou chercheurs d'eau, mais aucun ne trouva le précieux liquide. En 1755, on réalisa enfin une adduction d'eau qui a duré presque jusqu'à notre époque moderne, à partir d'une source trouvée aux Escombes, on capta l'eau et par une canalisation on l'amena à une fontaine près de l'église, mais bien vite cela fut insuffisant et on chercha à nouveau à augmenter le débit de l'eau. Pourtant, le problème de l'eau demeura à Trans et en 1804, on créa une citerne publique à côté de l'église. On y récupérait les eaux de pluie venant du toit de l'édifice et le surplus de la petite fontaine publique qui coulait grâce à l'eau de la source des Escombes. Pour aller à l'eau, les transians étaient alors obligés d'actionner une pompe. Pour cela, il fallait tourner une roue, c'était pénible et il y avait la queue, car c'était la seule eau potable de la commune. Cela durera jusqu'en 1928... incroyable n'est-ce pas ? En 1928 donc, la municipalité dirigée par Monsieur Jules Saurin réalise le première vraie adduction d'eau et de tout-à-l'égout. Trans compte alors 1.100 habitants. C'est un progrès considérable : les ménagères ont enfin l'eau à la pile (évier). C'est à la suite d'un travail effectué par Monsieur Laponche, ingénieur de son état, qui a trouvé une nappe d'eau au quartier des Incapis. Cet ingénieur crée alors "La Société des Eaux du littoral varois", en 1930 une convention est signée avec la municipalité. Elle assure pour Trans un débit de 5 litres/seconde d'eau. Cette eau avant d'être distribuée était remontée par pompage à un bassin au quartier de la Bouissière et de là, les canalisations filaient vers le village. Passons quelques années plus loin et arrêtons nous en 1967. A cette époque, une convention entre Trans et Draguignan est passée. Trans cède ses droits sur la nappe des Incapis et Draguignan s'engage en échange à fournir à Trans 5 litres d'eau/seconde - plus 20% de ce que prendrait cette ville. Avec prise en charge du château d'eau par Draguignan créé aux Demoiselles. Un réservoir se fait au quartier de Saint-Victor où la côte est l'une des plus élevée de la commune, ce qui permet le développement du réseau d'eau. Plus tard, Trans passe de 1.100 habitants à 3.500, les besoins en eau augmentent donc. A la suite de nouvelles recherches, on découvre une nappe d'eau très importante sur le territoire communal : celle du Puits de Maurin. Un premier forage en 1979 à 50 mètres permet d'y pomper 50 m3/heure. Un réservoir de 500 m3 est créé à la côte 222, qui domine tout le village. En 1980, un deuxième forage est réalisé, à 50 mètres, on pompe 100 m3/heure et on va construire un deuxième bassin. Le tout est accompagné d'un effort important de la commune qui remplace le réseau ancien et étend de nouvelles canalisations.

Trans-Fontaine de la place de l'Eglise

A côté de cela, il faut parler des quatre fontaines d'eau non potable du village. C'est la source de la Foux qui les alimente. Cette eau est dure, chargée de matières minérales (alun et autres), on dit que les animaux ne veulent pas la boire et qu'en aucun cas elle ferait cuire des haricots secs. Les fontaines qui sont dans le village constituent un bien bel ornement, elles embellissent la cité et l'été y donnent une bonne fraîcheur.

Source : D'après une enquête de Jean Benoît pour le journal Var-Matin.

 

20 avril 2017

Quelques délibérations du conseil de la communauté

Façade latérale de l'église

Intérieur de l'église

1574 : Décision de poursuivre le prieur en justice toutes les fois qu'il ne fera pas dire l'office accoutumé.

1584 : Délibéré "pour le grand contentement du peuple" de porter à quatre le nombre des prêtres chargés du service de l'église.

1606 : Autorisation de prendre un pin pour faire une porte à l'église.

1622 : Transcription de divers miracles, en particulier celui survenu dans l'église le jour de saint Joseph.

1625 : Fixation de délais pour ouvrir les sépultures dans l'église.

24 juillet 1718 : Délibéré de faire deux niches et deux crédences en bois pour les bustes de saint Victor et de sainte Justine. (Nota de Nadine : actuellement ces deux bustes sont dans la chapelle saint Roch).

30 novembre 1747 : Délibéré de faire vider et nettoyer les trois caveaux qui se trouvent dans l'église afin qu'on puisse continuer d'y enterrer les morts. (Nota de Nadine : ces trois caveaux sont ceux de saint Antoine, de saint Sébastien et du saint Rosaire. Quand le carrelage de l'église a été refait en 1996, ces caveaux ont été marqués au sol aux quatre coins par des carreaux en losange).

16 janvier 1763 : "Les Sieurs Prieur et Prêtres de la paroisse ont témoigné que, lorsqu'ils étaient sur la chaire à prêcher, ils n'y pouvaient tenir sans être incommodés et sans s'enrhumer par les vents qui leur venaient de la grande porte d'entrée de l'église et de celle du cimetière, et, dans cet état, ils se verraient obligés de décesser (sic) de prêcher, si la Communauté ne faisait pas faire deux paillassons, un pour chaque porte - ce qui a paru d'autant plus juste que les paroissiens profiteront du bénéfice d'iceux et que les Confréries ne consumeront pas tant de luminaire". Le Conseil décida l'installation de ces paillassons.

1770 : Élévation du clocher de l'église de 13 pas de plus.

1772 : Approbation des plans de devis pour la construction d'un cage en fer destinée à l'horloge au-dessus du clocher. Construction par le seigneur de Trans d'une tribune dans la grande nef de l'église pour sa place réservée.

8 mai 1774 : Réparation du bois des cloches et invitation au prieur d'empêcher que les enfants ne s'amusent à sonner les cloches comme ils le font presque toute la journée.

7 août 1774 : Confection d'un cadran solaire sur la façade sud du clocher.

1790 : Députation auprès du marquis pour lui signifier l'enlèvement de son banc dans l'église afin de le remplacer par celui des consuls. Procès-verbal du serment civique d'Honoré Allaman, curé de Trans.

1791 : Procès-verbal des serments des vicaires Joseph Porre et Honoré Meissonnier. Demande en maintien de la cure de Trans, l'une des plus anciennes du district et qui compte 1238 habitants. Procès-verbal de dépôt des registres de l'état-civil par le curé Honoré Allaman.

Source : Fascicule imprimé pour l'anniversaire des 500 ans de la consécration de l'église 1496-1996. Ce fascicule a été écrit grâce à mes propres recherches. Auteurs : Curé Claude Pierrugues, Monsieur Roger Martelli et moi-même.

 

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14 avril 2017

Les serments civiques du clergé

Serment du curé

"Ce jourd'hui 12 décembre 1790 à dix heures du matin, dans l'église de cette commune, Messire Alexandre Honoré Allaman, curé de cette paroisse, a prêté avant la messe paroissiale en notre présence, présent et requérant M. Boyer procureur de la commune, et en outre présence du peuple et du clergé, le serment prescrit par les décrets des 12 et 24 juillet dernier, et a juré en conséquence de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse qui lui est confiée, d'être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi, et de maintenir de tout son pouvoir la constitution décrétée par l'Assmblée Nationale et acceptée par le Roi. Duquel serment qu'il a signé, nous, Maire et Officiers municipaux avons concédé acte au dit curé et avons signé avec lui. - Signé : Guillon, maire ; Pellerud, Bourely, André Blanc, B. Blanc, Giraud, off. mun. ; Boyer, procureur ; Allaman, curé ; Garcin secrétaire greffier".

Serment des vicaires

" Du 16 janvier 1791, à Trans, dans l'église paroissiale, à l'issue de la grand'messe, à 11 heures du matin, le Conseil général de la Communauté présent ainsi que le Peuple, Monsieur le Maire a dit à Messieurs les Vicaires : "Messieurs, je dois vous dire que ce serment que vous allez prêter va combler de joie de Conseil général de cette Commune et le Peuple, qu'il vous honorera aux yeux du siècle et de la postérité. Mais ce ne sont pas là tous les fruits que vous en retirerez. L'Etre des Etres vous en tiendra compte. Soyez assurés, Messieurs, qu'il dirige lui-même la Révolution et que, malgré les efforts des ennemis de la nouvelle constitution du Royaume, elle sortira son plein et entier effet pour le bonheur de tous les français et de tout l'univers. C'est le doigt de Dieu qui a opéré cette grande oeuvre, Digitus Dei ; c'est ici une nouvelle preuve de la loi Deposuit potentes de sede exaltavis humiles. En prêtant ce serment vous allez marcher sur les traces de votre digne Curé, ce modèle de vertu qui vous a précédé, qui vous en a donné l'exemple dans ce saint temple le 12 décembre dernier. L'article II du décret de l'Assemblée Nationale du 27 novembre 1790, sanctionné par le Roi le 26 décembre, vous impose l'obligation de faire le serment de remplir vos fonctions avec exactitude, d'être fidèles à la Nation, à la loi et au Roi, et de maintenir de tout votre pouvoir la constitution décrétée par l'Assemblée Nationale et acceptée par le Roi". Nous Maire et officiers municipaux de cette commune de Trans, présent et requérant le procureur de la commune, avons concédé acte aux Sieurs Joseph Porre et Honoré-Louis Meissonnier, vicaires de cette  paroisse, du serment qu'ils viennent de prêter individuellement en notre présence, en celle du Conseil Général de la commune et du Peuple, à l'issue de la grand'messe de remplir etc. (comme ci-dessus). - Signé : Guillon, Pellerud, Blanc, Blanc, Giraud, Boyer ; Porre, Meissonnier prêtres ; Garcin secrétaire greffier".

Source : Fascicule imprimé pour l'anniversaire des 500 ans de la consécration de l'église 1496-1996. Ce fascicule a été écrit grâce à mes propres recherches. Auteurs : Curé Claude Pierrugues, Monsieur Roger Martelli et moi-même.

 

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08 avril 2017

Le corso fleuri de 1926 à Trans en Provence

Aujourd'hui, je vous montre des photos du corso fleuri de Trans en Provence qui s'était déroulé en 1926 sans doute au mois de mars. Nos anciens avaient de l'imagination, de nombreux chars avaient été fabriqués comme vous allez le voir. Lorsque j'ai fait mon exposition de photos et cartes postales anciennes à l'Hôtel de ville de Trans en Provence en 2006, j'avais mis plus de 20 photos de ce corso. Là, je vous en propose 8.

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 Sur la première, on voit le défilé passer dans la rue Nationale. Une estrade avait été dressée devant l'église pour l'occasion. Regardez un petit peu comment les gens étaient habillés. Des personnes âgées ont la coiffe, les dames portent le chapeau cloche, les messieurs, la casquette ou le chapeau mou.

La deuxième a été prise devant la gare. Trans avait une gare inaugurée en 1864 qui servait notamment aux marchandises (la soie partait vers les manufacures lyonnaises) et plus tard aux voyageurs. Actuellement, elle existe toujours, elle abrite un restaurant. Donc, on voit le char numéro 11 qui était appelé La condole. C'est ce que son constructeur Pierre Mireur avait voulu représenter. Il est sur le char en compagnie d'Alexandre Ricord, de Marie Biale et d'une autre jeune fille.

La troisième est prise aussi à la gare. Je ne sais au juste ce que le char représente mais le cocher et le petit garçon à ses côté posent fièrement (ce n'était pas tous les jours que l'on se faisait photographier).

La quatrième est le char numéro 7 avec son cocher et des jeunes gens du village. Remarquez que même les roues de la charrette sont fleuries.

La cinquième est une automobile avec à l'avant et à l'arrière des insectes, des libellules peut-être ? Il est conduit par Jean-Marie Lerda.

La sixième est prise à la sortie du village, en face de la maison du laitier, Godano. Le char représente un cygne. Remarquez le canotier du conducteur.

La septième est prise devant la filature de soie Sirmakéchian. C'est Jean Duhaâ qui conduit le char avec son étoile sur le côté. On y voit entre autre Albert et Augusta Perrimond, Ferdinand Giraud, Caroline Seno...

La huitième se situe aussi devant la filature. C'est le char de la famille Garcin avec son vélo fleuri. On reconnaît les deux frères, Albert et Joseph et leur père François Garcin.

 

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02 avril 2017

Les gorges de la Nartuby en crue filmées par un drone

Trans en Provence-Les cascades sous le pont

Le 25 novembre 2016

David Lerda, pilote professionnel de drone résidant à Trans en Provence vient de réaliser une première : des prises de vues aériennes dans les gorges de la Nartuby en crue. Voler dans une atmosphère saturée d'eau et soumise à de fortes turbulences exige une maîtrise parfaite de ce type d'aéronef, avec le risque de le voir aspiré à tout instant par les eaux furieuses.
Un grand merci à David Lerda qui nous a confié ces images, montées en compagnie d'Yves Frebourg, responsable des drones à Canal.D.

Jean-Claude Honnorat

La Nartuby-Les cascades

 

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27 mars 2017

Les canons de Trans

 

Canon

 Un des deux canons restant à l'hôtel de ville (Photo Nadine)

Notice sur le canon ayant fait partie d'une batterie de six pièces prises à l'assaut en Corse sur les troupes de Pascal Paoli en 1768.

A la suite d'un traité conclu le 15 mai 1768 entre la France et la République de Gênes, traité qui donnait la suzeraineté de l'île de Corse à la France, 10.000 soldats français sous les ordres du comte de Marbeuf, avaient débarqué dans l'île le 5 juillet suivant. A la fin du mois, Marbeuf avait fait sommation à Pascal Paoli "de retirer ses troupes de la communication de Bastia à St Florent", Paoli qui qui espérait recevoir à brève échéance un secours de l'Angleterre refusa de satisfaire à cette injonction. L'ordre de marcher ayant été donné aux troupes royales, un certain nombre de villages, parmi lesquels ceux de Patrimonio et de Barbaggio, furent enlevés l'épée à la main. La "Gazette de France" du 15 août 1768 qui relatait cet évènement disait que le major Constant du régiment d'Eptingen et le Marquis de Villeneuve-Trans, commandant du régiment de Royal Roussillon conduisait les attaques contre les redoutes, s'y étaient fort distingués. Une des batteries de canons prises dans cette circonstance, fut apportée à Trans par le Marquis de Villeneuve et placée un peu plus tard sur la terrasse intérieure du nouveau château qui donnait sur le parc. En 1790, après le départ du seigneur pour Paris, les six pièces furent remises, d'après ses ordres à la municipalité et depuis lors elles tirent des salves à l'occasion de fêtes locales.

Auteur : l'archiviste communal Jean Barles

Nota de Nadine : De nos jours, les canons ne tonnent plus à l'occasion des fêtes. Sur les six pièces, il n'en reste plus de deux, les autres ayant éclaté. Les deux pièces restantes trônent à l'Hôtel de ville.

 

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21 mars 2017

Plaque funéraire dédiée à Claude de Villeneuve

Plaque funéraire2

Plaque funéraire3

Plaque funéraire4

Plaque funéraire5

Plaque funéraire6

Cette plaque funéraire se trouve au Musée municipal à Draguignan. J'ai été obligée de couper les photos car je ne pouvais pas tout prendre avec mon appareil.

Cette plaque funéraire en marbre avait été apposée sur la façade du nouvel Hôtel de ville lors de sa construction en 1779. Elle fut érigée par le Marquis Louis Henry de Villeneuve, dernier marquis de Trans, en hommage à son ancêtre, Claude de Villeneuve, qui fut tué lors des Guerres de Religion en 1579. Cette plaque a été retrouvée en 1859 dans un mur de la chapelle du "Bon Pasteur" jouxtant l'ancien Hôtel de La Motte. Comment de la façade de l'Hôtel de ville de Trans s'est-elle retrouvée dans un mur du "Bon Pasteur" ? Je n'ai pas l'explication.

A lire mes deux articles qui sont en relation avec celui-ci : Carcistes et Razats paru le 13 février et L'Hôtel de ville de Trans publié le 15 mars.

Carcistes et Razats - Trans en Provence au fil de la Nartuby

En 1576, le Roi signe un édit qui déchaîne la colère des catholiques parce qu'il donne aux huguenots le droit de pratiquer leur religion et même de posséder quelques places fortes. Ce fut le signal de nouveaux troubles en Provence, qui fut meurtrie, en 1578 et 1579, par une guerre à mort entre les deux partis : les Carcistes et les Razats.

http://www.transenprovence.info

 

L'hôtel de ville de Trans - Trans en Provence au fil de la Nartuby

L'ancienne maison commune de Trans, avant 1780, était l'immeuble dans lequel se trouve aujourd'hui la boulangerie, face au mur nord de l'église paroissiale, sur la rue de La Motte qui s'appelait alors rue du Saint-Esprit.

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15 mars 2017

L'hôtel de ville de Trans

 

Hôtel de ville (façade)

L'ancienne maison commune de Trans, avant 1780, était l'immeuble dans lequel se trouve aujourd'hui la boulangerie, face au mur nord de l'église paroissiale, sur la rue de La Motte qui s'appelait alors rue du Saint-Esprit. La rue du Saint-Esprit ne s'étendait pas au-delà de la place située derrière l'église, et elle présentait en son commencement, sur le devant de l'église, un avancement d'alignement qui en rendait l'accès difficile, et qu'on a fait disparaître. L'ancienne maison commune servait à l'administration de la Communauté depuis le XVIe siècle ; au XVIIIe siècle, elle était devenue insuffisante pour correspondre au développement de la population et à la prospérité du pays ; de plus, elle était alors dans un état de vétusté et de délabrement tels que la remise en état en aurait été extrêmement onéreuse, sans donner l'espace dont on avait besoin. Pour toutes ces raisons, on décida de l'abandonner et de faire construire un nouvel Hôtel de ville sur une partie des ruines du vieux château, qui était offerte gratuitement par le seigneur. En 1778, il n'y avait aucune communication entre ce qui est aujourd'hui la place de la Mairie et l'autre rive de la Nartuby ; le petit pont qu'on y voit maintenant (pont Bertrand) et qu'on pourrait croire très ancien, d'après son aspect, a été construit seulement au commencement du XIXe siècle. Mais il y avait déjà sur le côté de la route une petite place qu'on appelait place du Posteau (Portail). Cette place était bordée, à gauche, par une auberge installée dans le grand immeuble en pierres de taille qui appartient actuellement à Monsieur Lerda, et par la falaise qui domine la rivière de Nartuby ; au fond, par la continuation de cette falaise et par le commencement des ruines du vieux château ; à droite, en partant des ruines, par une vieille tour (la Bestore) qui existait encore vers 1840 et par un petit édifice, ancien auditoire de justice, que le seigneur avait vendu quelques années auparavant, et qu'on détruisit en 1779 pour agrandir la place.

Hôtel de ville (fronton)

L'hôtel de ville est un édifice de style Louis XV qui a été construit vers 1779-1780. C'est une époque où le village a connu une véritable transformation : il avait conservé jusque là son aspect médiéval et en quelques années, une intelligente fit exécuter de grands travaux de modernisation. C'est ainsi que l'Hôtel de ville a été construit sur un terrain donné à la Communauté par le Marquis de Trans, Louis Henry de Villeneuve, sur ce terrain se trouvait autrefois le château fort de ses ancêtres, détruit au cours des Guerres de Religion. Les travaux de construction ont été exécutés sous la direction de l'architecte Torcat qui avait alors une certaine réputation, du moins régionale. L'édifice comprend : au rez de chaussée, une grande salle des pas perdus et au premier étage, la salle du Conseil que décore une très belle cheminée (Nota de Nadine : de nos jours cette salle est devenue la salle des mariages et la cheminée n'existe plus), le tout accompagné de trois petites salles en enfilade. La décoration de la façade a été exécutée avec un soin particulier ; l'écusson aux armes de France qui décore son fronton est l'oeuvre d'un sculpteur marseillais Pierre Carriol. L'ensemble a été restauré très heureusement sous la direction du service des Bâtiments de France. Trans a donc le bonheur de posséder un hôtel de ville construit a une époque où le bon goût régnait en France.

Sources : Premier texte : Bibliothèque municipale de Draguignan, Second texte : Guillaume Barles. Photos de Nadine.

Cadran solaire façade-Hôtel de ville 2

Hôtel de ville (décoration côté gauche)

Voir également mon article : Fugit irreparabile tempus.

Fugit irreparabile tempus - Trans en Provence au fil de la Nartuby

"Fugit irreparabile tempus", le temps, irréparable, fuit. Le temps s'enfuit perdu pour toujours. C'est une citation du poète romain Virgile dans ses Géorgiques, liv. III, v. 284. Cette expression est fréquemment utilisée sur les horloges et les cadrans solaires.

http://www.transenprovence.info

 

09 mars 2017

Bénédiction de deux cloches (1869)

Façade latérale de l'église

Le 11 juillet 1869 a eu lieu la bénédiction de deux nouvelles cloches que l'on a rajoutées aux deux autres en place qui dataient de 1761. Monseigneur Maunier, vicaire général du diocèse, spécialement délégué par l'évêque de Fréjus pour cette occasion, a procédé à la cérémonie du baptême. L'une de ces cloches a été léguée à l'église par Monsieur André Boyer, négociant, trésorier de la Fabrique, décédé le 10 août 1867 et l'autre acquise au frais de la Fabrique. Les deux cloches ont été disposées en avant du sanctuaire, encadrées dans un bouquet de verdure formant une espèce d'arc de triomphe orné de banderoles aux vives couleurs et de guirlandes de fleurs. Avec leur poids énorme, ces cloches, garnies de leur monture ont disparues sous la robe blanche du baptême, enrichie de festons et de magnifiques dentelles. Leur forme est aérienne, elles sont suspendues à 1,50 mètre du sol à la vue de tous. Beaucoup de fidèles sont venus assiter à la cérémonie. La grosse cloche de 440 kg sans monture, porte le nom de Victor, en l'honneur du patron de la paroisse ; elle donne le "la" naturel du diapason ancien. Le petite cloche de 100 kg porte le nom de Roch, saint vénéré dans le village ; elle donne la note "mi d'en haut" de manière à former avec les vieilles cloches un accord parfait de la gamme : "la - do - mi - la". Le parrain et la marraine de Victor ont été Hilarion et Marie Boyer, enfants du légateur. Le parrain et la marraine de Roch ont été Frédéric Faissole et Zénobie Corneille. L'ascension et la pose de ces deux cloches s'est faite sans incident le lendemain de la bénédiction, au milieu d'une affluence considérable.

Intérieur de l'église

Remaniement des vieilles cloches

La pose des nouvelles cloches a nécessité un remaniement du clocher. La plus grosse des deux cloches anciennes, fondue dit-on à Trans, a été déplacée. Elle occupe à présent l'ouverture du sud de l'église. Elle date de 1761. Elle donne la note "do" et le peuple la nomme Justine. Une autre cloche, plus ancienne, sans date, aux formes antiques, percée de quatre gros trous à la place des anses qui avaient probablement été coupées sous la Terreur, était suspendue à l'aide de tiges de fer dans l'ouverture nord. On la nomme Antoine dans le pays. Cette cloche a un poids énorme pour son étroite dimension : 166 kg. Le son en était aigre et désagréable. Elle était condamnée à disparaître. Cependant, les habitants ne voulant point s'en séparer, car elle avait marqué les heures de la vie de plusieurs générations, ayant d'abord servi à l'horloge, puis au culte, se cotisèrent pour la récupérer. Elle a été confiée à un ouvrier habile qui lui a donné une nouvelle vie en la transformant, par une opération lentement faite pour lui donner le "la" au dessus du diapason ancien. Quelques mois après, la cloche a pris sa place à l'ouverture de l'est, en face de la grosse cloche neuve.

 Source : Fascicule imprimé pour l'anniversaire des 500 ans de la consécration de l'église 1496-1996. Ce fascicule a été écrit grâce à mes propres recherches. Auteurs : Curé Claude Pierrugues, Monsieur Roger Martelli et moi-même.

 

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