Trans en Provence au fil de la Nartuby

Bienvenue à Trans en Provence

J'ai créé ce blog sur Trans en Provence pour parler de mon village, de son histoire, de ses habitants, de son passé, pour qu'il en soit un petit peu la mémoire. Je ne suis pas historienne, je n'ai pas cette prétention, mais je suis curieuse de tout. Mes recherches généalogiques m'ont conduite à m'intéresser à l'histoire, la grande et la petite. Je vous souhaite une bonne visite sur mon blog.  

Mon autre blog :  Passion Provence 

http://www.passionprovence.or

Mon nouveau blog :

Cimetières de Trans en Provence et généalogies transiannes (canalblog.com)

Ce blog est en construction. J'étudie les familles de Trans par rapport à leurs tombes et je mets un lien qui renvoie à ma base de données de généalogie (quand j'ai étudié les familles en question). Si vous désirez le visiter quant même, il vous suffit de cliquer sur le lien. Merci à vous.

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13 octobre 2021

La carraire des Bois Routs

Transhumance

Il existe à Trans en Provence un quartier qui porte le nom de quartier du Bois Rout ou des Bois Routs. Ce quartier comporte une carraire. Je vais d'abord vous donner l'explication de l'étymologie de ce quartier et ensuite quelques renseignements sur les carraires.  

Pourquoi le Bois Rout ? Au sortir des guerres de Religion, la situation financière de Trans était catastrophique. On évaluait le montant total des dettes de la Communauté à 20.000 écus, ce qui représentait à peu près la valeur totale de l'ensemble des propriétés privées du terroir. Pour éteindre ce passif qui s'accroissait sans cesse d'intérêts et de frais de prodédure, l'impôt n'était pas suffisant. Il fallait créer des ressources extraordinaires. Après avoir envisagé plusieurs solutions, on décida d'affermer une partie de la forêt communale en vue de son défrichement. La commune de Trans était propriétaire d'un vaste domaine boisé qui comprenait la forêt de la Darboussière (endroit planté d'arbousiers) ainsi que le quartier rural contigu, que l'on appelle actuellement le Bois Rout. Cette dernière partie de la forêt communale se dénommait alors l'Euzière (endroit planté de chênes) ou encore le Gros Bois. On décida de la louer par lots, avec obligation pour les locataires de défricher et de semer du blé, le tout moyennant une redevance destinée au paiement des créanciers de la commune. L'opération fut réalisée en 1604. Elle eut pour conséquence le défrichement de cette partie du terroir, que l'on ne tarda pas à appeler le Bois Rout, c'est-à-dire, le bois rompu, ce qui voulait dire en provençal de l'époque, le bois défriché.  

   Source : D'après le livre "Trans en Provence" de Guillaume Barles - 1982.     

Les carraires  

   Du provençal carrairo. A désigné d'abord la voie carrossable. Tombé en désuétude dans le sens de chemin-route, il a été conservé en provençal pour désigner les voies de transhumance. Ces voies ont, depuis toujours, été cause de conflits entre les riverains (propriétaires terriens) et les utilisateurs (bergers transhumants). Sans doute, l'antique rivalité entre nomades et sédentaires, mais aussi des torts réciproques : dégâts causés par ces migrations, d'un côté, et empiétement et restriction de la carraire, de l'autre. Les archives des parlements (celui d'Aix en particulier) sont pleines de relations de procès, d'ordonnances, de droits de passage accordés puis refusés, de taxes diverses dont une de "pulvérage" (de poussière) relatifs à ces conflits. Jusqu'à une époque que l'on peut situer au milieu du XIXe siècle, les éleveurs groupaient leurs troupeaux jusqu'à en arriver à des effectifs de 50 à 70.000 têtes divisés en troupeaux (scabots) de 4 à 6.000 têtes se suivant à peu de distance. Le tout, encadré par plus d'une centaine de bergers, formait une force capable de se frayer un passage partout où cela était nécessaire. Car les riverains empiétaient peu à peu sur ces voies lorsqu'elles empruntaient des zones cultivables. Ceci devait aller en s'accentuant, avec l'amélioration des techniques culturales et le développement démographique. Au début du XXe siècle, il ne subsistait des carraires que quelques tronçons dans les garrigues ou les rochers. Le réseau routier prenait alors le relais. Puis, à partir des années 30, commencèrent les déplacements par voie ferrée. Ils furent stoppés durant les années de guerre. D'ailleurs, le rail ne résolvait pas entièrement le problème car les gares terminus étaient parfois encore à plusieurs jours de marche des pâturages. Les transports par camions se sont maintenant généralisés ; ces camions, d'une contenance de 400 à 500 bêtes peuvent faire le trajet entre 4 et 8 heures.  

       Source : benjamin.lisan.free.fr/bergersdefrance  

Arrêté des carraires

Les carraires sont issues de coutumes remontant au XIIe et XIVe siècle instaurées par les Comtes de Provence. Les seigneurs donnèrent le droit de passage pour permettre le passage des troupeaux de moutons partant de la basse Provence (Bouches du Rhône, Var) vers la haute Provence, lors de la transhumance.  

Il y avait, semble-t-il les petites carraires qui servaient à faire circuler les troupeaux dans l’aire de la communauté et les grandes carraires qui servaient à traverser toute la Provence. L’assiette de ces passages n’était pas fixe et dépendait des cultures. Les propriétaires n’étaient pas dépossédés du sol sur lequel elles étaient tracées. Alors que les carraires étaient tombées quelque peu en désuétude, un arrêté du parlement de l’ancienne province de Provence du 21 juillet 1783 imposa leur rétablissement. Il les soumit à un régime spécial qui prévoyait la détermination de leur assiette et de leur largeur ainsi que des dates annuelles avant lesquelles elles devaient être fixées. D’autres arrêtés ont prescrit à nouveau leur rétablissement et les mesures pour constater leur existence, leur maintien ou leur suppression.  

  Nature juridique de la carraire :  

   La carraire est une servitude d’utilité publique au profit d’un usage particulier : la transhumance. Si anciens que soient ces chemins, les propriétaires ont le droit de s’opposer à leur utilisation par des tiers pour un usage autre que le passage des troupeaux. Aujourd’hui, avec l’abandon des transhumances, les carraires auraient dû disparaître. Seule la commune pourrait décider de la reconstitution d'une carraire en fonction des besoins de transhumance. Sur certains plans cadastraux il est fait mention de carraires. Certaines communes en ont même fait des chemins ruraux, propriété de la commune. Les propriétaires à qui on impose ce passage sont en droit de le contester, en démontrant par titres, plans, archives et rapports d’expertise qu’il s’agit d’une carraire.  

   Source : “La Circulation en forêt” - Edition L’Harmattan -  

Carraire

 

03 octobre 2021

La carrière du sculpteur César (1921-1998) s'est modelée à Trans en Provence

 

Cesar-Sculpteur

César Baldaccini, dit César, est un sculpteur renommé. Il est né le 1er janvier 1921 à Marseille et il est mort le 6 décembre 1998 à Paris. Il fait partie des membres des Nouveaux réalistes, mouvement né en 1960. Il est également le créateur du trophée en bronze de la cérémonie des césar du cinéma français.

Ses parents, Omer et Leila Baldaccini, italiens d'origine toscane, tenaient un bar à Marseille, où César est né en 1921 dans le quartier de la Belle-de-Mai, au n° 71 de la rue Loubon, dans le centre. "Je suis fondamentalement un autodidacte absolu", dira-t-il. Il travaille d'abord chez son père, avant de suivre en 1935 les cours de l'École des Beaux-Arts de sa ville natale avec son condisciple Raymond Normand puis, en 1943, de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris avec Michel Guino, Albert Féraud, Daniel David et Philippe Hiquily, comme lui dans l'atelier de Marcel Gimond. Son atelier est situé dans un ancien bordel de la "rue de l'Échaudé", dont les chambres, à la suite de la loi Marthe Richard, avaient été attribuées à des étudiants. Formé aux techniques traditionnelles de la sculpture, l’artiste commence à utiliser des matériaux de récupération surtout pour des raisons économiques. Il déclare à ce sujet : "Le marbre de Carrare était trop cher, la vieille ferraille traînait partout. Je suis devenu sculpteur parce que j'étais pauvre !"

A partir de 1947, il travaille le plâtre et le fer. En effet, ses oeuvres zoomorphes et anthropomorphes se composent essentiellement de feuilles de plomb, de plâtre et de fil de fer. Dès le début des années 50, l’artiste réalise ses premières oeuvres basées sur la technique de la soudure à l'arc. En effet, c'est en 1952 que de passage à Trans-en-Provence, il va se lier d'amitié avec Jean Collomp, industriel transian qui l'héberge chez lui. Cette rencontre va changer totalement sa vie car dans l'atelier de l'industriel, à la scierie Collomp, il s'initie à la technique de la soudure à l'arc et travaille au gré de son inspiration. Sur place, il réalise ses premières sculpures qui le rendront célèbre par la suite. Jean Collomp lui fournit les matériaux nécessaires à la mise en oeuvre de ses réalisations. Des tubes, des boulons, des vis se transforment et prennent vie entre ses mains habiles. Cela va être pour lui les débuts d'une grande carrière de scupteur ; au fil du temps, il s'approprie la maîtrise de la soudure à l'arc qui lui permettra de réaliser plus de 300 sculptures. C'est après plusieurs années passées à Trans en Provence qu'il quitte finalement le village.

Vénus de Villetaneuse

La Vénus de Villetaneuse (1962)

En 1954, il expose à la galerie Lucien Durand et obtient le prix "collabo" pour une sculpture intitulée "Le poisson" conçue à Villetaneuse ; ville où il travaillera une douzaine d'années, grâce à l'aide d'un industriel local, Léon Jacques. En 1956, il participe à la biennale de Venise puis ensuite à la biennale de São Paulo. 

En 1961, il se rapproche de Marino di Teana, et rejoint le groupe des Nouveaux réalistes, mouvement fondé par le critique d'art Pierre Restany, comprenant notamment Mimmo Rotella, Niki de Saint Phalle et Gérard Deschamps. En 1962, il réalise la fameuse Vénus de Villetaneuse.

En 1968, il créera à la Manufacture nationale de Sèvres, un cendrier en porcelaine édité en 50 exemplaires. Réalisé en porcelaine à couverture nacrée semi-mat, il représente un moule en plâtre utilisé pour la production des pièces, et a été produit à partir d'un modèle original en aluminium.

1960

A partir de 1960, César concentre ensuite son travail sur la technique de la "compression dirigée", qui devient sa marque de fabrique : à l'aide d'une presse hydraulique, il compresse des objets divers. La vicomtesse de Noailles lui offre sa première voiture, une Zil soviétique toute neuve, la seule à Paris. César la renvoie compressée et plate comme une omelette et ayant perdu 90 % de son volume, d'autres automobiles vont aussi subir le même sort. Cet acte d'appropriation se veut un défi à la société de consommation et le rapproche des Nouveaux réalistes, dont il fait partie aux côtés de son ami Arman, auquel son nom est souvent associé. A la Fondation Cartier en 1986, il présente ainsi une compression monumentale de Peugeot 205 Turbo 16 accidentées dans des rallyes automobiles. Ce sont les voitures de Jean Todt compressés comme des galettes de maïs. A la Biennale de Venise, il présente une montagne de compressions, oeuvre monumentale de 520 tonnes. En 1998, sa Suite milanaise est une série réalisée avec des voitures Fiat neuves qui, une fois compressées, sont passées dans les chambres à peinture de l'usine Fiat de Turin, aux couleurs de la gamme de l'année. Il compresse toutes sortes de matériaux : tissus, papiers, et même bijoux en or que les femmes du monde lui apportent et qu'il rend compressés en cube à porter autour du cou. 

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En inversant l'esprit des compressions, César présente au Salon de Mai en 1967 la grande expansion orange, réalisée en polyuréthane. Ses expansions exploitent les possibilités de ce matériau en coulées lisses et dures ; l'intervention du créateur se fait soit sur la rigidité, l'épaisseur, la coloration, soit sur les coulées (superposition ou juxtaposition) soit sur la masse figée (travail de finition sous forme de nappage, de ponçage, de laquage). Il commence à travailler le cristal en fusion. Dans les années 1970, il accède à une reconnaissance internationale. Désormais universellement connu, il devient un des artistes français de tout premier plan et bénéficie de très nombreuses expositions. En 1971, lors d'une première au Lido à Paris, il trouve plus médiatique que lui : Salvador Dalí, le maître de l'extravagance. Il débat la même année dans Italiques avec François Truffaut, Lucien Bodard et Asher Ben-Natan. Son oeuvre Conserve expansion - Martial Raysse, 1970-1972, est conservée au Museo Cantonale d'Arte de Lugano. Deux facteurs vont l'amener à se pencher sur cette problématique : tout d'abord l'invitation à participer à une exposition de groupe consacrée à La Main, de Rodin à Picasso et sa découverte de l'agrandissement pantographique.

Pouce-César

En 1965, il présente son célèbre Pouce agrandi (1,85 mètre de haut). C'est l'empreinte de son propre pouce. A l'occasion des Jeux olympiques de Séoul (1988), il crée un Pouce en bronze de 6 mètres de haut. Cette oeuvre a été la plus médiatisée et répétée. En 1967, il réalise 6 exemplaires du Sein, moulage en polyester de 82 x 193 x 266 cm, un des exemplaires est visible au Musée d'art de Toulon, un autre à la Fondation Gianadda. 

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Il crée Le Poing, sculpture monumentale de 7 tonnes en fonte d'acier inoxydable polie, installée sur la place d'armes au Lycée militaire de Saint-Cyr à l'été 1970. En 1983, il entreprend la réalisation de son Centaure en "hommage à Pablo Picasso", sculpture de 4,70 mètres de haut, achevée en 1985. La sculpture est installée au carrefour de la Croix-Rouge à Paris. Toujours en 1983, César réalise son Hommage à Eiffel et Le flying French man, pour la Ville de Hong Kong.

Trophée César

Il est également le créateur du trophée César du cinéma qu'il créa en 1976, récompense attribuée par les professionnels du cinéma français, pour laquelle il réalise une compression en bronze
Homme à la fois simple et complexe, au franc-parler méridional, il cultive son image d'éternel artisan, de soudeur, et surtout de grand créateur. Les dernières années de sa vie ont été très heureuses, César multiplie les expositions : grande rétrospective au Jeu de Paume à Paris en 1997, rétrospectives à Malmö, Milan, São Paulo, Mexico. César termine sa carrière par une série de portraits et d'autoportraits, face à face marquant avec la mort. Il partage les dix dernières années de sa vie avec Stéphanie Busuttil, qui gère aujourd'hui son oeuvre et est détentrice de son droit moral. Les oeuvres de César sont collectionnées par les musées (Centre Pompidou, Tate Gallery, MoMA...) et les particuliers du monde entier. L'exécuteur testamentaire de la succession est Alain-Dominique Perrin. 

Tombe César

Sources : D'après le site : jesuismort.com, Wikipédia : l'encyclopédie libre et les renseignements qui m'ont été donnés par Claudine Perugia la fille de Jean Collomp.

 

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14 septembre 2021

La première horloge de Trans

 

L'église et la fontaine

Les habitants du lieu de Trans voyant leur chef-lieu de viguerie, Draguignan, doté, depuis longtemps d'une horloge, voulurent, à leur tour, en avoir une. Pour une localité industrielle comme l'était déjà Trans en 1538, ce n'était pas seulement du luxe, c'était une nécessité. Aussi, en sa séance de janvier de cette année là, le conseil nomme deux délégués : un conseiller et un lieutenant de juge, pour "cueilly tout ce que porran trobar per fayre ung relloge" (pour recueillir tout ce qu'ils pourront trouver pour faire une horloge). Qu'est-ce qu'il pouvait bien chercher et recueillir dans le vieux "massaquin" (magasin) de la communauté ? Ce garde-meuble était-il riche en ferrailles ? Et voulait-on les donner en échange de l'horloge tant convoitée ? Les archives n'en disent rien, mais il est à croire que ni le fer, ni l'argent n'abondaient dans les coffres communaux, puisqu'il n'est plus question d'horloge dans les délibérations communales jusqu'en 1543. En cette année, le conseil délibère de nouveau de faire fabriquer "ung reloge" et, comme on la désire toute pareille à celle de Draguignan, dans la même séance, un délégué est nommé à qui l'on vote quatre gros (monnaie de l'époque) pour ses dépenses "per anar mesurar lou reloge de Draguignan" (pour aller mesurer l'horloge de Draguignan). Il paraît que ces Messieurs du conseil étaient pressés d'entendre sonner les heures du haut de la tour de leur église ; car immédiatement après ils décident de prendre la "campana devers Saint-Esprit et la mettre au reloge pour le service de la villo" (Note de Nadine : ils décident de prendre la cloche qui était à Saint-Esprit : la maison de Saint-Esprit était la maison de ville ou maison commune et de la mettre à l'horloge pour le service de la ville), à condition de fondre "ung altre campana" (une autre cloche) de même poids et dimensions. Dans une séance postérieure, le conseil, craignant, sans doute, de ne pas trouver à Draguignan ce qui était nécessaire, envoie un de ses membres à Aix, "per ana compra de matieres per fare la campana, so es jusqu'à la somme de huit quintaulx" (pour aller acheter des matériaux pour faire la cloche et ce jusqu'à la somme de huit quintaux), et vote 140 florins 4 gros pour la facture de "l'oreloge" (l'horloge) et une taille de 100 florins pour payer le "methal" de la cloche. Malgré les 100 florins votés, on n'eut pas assez de matière pour fondre une cloche pareille à celle de Saint-Esprit. Aussi le conseil ordonne que "le methal de la campana sio creyssut... de ce que sera necessari" (le métal de la cloche soit accru... de ce qui sera nécessaire). Cette fois, il ne fut pas besoin de députer jusqu'à Aix pour cet accroissement, ce fut Brignoles qui eut l'honneur de la fournir, et le trésorier dut compter 16 florins "a un merchant" (à un marchand) de cette ville pour solde du "methal" (métal) de la cloche. Enfin, l'horloge fut placée sur la tour de l'église ; on avait acheté une corde pour les poids, du prix de 12 sols. Vous croyez qu'on va confier le soin de la règler, soit à un horloger, soit, au moins, comme on fait aujourd'hui dans la plupart de nos villages, ou il serait trop onéreux d'en appeler un de la ville, ou bien au "fabre" (forgeron) ou au serrurier ? Détrompez-vous ; c'est à "dono Honnorado Piquesse" (Note de Nadine : dame Honnorade Piquesse, nous avons là l'exemple d'un nom de famille féminisé comme je vous l'ai expliqué dans mon article sur l'étude de noms de famille de la Garde-Freinet dans mon autre blog ; Piquesse = Pic), à laquelle on alloue 6 florins par an, "per ses gages dau reloge" (pour ses gages de l'horloge). En 1565, Dono Piquesse est remplacée par un "gouverneur" de l'horloge et le conseil lui vote 12 florins "per lous gages de governa lou reloge" (pour les gages de s'occuper de l'horloge). C'est toujours 12 florins que vote le conseil de la communauté, en 1570, "per governa et condurre lou relloge" (pour gouverner et conduire l'horloge) ; en 1538, pour "le governement du reloge" (pour le gouvernement de l'horloge). Mais tous ces gouverneurs, conducteurs, pas plus que dono Piquesse ne parvenait à la conduire et à la gouverner d'une manière régulière, on pouvait dire à la lettre qu'elle marchait comme "les affayres de la vilho" (les affaires de la ville) qui ruinée par les Impériaux en 1530, saccagée par les assiégeants du château en 1579, était encore menacée par les Piémontais en 1635. Le conseil décida, à cette date, de charger le prieur de la surveillance et de la direction de l'horloge. Marcha-t-elle mieux ? La question reste posée...

Auteur : Marius Sivan - Revue de Cannes et du littoral

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   Explication du mot "viguerie" : Juridiction administrative médiévale apparue à l'époque carolingienne. Cependant, avec le déclin du pouvoir central, la viguerie est devenue au fil du temps la juridiction la plus petite, s'occupant des affaires courantes. Elle est administrée par un viguier. Les vigueries ont disparu en grande majorité en 1749 suite à un édit supprimant les petites juridictions, à l'exception de la Provence où elles ont survécu jusqu'à la Révolution.

Le clocher

Le clocher et son campanile (Photo Nadine)  

     

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28 août 2021

Surnoms et sobriquets

 

Café du Var

 A Trans comme de partout, dans tous les villages, il était courant de désigner une même famille par un surnom, un sobriquet qui lui était propre et qui pouvait éventuellement se transmettre de génération en génération pour la distinguer d'une famille homonyme. Mais il était aussi courant de donner un surnom particulier à une seule et même personne, généralement à son insu. On le lui attribuait en fonction de son physique, de son caractère, de son origine, d'une action qui lui était propre, etc... Pour vous donner une idée de ces surnoms, j'ai interrogé quelques Transians qui se souviennent, chacun à leur époque, puisqu'ils n'ont pas le même âge, qu'il y avait telle ou telle personne qu'on appelait de telle ou telle façon. Je n'ai choisi aucun ordre particulier pour les citer.  

- Parmi les nombreux Orgias, "Mamanca" (Il m'a manqué), "Senso artèou" (Sans orteil), "La Peire" (La poire), Le Mescle.

- Edouard Brunengo dit "Tabagras".  

- Boyer dit "Buisson".  

- Le mari de Jeannette Castellan était surnommé "Traou" parce qu'il était fossoyeur.  

- La mère de Gaston Sciandra était appelée " Lucie des petits yeux".  

- La mère de Nénette Martin, "Manche d'ombrelle".  

- Monsieur Giraud dit "Mange merde" parce qu'il en avait mangé pour une pièce de 5 francs quand il était jeune (un pari entre copains sans doute).  

- Madame Pellerud était dite "Tortelle".  

- Françoise Roux dite "Chiquinotte".  

- Marie Ferrero était "Marie la Nègre".  

- Ferdinand Lions dit "La Visquette".  

- Laugier dit "L'agasson".  

- Lerda "La Piatte" (village du Piémont dont il était originaire).  

- Maurice Brunengo "La Mûle".  

- Louis Brunengo dit "Le Préfet" parce qu'il travaillait à la préfecture.  

- Pierrot Mireur était "Pilu".  

- Monsieur Guiol dit "Gioù cagagne".  

- Elisa Andrac dite "La machotte" (La chouette).  

- La Matelotte.  

- Anna Brunengo dite Ninchotte.  

- Jean Ferrero dit "Jean lou bletoun".  

- Louise Calès était dite "Saccoche".  

- Lucien Chiapello dit "Tercile" était surnommé "Tournus".  

- Jauffret le goï (Le boîteux).  

- Il y avait aussi Campana surnommé "Quarante et passe poules" parce que c'était une expression qu'il employait.  

- La "Bonasse".  

- Garcin dit "Chichi panpan".  

- Joséphine Laugier épouse Dégenève dite "Fifi piqûre" parce c'était la seule "infirmière" du village et qu'elle a dû piquer toutes les fesses de Trans y compris les miennes... etc.  

Il y en a d'autres, je ne les connais pas tous et mes contributeurs non plus. Si d'autres surnoms vous reviennent en mémoire en lisant cet article, vous pouvez toujours me les communiquer. Ils seront les bienvenus.

Trans-La citerne publique à côté de l'église

 

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10 juin 2021

Les moulins à huile

J'avais déjà fait passer ce diaporama le 15 décembre 2018. Je le remets aujourd'hui avec celui qui se trouve dessous dans lequel Marie-France Guigonis raconte les moulins à huile de Trans.

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1ère vidéo : L'association transianne de langue provençale : "L'escolo dei Moulin" (L'école des moulins) présente un diaporama sur les moulins à huile de Trans ainsi que sur différents métiers d'antan. La cabiscolo (présidente) en est Marie-France Guigonis. A noter qu'il n'y a pas de son.

2ème vidéo : Dans le cadre de l'ouverture au public du nouveau circuit de La boucle du Calant et de la passerelle himalayenne, certaines personnes ont été sollicitées pour raconter : les moulins à huile de Trans, l'usine hydroélectrique, la géologie des gorges de la Nartuby.

Je mets les liens pour que vous puissiez lire ou relire trois de mes articles : 

Les oliviers et les moulins à huile sur le terroir de Trans ;

Les meuniers de l'huile ;

Les meuniers de grignon.

 Les oliviers et les moulins à huile sur le terroir de Trans - Trans en Provence au fil de la Nartuby

L'ancien moulin à huile communal de Trans transformé aujourd'hui en médiathèque fut le dernier en activité. A souligner que la marre, les meules, les rouages crantés du moulin ont été conservés, des scourtins on été posés sur les murs.
Les meuniers de l'huile - Trans en Provence au fil de la Nartuby

Au cours du XIXè siècle, il y a eu à Trans entre 20 et 25 moulins à huile. Un des derniers construits fut celui de la famille Audibert (dont la descendante habite toujours Trans) qui est devenu de nos jours le restaurant le Moulin de la Gardiole.

Les meuniers de grignons - Trans en Provence au fil de la Nartuby

Grignons d'olives Si l'on se réfère à la définition donnée dans le dictionnaire, un meunier est une personne qui exploite un moulin à grains, et, pour le commun des mortels, ces grains sont des grains de blé. Or, il existait à Trans, deux moulins appartenant à Monsieur Saurin (ancien maire du village) qui utilisaient des grignons (noyaux d'olives) pour fabriquer de la farine.

Panneau 8

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27 mai 2021

La géologie des gorges de la Nartuby

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 Trans en Provence se situe dans une région calcaire qui date du Trias moyen il y a plus de 230 millions d'années. Au cours de la période appelée Cénozoïque à l'ère tertiaire, le continent africain qui continue à remonter vers le Nord va bouleverser toute la région (phénomène de dérive des continents). La Méditerranée va disparaître car elle n'aura plus de connexion océanique étant donné que le détroit de Gibraltar s'est refermé. Cela va engendrer le fait que les cours d'eau de la région vont creuser leur lit et ainsi créer des gorges. Il y a 400 000 ans, la période interglaciaire Mindel-Riss va permettre le dépôt de beaucoup de tufs. On en a un très bel exemple à l'intérieur du restaurant La Grotte qui est creusée dans ces tufs à travertins avec énormément de formations géologiques. La région de Trans est extrêmement riche au point de vue géologique avec seulement sur ce site un tout petit résumé de ce que l'on peut dire sur cette zone là.

Nota de Nadine : Je rappelle que ce restaurant a été créé par Claudius Lambert dans les années 50 dans ce qui était un ancien moulin à huile (grotte de Sainte-Catherine, patronne des mouliniers) sous le nom de l'Auberge du Vieux Moulin.

Source : Stephen Giner, géomorphologue, archéologue, topographe au Service du Patrimoine et de l'Archéologie, Département du Var, Marseille et périphérie.

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Toutes les photos sont de Stephen Giner et postées sur sa page Facebook.

Nota de Nadine : Je précise que les tufs des gorges ont été rabotés, explosés, pulvérisés par tout ce qui est passé dans la Nartuby lors de l'inondation du 15 juin 2010 : véhicules en tous genres, arbres entiers, troncs d'arbres, tonneaux, etc... Il y avait de belles concrétions calcaires qui hélas ont disparu à jamais et ont changé le paysage géologique des gorges. 

Claudius le Magnifique et l'Auberge du Vieux Moulin - Trans en Provence au fil de la Nartuby

Cela commence comme un conte de Noël : il était une fois à Trans, une grotte millénaire dédiée à sainte-Catherine, la patronne des mouliniers, dans laquelle jadis on pressait les olives. Hélas, les moulins de Trans mouraient à petit feu car le progrès avançait à grands pas et ces moulins qui avaient fait la prospérité et la renommée du village finissaient leur vie envahis par les ronces.

http://www.transenprovence.info

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