Trans en Provence au fil de la Nartuby

Bienvenue à Trans en Provence

J'ai créé ce blog sur Trans en Provence pour parler de mon village, de son histoire, de ses habitants, de son passé, pour qu'il en soit un petit peu la mémoire. Je ne suis pas historienne, je n'ai pas cette prétention, mais je suis curieuse de tout. Mes recherches généalogiques m'ont conduite à m'intéresser à l'histoire, la grande et la petite. Je vous souhaite une bonne visite sur mon blog.  

Mon autre blog :  Passion Provence 

http://www.passionprovence.or

Mon nouveau blog :

Cimetières de Trans en Provence et généalogies transiannes (canalblog.com)

Attention ! Ce blog est pour le moment en construction et il le sera pendant un certain temps, c'est-à-dire, le temps que je fasse tous les articles qui sont prévus. Si vous désirez le visiter, il n'y a pas de problème. Merci à vous.

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25 janvier 2021

C'était mon école

Je repasse un article que j'avais déjà fait paraître dans mon ancien blog. Depuis, le bâtiment du fond de la première cour a été modifié et transformé en crèche. En effet, il abrite désormais la crèche "Les renardeaux". Mais je n'ai pas fait de photos pour vous le montrer.

Banc

Dès le début de la création de l'école publique (loi Jules Ferry), il y a eu deux écoles à Trans : l'école de garçons située route de Draguignan (de nos jours, avenue Marguerite de Provence) dont le bâtiment subsiste toujours mais a été réhabilité et l'école de filles, située derrière l'église, après le porche de la maison bourgeoise qui appartenait à la famille Thomé de la Plane au XVIIIe siècle (les bâtiments sont toujours là et servent aux nombreuses associations transianes). Je précise qu'une nouvelle école a été ouverte en 1975 car les autres étaient devenues insuffisantes pour accueillir tous les enfants du fait de l'accroissement de la population.

Ecole-de-garcons

L'école de garçons

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Une classe de l'école de garçons.

La photo doit dater de 1910-1912 environ et a été prise sous le préau.

Mon grand-père Louis Rambaud y est présent. Il était né en 1903.
Remarquez les blouses, l'air sévère de l'instituteur le plus âgé avec son col droit. La petite fille qui pose fièrement au milieu des garçons (elle devait être la fille de l'un des deux instituteurs je suppose). L'habillement est plus uniforme que sur la photo de dessous qui concerne l'école de filles pour la même période.

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Une classe de l'école de filles.

La photo doit dater de 1915-1916 environ. Elle est prise dans la cour de l'école. Mes deux grands-tantes : Julienne Rambaud et Irène Vincent y sont présentes. Elles étaient nées respectivement en 1905 et 1908. Il y a aussi Emilie Bremond, Marie Biale, Jeannette Audibert, les soeurs Azaïs, etc...

Remarquez les différences dans l'habillement. Certaines sont en blouses simples, d'autres laissent apparaître leurs beaux cols de dentelles. Il y en a qui ont des rubans dans les cheveux. Remarquez aussi les chaussures. La maîtresse se trouve à l'extrême droite.

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La grande classe de l'école de filles de 1946.

Là, nous avons avancé dans le temps. Nous sommes en 1946.

Qui sont donc ces jeunes filles ?
De gauche à droite : Colette Duhâa, Solange Perugia, Marie-Thérèse Rambaud dite Mimi (ma maman), Honorine Vanzella, Marie-Louise Chiabrando, Simone Michelis, Roseline Barillaro, Huguette Sappa, Madeleine Dutto, Andrée Blanc, Marguerite Godano, Louisette Giraudo, Paule Blanc, Arlette Castellino, Alberte Pourchier, Josette Chiaramella, Jacqueline Gourrin, Jacqueline Lambert.
On peut voir là aussi la différence de condition sociale dans l'habillement. Remarquez que Paule Blanc et Jackie Lambert portent un pantalon, chose exceptionnelle pour l'époque !

Ma maman m'avait expliqué qu'à l'époque de la photo, il y avait deux classes :
la petite classe et la grande classe.
La petite allait de l'âge de 5 ans jusqu'à 10 ou 11 ans (selon le niveau) et ensuite c'était la grande classe jusqu'à 14 ans âge où les élèves passaient le certificat d'études. L'école était obligatoire jusqu'à 14 ans. Ensuite, pour continuer il fallait aller à Draguignan à 5km de Trans en Provence, au Collège de Jeunes Filles (devenu par la suite le Lycée Jean Moulin) pour les filles et au Collège Général Ferrié pour les garçons.

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Voici quelques photos de mon ancienne école. Comme je vous l'ai dit au début, les bâtiments servent aujourd'hui à différentes associations de Trans.
Si vous voulez bien pousser le petit portail...
Rien n'a changé ou presque : dans la première cour, les platanes ont été remplacés par des pins, un grand portail a été installé à gauche à la place du bac à sable (pour permettre aux véhicules de rentrer dans la cour), le bâtiment qui abritaient les cabinets a été rasé, le goudron a remplacé la terre...

Au rez-de-chaussée, il y avait, dans un temps qui n'était pas le mien, ce que l'on appelait l'asile (la garderie). Pour moi c'était la maternelle, le cp et le cours élémentaire à droite. A l'étage, les appartements des maîtresses.

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Nous voici dans la deuxième cour, celle des grandes classes. Ici, pas trop de transformations : la porte du fond à gauche qui permettait d'entrer dans le couloir et d'aller à la classe de Madame Andrau a été bouchée.

Le préau est toujours à sa place. Il mesure 10 mètres de long, la maîtresse nous le faisait mesurer avec la chaîne d'arpenteur. Une porte au fond de la classe permettait de nous faire sortir directement par là pour les récréations.

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La petite construction de droite à l'extrémité du préau n'existait pas mais le majestueux tilleul du fond de la cour est toujours là. Hélas, ses racines imposantes ont été recouvertes par cet horrible catafalque de béton qui sert de scène.

Ecole-de-filles-1942

Ecole-de-filles-annee-1947

Au-devant, il y avait une belle table ronde en pierre sur laquelle on s'amusait à sauter depuis les racines. Ces racines nous permettaient de nous asseoir à différentes hauteurs car elles formaient des creux naturels. Vous pouvez en avoir une idée avec ces deux photos qui datent, la première de 1942 et sur laquelle sont regroupées la petite et la grande classe et la seconde de 1947.

Ardoise

Voilà, j'ai essayé d'évoquer pour vous quelques souvenirs dans cet article. Pour moi c'était le bon temps quand j'allais à l'école à Trans... Je ne veux pas terminer sans citer mes quatre institutrices : Mesdames Avella, Renucci, Pelissier et Andrau (la directrice).
Merci à elles de m'avoir appris à lire (avec le livre Rémi et Colette) à écrire (avec le porte-plume) et à compter (avec les bûchettes).

Remi-et-Colette

 

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16 décembre 2020

Les oliviers et les moulins à huile sur le terroir de Trans

Moulin-huile-communal

L'ancien moulin à huile communal de Trans transformé aujourd'hui en médiathèque fut le dernier en activité. A souligner que la mare, les meules, les rouages crantés du moulin ont été conservés, des scourtins on été posés sur les murs. Tout à côté (à droite), l'Auberge du vieux moulin aménagée dans une grotte millénaire (grotte de Sainte-Catherine) par son propriétaire, Claudius Lambert dans les années 50 était aussi un moulin à huile. Aujourd'hui, c'est le restaurant "La grotte".

Auberge-vieux-moulin

A Trans, "les plantations d'oliviers se ont étendues depuis le début du XVème siècle. Elles n'occupent toutefois encore que le dixième environ de la superficie des propriétés privées (en ne tenant pas compte des biens de la commune et des propriétés du Seigneur)... Dans la première moitié du XVIIème siècle, la culture de l'olivier commence à s'étendre. On peut suivre ses progrès dans les cadastres et en trouver la confirmation dans l'augmentation progressive du nombre des moulins à huile. Jusqu'en 1671, les cadastres (livres terriers) de Trans ne précisent pas la superficie des parcelles. On ne peut donc en tirer que des indications approximatives, mais cependant certaines, en comparant dans les cadastres successifs le nombre des parcelles complantées en oliviers. Au cadastre de 1552, sur 1410 parcelles appartenant à des particuliers (à l'exclusion des propriétés communales et des biens du marquis de Villeneuve), il y en a seulement 193 complantées en oliviers. En 1630, sur 1396 parcelles particulières, 364 sont en nature d'oliviers. Enfin, le cadastre de 1671 dénombre 1480 parcelles parmi lesquelles 630 sont, en totalité ou en partie, plantées d'oliviers. D'ailleurs, ce qui est un indice supplémentaire des progrès de cette culture, ce même cadastre mentionne d'assez nombreuses parcelles d'oliviers "nouvellement plantées". Quant aux moulins à huile, il y en avait à l'origine un seul qui suffisait à "détriter" toute la récolte du terroir. Dès 1654, il était devenu nécessaire d'en construire un second et, en 1674, on projetait d'en construire un troisième.

OliviersHiver_gm

Les gélées de l'hiver 1678-1679 arrêtèrent temporairement l'essor des oliveraies. Cependant, à la fin du siècle, les plantations étaient non seulement reconstituées, mais encore accrues. En 1704, le projet de construction d'un troisième moulin était à nouveau à l'ordre du jour et seuls les évènements empêchèrent sa réalisation. A cette dernière époque, la production annuelle moyenne d'huile d'olive atteignait 40.000 litres environ, ce qui est important. L'accroissement des récoltes améliorait la condition de tous : les propriétaires voyaient s'augmenter leurs ressources, tandis que les journaliers trouvaient plus facilement du travail, soit à l'occasion des cultures, soit au moment des récoltes... Durant le terrible hiver de 1709, il fit un froid tel qu'on n'en avait jamais connu de pareil, il persista pendant plusieurs mois, désolant le terroir de Trans , "des froids si cuisants et excessifs qu'ils ont presque tué tout le restant de nos semis et totalement nos oliviers". Pendant trois années consécutives, le terroir de Trans ne produisit pas une seule goutte d'huile et, au cours de nombreuses années, la récolte fut insignifiante. La principale richesse du pays avait, pour longtemps, disparu... Le pays était plongé dans une misère totale... Le mal était profond, et il fallut de longues années pour réparer les conséquences de cet hiver redoutable. Les années qui suivront l'hiver de 1709 furent des années difficiles. Il n'y avait plus de récoltes d'olives... A partir de 1725, les récoltes d'olives retrouvent une certaine importance, à tel point qu'en 1727 on construit un troisième moulin à huile... Depuis l'hiver de 1709, les plantations d'oliviers se sont reconstituées et accrues. Les récoltes d'olives sont maintenant abondantes et elles constituent la principale ressource des Transians.

Les-moulins

Sur cette carte postale ancienne, les constructions qui vous voyez à gauche sont des moulins à huile. Malheureusement, ces moulins, au fil du temps sont tombés en ruines mais ont été pour certains rachetés et réhabilités en habitations.

 De ce fait, les trois moulins à huile deviennent insuffisants. Lors de la récolte de 1758-1759, le terroir produit environ 5.000 coupes d'huile (environ 158.000 litres) ; les moulins travaillent jusqu'au mois d'août et de grandes quantités d'olives se détériorent. Il faut donc de nouveaux moulins. Or, depuis 1757, les moulins à huile sont redevenus la propriété du Seigneur de Villeneuve. C'est donc lui qui doit construire les nouveaux moulins et tout retard de sa part va être préjudiciable à la population... En 1763, on convient que le marquis qui a déjà fait construire un quatrième moulin pendant les années précédentes, en fera contruire un cinquième, étant entendu toutefois que la commune lui prêtera les fonds nécessaires... L'accroissement des récoltes d'olives apporte une certaine prospérité qui malheureusement ne durera pas beaucoup au-delà de 1780. Il semble d'ailleurs que, d'une façon générale, la production agricole ait augmenté. On en trouve une preuve dans les variations de la quotité de l'imposition de fruits... En 1789, la population de Trans, qui n'a pas cessé de croître depuis le début du siècle, atteint à peu près le chiffre de douze cent habitants... Au moment où se précisent les événements qui vont conduire à la Révolution, les conditions de vie sont difficiles. Depuis une dizaine d'années, les récoltes sont mauvaises et, en particulier la récolte des olives qui est maintenant la principale ressource du terroir. Sur ce, survient l'hiver de 1788-1789 qui fut désastreux. Au mois de décembre 1788, des inondations exceptionnelles causent de grands ravages. Elles sont suivies d'un "hiver long et rigoureux qu'on a comparé à celui de 1709".

famine

Un tiers des oliviers du terroir est gelé, vignes et figuiers sont éprouvés. Le mauvais temps suspend les travaux et il résulte "une misère affreuse dans la classe indigente". La cherté et la rareté des blés "ajoutent à tant de maux et font même craindre une disette absolue"... En 1817 et 1818, "un insecte destructeur ravage les oliviers". Il faut donner des secours aux indigents qui n'ont pas de travail. En janvier 1829, le gel détruit les oliviers. Pendant plusieurs années consécutives, les propriétaires sont privés de récolte et les ouvriers agricoles de travail... La population a continué à augmenter. Elle atteint 1.379 habitants en 1846. Elle est toujours constituée par des autochtones. Il y a seulement quelques Italiens venus travailler dans les moulins à huile... En 1847, pour les besoins des commerçants en huile (fabricants, négociants, courtiers) on demande la création d'un service de distribution du courrier... Le demi-siècle qui commence aux environs de 1845 est caractérisé par de profondes transformations. Le développement industriel et commercial déjà amorcé à Trans au début de la monarchie de Juillet ne va pas cesser de s'accentuer. Plus particulièrement, c'est la fabrication et le commerce de l'huile d'olive qui vont prendre de plus en plus d'importance. La culture de l'olivier atteint maintenant son maximum d'extension et le terroir de Trans produit de grandes quantités d'olives. De plus, les moulins à huile, dont le nombre augmente d'année en année, traitent non seulement la production locale mais encore reçoivent des apports des villages voisins. Au lendemain de la guerre de 1870, il y a ainsi vingt-cinq moulins à huile qui fonctionnent à Trans et on envisage (mais ce projet ne se réalisera pas) l'établissement d'un marché aux huiles qui se tiendrait une fois par semaine. En effet, on évalue alors le chiffre d'affaires des fabricants et négociants à deux millions de francs, ce qui est très important. Cette expansion est facilitée par le développement des communications de toutes natures : création de la ligne de chemin de fer en 1864 (lire mon article à ce sujet), inauguration d'une recette des postes et plus tard, installation d'un bureau télégraphique. Cet essor va se poursuivre jusqu'aux environs de 1880. L'activité des moulins à huile attire une main d'oeuvre étrangère composée d'Italiens originaires du Piémont et de la Rivière de Gênes. Ils viennent de plus en plus nombreux et ils ne tardent pas à se fixer".

 Source : D'après le livre "Trans en Provence" de Guillaume Barles - Ed. Jeanne Laffitte - Marseille.

 Cependant, dès la fin du XIXème siècle, les huiles étrangères, issues du marché colonial viennent concurrencer l’huile locale, non seulement pour la nourriture, mais également pour l’industrie (savons, éclairage) ; la concurrence est d’autant plus rude que l’avènement de la lampe à pétrole puis de l’électricité ont totalement fermé le marché. La production s’inscrit alors dans une échelle locale d’autosuffisance. Celle-ci reprend après les deux conflits mondiaux, lorsque la pénurie de matières grasses se fait sentir. Mais le gel de février 1956 sonne le glas de cette production. Dans le Var, près de 80% des oliviers périssent, et les moulins ferment les uns après les autres. Malgré les aides apportées par l’Etat, les agriculteurs préfèrent désormais planter de la vigne.

Plaque-du-moulin

Plaque apposée sur la façade de l'ancien moulin à huile communal.

Il s'agit d'un extrait des "Isclo d'or" de Frédéric Mistral.

 "Nautri li bon prouvençau

Au suffrage universau

Voutaren pèr l'oli

Et faren l'aïoli"

"Nous, les bons Provençaux

Au suffrage universel

Nous voterons pour l'huile

Et nous ferons l'aioli".

Olives

Cueillette des olives (Photo d'un Transian Noël Landry)

 

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08 novembre 2020

L'immigration italienne à Trans

 

Filature Usine Garnier-1893

 Le personnel de la filature Garnier en 1893. De nombreuses Italiennes y étaient employées. Elles logeaient dans un grand bâtiment au fond de la cour de la filature (aujourd'hui disparu).

Filature Garnier-Vue de l'intérieur

 Intérieur de la filature

La Provence a attiré de longue date les immigrants italiens. Cependant, ce fut entre 1850 et 1960 que l'immigration italienne dans le Var atteignit son apogée. La raison majeure qui poussa ces gens à s'expatrier fut d'ordre économique. Cette immigration alla jusqu'à représenter 15% de la population varoise. A Trans, les Italiens constituaient environ 13% de la population vers 1900. Ils étaient majoritairement d'origine piémontaise et toscane. Lorsqu'on parcourt les registres d'état civil, on trouve citées les localités de Montemale, Orméa, Peveragno, Vignolo, Dronero, Garessio, Boves, Pagliero, Mammola, Schio, Valloriate, Fesoglio, Brossasco, Cuneo, etc... comme étant leurs lieux de naissance. Je ne peux pas les citer tous, mais voici quelques-uns des noms de famille d'Italiens rencontrés au cours de mes recherches dont certains ont toujours des descendants à Trans : Agnese, Ambroggio, Ardoino, Barberis, Barillaro, Beltramo, Bennati, Biale, Borotti, Brondello, Brunengo, Cesana, Chiapello, Dani, Ellena, Faroppa, Ferraris, Ferrero, Garro, Gioffredo, Giraudo, Giusiano, Godano, Lerda, Lequio, Lovera, Mazza, Merlino, Michelis, Minazzo, Ottone, Perugia, Rampini, Sappa, Sciandra, Seno, etc... La plupart des immigrés vivaient dans le village. Les célibataires constituaient un quart de la population italienne. Certains habitaient une chambre chez des parents eux aussi installés à Trans quelques années auparavant et qui étaient venus "en éclaireurs". D'autres mettaient en commun leurs maigres économies pour partager un logement. Les hommes étaient plus nombreux que les femmes à immigrer. Les couples italiens avaient plus d'enfants que les couples français, mais une même famille avait souvent des enfants italiens nés en Italie et des enfants français nés en France, parfois dans plusieurs communes, vu la mobilité des familles. Quel accueil la population locale réserva-t-elle à ces étrangers ? Ce fut d'abord de l'hostilité et de la méfiance envers ces gens qui venaient "manger leur pain". On les qualifiait de "Piantous" (Piémontais), de "Babis" (crapauds) ou encore de "Macaronis". On les accusait d'être cause de chômage ou d'apporter des maladies contagieuses. Au fil des ans, on s'aperçut que ces Italiens étaient des travailleurs acharnés et qu'ils avaient été contraints de quitter leur patrie pour pouvoir nourrir leur famille. "Ce sont des latins comme nous, leurs ancêtres Romains sont venus chez nous il y a bien longtemps, ils sont chrétiens comme nous et ils vont à la même église. Notre langue provençale leur est familière, surtout chez les Piémontais, ils finiront par prendre nos habitudes". Pendant longtemps, les mariages entre Italiens et Transianes ou Transianes et Italiens furent mal vus. Mais le bon sens finit par triompher et l'intégration se fit petit à petit en douceur.  

 Ces immigrants exerçaient des professions modestes. Les femmes étaient le plus souvent journalières, employées dans les bouchonneries, les scieries, la fabrique de contreplaqué, beaucoup travaillaient à la filature de soie. Les hommes travaillaient comme ouvriers agricoles, journaliers. D'autres étaient bûcherons (bousquetiers), scieurs, maçons, ou salariés dans d'autres secteurs de l'artisanat. Quelques-uns étaient à leur compte, comme agriculteurs, artisans (cordonniers par exemple) et petits commerçants. A la fin du XIXème siècle, l'ascension sociale italienne était encore très modeste. Mais elle s'accrut au cours du XXème et plus encore après 1950 au temps des Trente Glorieuses *. Elle fut facilitée par la proximité des cultures, par la fréquence des mariages franco-italiens, par la facilité de l'obtention de la nationalité française, par l'intégration à l'école de la République, par le rapprochement de la France et de l'Italie après 1945, alors que de 1880 à 1890 et de 1936 à 1945, les relations des deux pays avaient été très mauvaises.  

  *********************  

* Trente Glorieuses : Les Trente Glorieuses font référence à la période de forte croissance économique qu’a connue entre 1945 et 1973 la grande majorité des pays développés. L'expression a été créée par Jean Fourastié en 1979 en rappel des Trois Glorieuses, journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830 qui avaient fait chuter Charles X. 

Je vous mets ci-dessous deux liens sur l'immigraion italienne qui pourront vous intéresser.

La Seyne sur Mer - Du bourg provençal à la cité cosmopolite

La Seyne_sur-Mer (Var) Histoire de La Seyne_sur-Mer (Var) Images de la vie seynoise d'antan - Tome III (1990) Du bourg provençal à la cité cosmopolite (Texte intégral du chapitre). Qui sait si l'inconnu qui dort sous l'arche immense, Mélant sa gloire pique aux orgueils du passé. N'est pas cet étranger devenu fils de France Non par le sang reçu mais par le sang versé ?

http://jcautran.free.fr
L'immigration italienne en Provence au XIXe siècle - GénéProvence

google-translator] La Provence a été, à la fin du XIXe siècle, une terre d'accueil pour des milliers d'immigrants venus de l'autre côté des Alpes. Tout généalogiste réalisant des relevés d'état-civil se rendra compte que l'arrivée d'immigrants italiens remonte au Second Empire (1852-1870) et que ce phénomène subit une nette accélération dans les années suivantes (Troisième République, à partir...

http://www.geneprovence.com

Bousquetiers attablés au café

  Bousquetiers italiens à la terrasse d'un café à Trans.  

Au milieu, Pierre Lieto (le père de Marcelle), à côté, à gauche, Monsieur Agnese (le père de Jeannot).

 

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27 septembre 2020

Le sculpteur César a vécu à Trans en Provence

 

Cesar-Sculpteur

César Baldaccini, dit César, est un sculpteur renommé. Il est né le 1er janvier 1921 à Marseille et mort le 6 décembre 1998 à Paris. Il fait partie des membres des Nouveaux réalistes, mouvement né en 1960. Il est également le créateur du trophée en bronze de la cérémonie des césar du cinéma français.

Ses parents, Omer et Leila Baldaccini, italiens d'origine toscane, tenaient un bar à Marseille, où César est né en 1921 dans le quartier de la Belle-de-Mai, au n° 71 de la rue Loubon, dans le centre. "Je suis fondamentalement un autodidacte absolu", dira-t-il. Il travaille d'abord chez son père, avant de suivre en 1935 les cours de l'École des Beaux-Arts de sa ville natale avec son condisciple Raymond Normand puis, en 1943, de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris avec Michel Guino, Albert Féraud, Daniel David et Philippe Hiquily, comme lui dans l'atelier de Marcel Gimond. Son atelier est situé dans un ancien bordel de la "rue de l'Échaudé", dont les chambres, à la suite de la loi Marthe Richard, avaient été attribuées à des étudiants.

A partir de 1947, il travaille le plâtre et le fer. Un jour, de passage à Trans-en-Provence, il se lie d'amitié avec Jean Collomp, industriel transian qui l'héberge chez lui. C'est dans son atelier, à la scierie Collomp, qu'il s'initie à la soudure à l'arc et travaille au gré de son inspiration. Sur place, il réalise ses premières sculpures métalliques qui le rendront célèbre par la suite. Jean Collomp lui fournit les matériaux nécessaires à la réalisation de ses oeuvres. Cela va être pour lui les débuts d'une grande carrière de scupteur ; au fil du temps, il s'approprie la maîtrise de la soudure à l'arc qui lui permettra de réaliser plus de 300 sculptures. Après plusieurs années passées à Trans, il quitte le village. 

Vénus de Villetaneuse

La Vénus de Villetaneuse
Mais comme ses moyens sont alors toujours modestes, par manque d'argent pour s'offrir du marbre, César va récupérer dans les décharges les matériaux de ses premières sculptures ; des tubes, des boulons, des vis, qui deviennent des insectes, ou se retrouvent dans les courbes puissantes de la "Vénus de Villetaneuse".

En 1954, il expose à la galerie Lucien Durand et obtient le prix "collabo" pour une sculpture intitulée "Le poisson" réalisée à Villetaneuse ; ville où il travaillera une douzaine d'années, grâce à l'aide d'un industriel local, Léon Jacques. En 1956, il participe à la biennale de Venise puis ensuite à la biennale de São Paulo. 

En 1961, il se rapproche de Marino di Teana, et rejoint le groupe des Nouveaux réalistes, mouvement fondé par le critique d'art Pierre Restany, comprenant notamment Mimmo Rotella, Niki de Saint Phalle et Gérard Deschamps. En 1968, il créera à la Manufacture nationale de Sèvres, un cendrier en porcelaine édité en 50 exemplaires. Réalisé en porcelaine à couverture nacrée semi-mat, il représente un moule en plâtre utilisé pour la production des pièces, et a été produit à partir d'un modèle original en aluminium.

1960

A partir de 1960, César concentre ensuite son travail sur la technique de la "compression dirigée", qui devient sa marque de fabrique : à l'aide d'une presse hydraulique, il compresse des objets divers. La vicomtesse de Noailles lui offre sa première voiture, une Zil soviétique toute neuve, la seule à Paris. César la renvoie compressée et plate comme une omelette et ayant perdu 90 % de son volume, d'autres automobiles vont aussi subir le même sort. Cet acte d'appropriation se veut un défi à la société de consommation et le rapproche des Nouveaux réalistes, dont il fait partie aux côtés de son ami Arman, auquel son nom est souvent associé. A la Fondation Cartier en 1986, il présente ainsi une compression monumentale de Peugeot 205 Turbo 16 accidentées dans des rallyes automobiles. Ce sont les voitures de Jean Todt compressés comme des galettes de maïs. A la Biennale de Venise, il présente une montagne de compressions, oeuvre monumentale de 520 tonnes. En 1998, sa Suite milanaise est une série réalisée avec des voitures Fiat neuves qui, une fois compressées, sont passées dans les chambres à peinture de l'usine Fiat de Turin, aux couleurs de la gamme de l'année. Il compresse toutes sortes de matériaux : tissus, papiers, et même bijoux en or que les femmes du monde lui apportent et qu'il rend compressés en cube à porter autour du cou. 

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En inversant l'esprit des compressions, César présente au Salon de Mai en 1967 la grande expansion orange, réalisée en polyuréthane. Ses expansions exploitent les possibilités de ce matériau en coulées lisses et dures ; l'intervention du créateur se fait soit sur la rigidité, l'épaisseur, la coloration, soit sur les coulées (superposition ou juxtaposition) soit sur la masse figée (travail de finition sous forme de nappage, de ponçage, de laquage). Il commence à travailler le cristal en fusion. Dans les années 1970, il accède à une reconnaissance internationale. Désormais universellement connu, il devient un des artistes français de tout premier plan et bénéficie de très nombreuses expositions. En 1971, lors d'une première au Lido à Paris, il trouve plus médiatique que lui : Salvador Dalí, le maître de l'extravagance. Il débat la même année dans Italiques avec François Truffaut, Lucien Bodard et Asher Ben-Natan. Son oeuvre Conserve expansion - Martial Raysse, 1970-1972, est conservée au Museo Cantonale d'Arte de Lugano. Deux facteurs vont l'amener à se pencher sur cette problématique : tout d'abord l'invitation à participer à une exposition de groupe consacrée à La Main, de Rodin à Picasso et sa découverte de l'agrandissement pantographique.

Pouce-César

En 1965, il présente son célèbre Pouce agrandi (1,85 mètre de haut). C'est l'empreinte de son propre pouce. A l'occasion des Jeux olympiques de Séoul (1988), il crée un Pouce en bronze de 6 mètres de haut. Cette oeuvre a été la plus médiatisée et répétée. En 1967, il réalise 6 exemplaires du Sein, moulage en polyester de 82 x 193 x 266 cm, un des exemplaires est visible au Musée d'art de Toulon, un autre à la Fondation Gianadda. 

Le-Poing-César-B

Il crée Le Poing, sculpture monumentale de 7 tonnes en fonte d'acier inoxydable polie, installée sur la place d'armes au Lycée militaire de Saint-Cyr à l'été 1970. En 1983, il entreprend la réalisation de son Centaure en "hommage à Pablo Picasso", sculpture de 4,70 mètres de haut, achevée en 1985. La sculpture est installée au carrefour de la Croix-Rouge à Paris. Toujours en 1983, César réalise son Hommage à Eiffel et Le flying French man, pour la Ville de Hong Kong.

Trophée César

Il est également le créateur du trophée César du cinéma qu'il créa en 1976, récompense attribuée par les professionnels du cinéma français, pour laquelle il réalise une compression en bronze
Homme à la fois simple et complexe, au franc-parler méridional, il cultive son image d'éternel artisan, de soudeur, et surtout de grand créateur. Les dernières années de sa vie ont été très heureuses, César multiplie les expositions : grande rétrospective au Jeu de Paume à Paris en 1997, rétrospectives à Malmö, Milan, São Paulo, Mexico. César termine sa carrière par une série de portraits et d'autoportraits, face à face marquant avec la mort. Il partage les dix dernières années de sa vie avec Stéphanie Busuttil, qui gère aujourd'hui son oeuvre et est détentrice de son droit moral. Les oeuvres de César sont collectionnées par les musées (Centre Pompidou, Tate Gallery, MoMA...) et les particuliers du monde entier. L'exécuteur testamentaire de la succession est Alain-Dominique Perrin. 

Tombe César

Sources : D'après le site : jesuismort.com, Wikipédia, l'encyclopédie libre et Claudine la fille de Jean Collomp.

 

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23 juin 2020

Une curiosité : le puits aérien ?

 

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 Le puits aérien (carte postale - collection personnelle de Nadine)   

       Avez-vous déjà entendu parler du puits aérien de Trans en Provence ? Le constructeur de cet ouvrage, un ingénieur belge, Monsieur Achille Knapen est venu à Trans vers la fin de sa vie professionnelle. Né à Mons en Belgique le 29 septembre 1860, il s'est éteint à Trans le 26 juillet 1941. Il est enterré dans le cimetière de la commune (au vieux cimetière, la tombe est contre le mur de la chapelle). Lauréat de la Société des Ingénieurs civils de France, Chevalier de la légion d'Honneur, Achille Knapen est connu dans notre village pour avoir bâti une construction unique en Europe : le puits aérien. Il a fallu un an et demi pour construire ce puits dont la vocation était la récupération de l'humidité atmosphérique pour fournir de l'eau potable aux contrées dépourvues de sources naturelles. C'est lors d'un "Congrès de l'eau" tenu à Alger, en janvier 1928, qu'Achille Knapen, avait fait mention pour la première fois de son projet. Ce congrès avait fait ressortir l'importance du problème de l'eau en signalant les pertes immenses que la pénurie occasionnait périodiquement pendant les années sèches aux cheptels et aux populations. A l'issue de ce congrès, les membres avaient donné leur feu vert à l'idée de Monsieur Knapen. Un site algérien sur les hauts plateaux près de Chelala avait même été envisagé pour mettre cette idée à exécution. La configuration des lieux avait été jugée intéressante par rapport à la topographie. L'idée fit quelques temps son chemin mais il semble que des considérations autres que techniques ont entravé ce projet et n'ont pas permis de le mener à son terme. Monsieur Kanpen qui était d'un caractère obstiné, ne se laissa pas abattre pour autant.

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Carte postale des années 60 - collection personnelle de Nadine

Il lui fallait absolument trouver un lieu pouvant se rapprocher climatiquement des pays chauds et il le trouva à Trans. Les travaux de mise en état furent terminés fin mai 1930. Le 14 juillet, la construction de la masse centrale, en béton de grenailles, de porphyre et de mortier de ciment était achevée, contenant le puits d'un mètre de diamètre ménagé au niveau du sol jusqu'à 9 mètres de hauteur. Le 14 juillet 1931, la calotte massive de 4 mètres d'épaisseur recouvrant les voûtes et les entrées d'air supérieures, était achevée à son tour. 

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 Les ardoises les plus hautes sont encore en place, les autres ont été cassées par des vandales (Photos Monumentum site internet)

Quelques jours après, on fichait 3000 ardoises obliques et de champ sur les parois de la masse centrale revêtue d'un enduit au mortier maigre de 30 millimètres d'épaisseur.
    Dans le haut, un tuyau métallique traverse l'enveloppe de béton pour déboucher à l'extérieur et la dépasser de 50 centimètres afin de demeurer par son orifice supérieur, en contact permanent avec l'air libre.
    Les travaux de construction du puits aérien ont bénéficié de la présence à Trans de nombreux immigrés italiens qui, pour une bonne partie d'entre eux, ont quitté leur pays entre 1922 et 1923. Ces italiens avaient une réputation de bâtisseurs. Ils étaient pour la plupart des salariés des établissements Fournial. Dans la liste de ces participants à cette construction on trouve les noms de Chiambrino père et fils, Minazzo, Garro, Ferrero, Gerbino, etc...
    Précision : le dôme extérieur est constitué de pierres calcaires assemblées par du ciment gris. Ces pierres sont abondantes sur le terroir de Trans notamment au quartier de "Terre blanche". C'est là que des carrières situées à environ deux kilomètres du puits ont été ouvertes. Le transport était assuré par la famille Gerbino qui disposait de plusieurs chevaux de trait ainsi que du matériel de transport, les fameux "tombereaux", qui sont des sortes de charrettes basculantes destinées à transporter des matériaux en vrac et dont les côtés sont pleins et en forme d'auge. La capacité de ceux-ci, 2 mètres cube, était importante pour l'époque. Il était nécessaire d'atteler deux forts chevaux ensemble car les chemins étaient sinueux et en plus mauvais état qu'aujourd'hui. De plus, le poids des attelages formait en permanence des ornières, ce qui était encore plus difficile... Une fois transportées sur place, les roches étaient entassées non loin de là. L'un des équipiers de ces "muratori" (maçons en italien) surnommé "Baffi" (moustaches) passait ses journées à façonner les belles pierres, celles qui resteraient apparentes. Elles étaient ensuite amenées sur place parmi les éclats de la taille et servaient de remplissage de l'épaisseur des murs qui atteignait deux mètres cinquante.
 

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 Le puits aérien et la villa Knapen

Hélas, le puits aérien de Trans ne tint pas ses promesses. En cherchant un climat approchant de l'Afrique, Monsieur Knapen avait songé à des températures variant la nuit de 4° en dessous de zéro à 11°. Il était loin du compte à Trans où pendant les mois d'été, les différences ne sont que de quelques dégrés. Il ne récolta donc que la valeur d'un seau dans les meilleures nuits. Le projet extrêmement valable pour la terre africaine ne connut aucune suite et c'est dommage car aujourd'hui la sècheresse y pose d'angoissants problèmes.

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     Coupe schématique du puits aérien (document brochure du Syndicat d'Initiative de Trans en Provence).

    (1) le haut de la cloche avec le tuyau métallique qui prend l'air à l'extérieur
    (2) Cinq rangées d'ouvertures supérieures
    (3) Deux rangées d'ouvertures inférieures
    (4) Assise de l'ouvrage et citerne de stockage de l'eau

Sources : D'après le panneau explicatif de l'Office de tourisme situé près du puits aérien et le livre de Max Lambert (un transian) - Le puits aérien de Trans en Provence aux Editions Campanile 2002.

Je vous signale que j'ai mis en place un album-photos sur le puits aérien sur la colonne du blog.

Puits aérien-Vue aérienne

Si vous passez par Trans, n'oubliez pas d'aller voir le puits aérien. Pour en savoir plus, je vous conseille ce lien :   

http://www.histoire-eau-hyeres.fr/612-puits_aerien.html

 

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16 juin 2020

Les inondations des 15 et 16 juin 2010 à Trans-en-Provence

Je reproduits ici le texte et les photos de notre journal "L'écho de Trans" édité par la Mairie. Il s'agit de l'édition spéciale, hors série intitulée : "Spécial inondations des 15 et 16 juin 2010". Je vais mettre à la suite, les liens des articles (13 en totalité) que j'avais fait paraître à l'époque dans mon ancien blog. Vous pourrez y lire la relation des évènements (mon propre témoignage), de très nombreuses photos et des vidéos. Je ne mettrai que ce qui concerne Trans, car des témoins, deux de mes amis m'avaient également apporté leurs témoignages sur Draguignan, Les Arcs-sur-Argens et Taradeau. Si vous voulez les lire aussi, il vous suffira de faire défiler les flèches à la fin de chacun de mes articles pour lire le suivant.

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Le 15 juin 2010... une date historique pour notre commune... une date qui marquera à jamais les coeurs des transians et qui transformera définitivement le paysage... Jamais nous n'aurions pu imaginer la tragédie qui allait se passer... Une alerte orange pour notre département, de la pluie... faits plutôt banals ces derniers temps ! Mais ce sont des pluies torrentielles et incessantes qui se sont abattues sur le village... dès la mi-journée.

Chronologie des évènements

Il est 17h30, la pluie est déjà tombée une bonne partie de la journée mais, se déchaînant toujours plus, heure après heure, elle finit par inonder complétement le parking de Gemo, bientôt rejoint par toute la zone commerciale de Carrefour... et dans le village, les habitants découvrent une Nartuby enragée qui monte dangereusement vite...

18h00... elle commence à sortir de son lit... 19h00... cela fait un moment que le jeu de boules a complètement disparu, on ne distingue plus la moindre cascade, juste une vaste étendue d'eau tumultueuse qui atteint déjà le niveau de la route... Et les quelques imprudents qui se baladent encore près de la médiathèque ne se doutent pas que la Nartuby s'apprête à dévaler le pont et surtout que dans les minutes qui vont suivre, la petite place à côté d'eux où prônait un bel et jeune olivier va s'effondrer littéralement...

Pont Bertrand

Le pont Bertrand submergé par la Nartuby en furie

20h00... l'avenue de Beaulieu n'existe déjà plus, disparue sous 1m20 d'eau boueuse emportant tout sur son passage... et contraignant enfants, animateurs, parents et voisins effrayés, à dormir dans le centre de Loisirs, heureusement situé en hauteur, d'où ils ont assisté, impuissants, à un spectacle terrible... 

"on n'avait plus de téléphone, plus d'électricité, on a vu l'eau monter à une vitesse folle, les voitures garées ont été emportées les unes après les autres... (...) Quand le portail de la maternelle à cédé on a vu une vague déferler à toute vitesse... (...) Et on a passé la nuit à faire des signaux à la lampe torche aux voisins restés chez eux pour s'assurer que tout allait bien... (...) Ce fut la nuit la plus longue de notre vie".

Ailleurs dans le village, des lieux d'accueil ont également été improvisés, notamment à la salle Béraud et au Club des Jeunes, avec lits, couvertures, boissons chaudes et soutien moral...

Tout au long de la soirée et de la nuit, des hélicoptères ont survolé notre commune afin de porter secours à toute personne en difficulté... Certaines, réfugiées à la hâte sur des toits, ont ainsi pu être rapidement évacuées par hélitreuillage...

Dégâts

Au petit matin, les eaux se sont peu à peu retirées, abandonnant toutes sortes de débris à tous les soins de rue et laissant apparaître l'étendue des dégâts, plus importants les uns que les autres : arbres déracinés ou menaçants, routes détruites, cimetières profanés, habitations endommagées... De nombreuses personnes ont été portées disparues, et plusieurs victimes ont été retrouvées... Au-delà du matériel, c'est une souffrance psychologique qui se fait ressentir, face à cette catastrophe dont notre commune n'avait pas revécu l'ampleur depuis presque 200 ans, le 6 juillet 1827.

Village méconnaissable

Village méconnaissable1

Nartuby

Solidarité

Je mets ci-dessous, les liens afin que vous puissiez aller lire les articles sur Trans dans mon ancien blog :

L'inondation de Trans en Provence le 15 juin 2010 - Nadine de Trans en Provence

Sachez tout d'abord que je vais essayer de ne pas écrire de bêtises et de décrire ce que j'ai vu. Quand on nous parle d'une catastrophe survenue ici ou là dans le monde, on se dit que chez nous, cela ne peut pas arriver... et pourtant ! En Vendée, il...

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Nouvelles photos et vidéos du jour de la catastrophe - Nadine de Trans en Provence

Bonjour, Hélène, une transiane, m'a envoyé de nouvelles photos du soir de la catastrophe. Ce devait être entre 18 et 19 heures. Par la suite, l'eau est encore montée, a débordé sur la route et dans le village. Hélène a pris les quatre premières photo...

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A Trans en Provence, même les morts ne reposent pas en paix ! - Nadine de Trans en Provence

Je vous donne une précision pour commencer : à Trans, nous avons deux cimetières, le vieux et le nouveau. Je vous dis cela car des lectrices m'ont écrit pour savoir si leur tombe de famille avait été endommagée. Autre précision que je rajoute aujourd'hui...

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Constatation des dégats le lendemain - Nadine de Trans en Provence

Le lendemain, mercredi 16 juin, après le vieux cimetière je me suis rendue dans le village. Quel spectacle de désolation ! C'est incroyable, il faut le vivre et le voir pour y croire ! Dans la rue du Bachas, qui mène au cimetière, le goudron est explosé...

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Constatation des dégats le lendemain (suite 1) - Nadine de Trans en Provence

A cet endroit s'élevait un cèdre majestueux qui avaient connu de nombreuses crues, nous à Trans, on dit de nombreux débords et dont la enième l'a emporté... S'inscrire à la newsletter Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

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Constatation des dégats le lendemain (Suite 2) - Nadine de Trans en Provence

J'ai pris ces photos de l'emplacement où se trouve notre lavoir communal (désaffecté) dit Le Bassin neuf. L'endroit a été totalement raviné puisque totalement submergé par la Nartuby. Le lavoir par lui-même a subi des dégâts et des voitures sont allées...

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Le désastre : photos de Laetitia - Nadine de Trans en Provence

A partir de maintenant et pour aller plus vite je vais passer les photos en fonction des personnes qui me les ont envoyées. Laetitia habite à Trans en Provence. Voilà ce qu'elle m'a écrit le 26 juin : "Je suis tombée sur votre site car je cherchais des...

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Les photos de Marc du Blogmotte (1) - Nadine de Trans en Provence

Je vous montre les photos que Marc du Blog de la Motte m'a envoyées (j'y ai inclus quelques unes des miennes pour compléter le reportage). Il s'agit de photos de Trans mais plus particulièrement des abords, de la zone commerciale, du stade, etc... Pour...

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Les photos de Marc du Blogmotte (2) - Nadine de Trans en Provence

Et encore une petite suite avec les photos de Marc. Il m'en a envoyé beaucoup, je ne peux donc pas tout vous montrer, j'ai du faire un choix. S'inscrire à la newsletter Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

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Contre les éléments déchaînés, nous sommes bien petits... - Nadine de Trans en Provence

Nous sommes le 20 juillet, il y a un peu plus d'un mois, le 15 juin, une catastrophe touchait une partie du Var, dont notre village de Trans en Provence. Certains ont déjà oublié... pas moi. C'est l'été, il fait chaud, on pense aux vacances. Mais ceux...

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