Trans en Provence au fil de la Nartuby

Bienvenue à Trans en Provence

J'ai mis en place ce blog sur Trans en Provence pour parler de mon village, de son histoire, de ses habitants, de son passé tout simplement... pour qu'il en soit un petit peu la mémoire. Je ne suis pas historienne, ni spécialiste en quoi que ce soit, mais je suis curieuse de tout. Mes recherches généalogiques m'ont conduite à m'intéresser à l'histoire, la grande et la petite.  

Mon autre blog :  Passion Provence 

http://www.passionprovence.org

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21 mars 2017

Plaque funéraire dédiée à Claude de Villeneuve

Plaque funéraire2

Plaque funéraire3

Plaque funéraire4

Plaque funéraire5

Plaque funéraire6

Cette plaque funéraire se trouve au Musée municipal à Draguignan. J'ai été obligée de couper les photos car je ne pouvais pas tout prendre avec mon appareil.

Cette plaque funéraire en marbre avait été apposée sur la façade du nouvel Hôtel de ville lors de sa construction en 1779. Elle fut érigée par le Marquis Louis Henry de Villeneuve, dernier marquis de Trans, en hommage à son ancêtre, Claude de Villeneuve, qui fut tué lors des Guerres de Religion en 1579. Cette plaque a été retrouvée en 1859 dans un mur de la chapelle du "Bon Pasteur" jouxtant l'ancien Hôtel de La Motte. Comment de la façade de l'Hôtel de ville de Trans s'est-elle retrouvée dans un mur du "Bon Pasteur" ? Je n'ai pas l'explication.

A lire mes deux articles qui sont en relation avec celui-ci : Carcistes et Razats paru le 13 février et L'Hôtel de ville de Trans publié le 15 mars.

 

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15 mars 2017

L'hôtel de ville de Trans

 

Hôtel de ville (façade)

L'ancienne maison commune de Trans, avant 1780, était l'immeuble dans lequel se trouve aujourd'hui la boulangerie, face au mur nord de l'église paroissiale, sur la rue de La Motte qui s'appelait alors rue du Saint-Esprit. La rue du Saint-Esprit ne s'étendait pas au-delà de la place située derrière l'église, et elle présentait en son commencement, sur le devant de l'église, un avancement d'alignement qui en rendait l'accès difficile, et qu'on a fait disparaître. L'ancienne maison commune servait à l'administration de la Communauté depuis le XVIe siècle ; au XVIIIe siècle, elle était devenue insuffisante pour correspondre au développement de la population et à la prospérité du pays ; de plus, elle était alors dans un état de vétusté et de délabrement tels que la remise en état en aurait été extrêmement onéreuse, sans donner l'espace dont on avait besoin. Pour toutes ces raisons, on décida de l'abandonner et de faire construire un nouvel Hôtel de ville sur une partie des ruines du vieux château, qui était offerte gratuitement par le seigneur. En 1778, il n'y avait aucune communication entre ce qui est aujourd'hui la place de la Mairie et l'autre rive de la Nartuby ; le petit pont qu'on y voit maintenant (pont Bertrand) et qu'on pourrait croire très ancien, d'après son aspect, a été construit seulement au commencement du XIXe siècle. Mais il y avait déjà sur le côté de la route une petite place qu'on appelait place du Posteau (Portail). Cette place était bordée, à gauche, par une auberge installée dans le grand immeuble en pierres de taille qui appartient actuellement à Monsieur Lerda, et par la falaise qui domine la rivière de Nartuby ; au fond, par la continuation de cette falaise et par le commencement des ruines du vieux château ; à droite, en partant des ruines, par une vieille tour (la Bestore) qui existait encore vers 1840 et par un petit édifice, ancien auditoire de justice, que le seigneur avait vendu quelques années auparavant, et qu'on détruisit en 1779 pour agrandir la place.

Hôtel de ville (fronton)

L'hôtel de ville est un édifice de style Louis XV qui a été construit vers 1779-1780. C'est une époque où le village a connu une véritable transformation : il avait conservé jusque là son aspect médiéval et en quelques années, une intelligente fit exécuter de grands travaux de modernisation. C'est ainsi que l'Hôtel de ville a été construit sur un terrain donné à la Communauté par le Marquis de Trans, Louis Henry de Villeneuve, sur ce terrain se trouvait autrefois le château fort de ses ancêtres, détruit au cours des Guerres de Religion. Les travaux de construction ont été exécutés sous la direction de l'architecte Torcat qui avait alors une certaine réputation, du moins régionale. L'édifice comprend : au rez de chaussée, une grande salle des pas perdus et au premier étage, la salle du Conseil que décore une très belle cheminée (Nota de Nadine : de nos jours cette salle est devenue la salle des mariages et la cheminée n'existe plus), le tout accompagné de trois petites salles en enfilade. La décoration de la façade a été exécutée avec un soin particulier ; l'écusson aux armes de France qui décore son fronton est l'oeuvre d'un sculpteur marseillais Pierre Carriol. L'ensemble a été restauré très heureusement sous la direction du service des Bâtiments de France. Trans a donc le bonheur de posséder un hôtel de ville construit a une époque où le bon goût régnait en France.

Sources : Premier texte : Bibliothèque municipale de Draguignan, Second texte : Guillaume Barles. Photos de Nadine.

Cadran solaire façade-Hôtel de ville 2

Hôtel de ville (décoration côté gauche)

Voir également mon article : Fugit irreparabile tempus.

Fugit irreparabile tempus - Trans en Provence au fil de la Nartuby

"Fugit irreparabile tempus", le temps, irréparable, fuit. Le temps s'enfuit perdu pour toujours. C'est une citation du poète romain Virgile dans ses Géorgiques, liv. III, v. 284. Cette expression est fréquemment utilisée sur les horloges et les cadrans solaires.

http://www.transenprovence.info

 

 

09 mars 2017

Bénédiction de deux cloches (1869)

Façade latérale de l'église

Le 11 juillet 1869 a eu lieu la bénédiction de deux nouvelles cloches que l'on a rajoutées aux deux autres en place qui dataient de 1761. Monseigneur Maunier, vicaire général du diocèse, spécialement délégué par l'évêque de Fréjus pour cette occasion, a procédé à la cérémonie du baptême. L'une de ces cloches a été léguée à l'église par Monsieur André Boyer, négociant, trésorier de la Fabrique, décédé le 10 août 1867 et l'autre acquise au frais de la Fabrique. Les deux cloches ont été disposées en avant du sanctuaire, encadrées dans un bouquet de verdure formant une espèce d'arc de triomphe orné de banderoles aux vives couleurs et de guirlandes de fleurs. Avec leur poids énorme, ces cloches, garnies de leur monture ont disparues sous la robe blanche du baptême, enrichie de festons et de magnifiques dentelles. Leur forme est aérienne, elles sont suspendues à 1,50 mètre du sol à la vue de tous. Beaucoup de fidèles sont venus assiter à la cérémonie. La grosse cloche de 440 kg sans monture, porte le nom de Victor, en l'honneur du patron de la paroisse ; elle donne le "la" naturel du diapason ancien. Le petite cloche de 100 kg porte le nom de Roch, saint vénéré dans le village ; elle donne la note "mi d'en haut" de manière à former avec les vieilles cloches un accord parfait de la gamme : "la - do - mi - la". Le parrain et la marraine de Victor ont été Hilarion et Marie Boyer, enfants du légateur. Le parrain et la marraine de Roch ont été Frédéric Faissole et Zénobie Corneille. L'ascension et la pose de ces deux cloches s'est faite sans incident le lendemain de la bénédiction, au milieu d'une affluence considérable.

Intérieur de l'église

Remaniement des vieilles cloches

La pose des nouvelles cloches a nécessité un remaniement du clocher. La plus grosse des deux cloches anciennes, fondue dit-on à Trans, a été déplacée. Elle occupe à présent l'ouverture du sud de l'église. Elle date de 1761. Elle donne la note "do" et le peuple la nomme Justine. Une autre cloche, plus ancienne, sans date, aux formes antiques, percée de quatre gros trous à la place des anses qui avaient probablement été coupées sous la Terreur, était suspendue à l'aide de tiges de fer dans l'ouverture nord. On la nomme Antoine dans le pays. Cette cloche a un poids énorme pour son étroite dimension : 166 kg. Le son en était aigre et désagréable. Elle était condamnée à disparaître. Cependant, les habitants ne voulant point s'en séparer, car elle avait marqué les heures de la vie de plusieurs générations, ayant d'abord servi à l'horloge, puis au culte, se cotisèrent pour la récupérer. Elle a été confiée à un ouvrier habile qui lui a donné une nouvelle vie en la transformant, par une opération lentement faite pour lui donner le "la" au dessus du diapason ancien. Quelques mois après, la cloche a pris sa place à l'ouverture de l'est, en face de la grosse cloche neuve.

 Source : Fascicule imprimé pour l'anniversaire des 500 ans de la consécration de l'église 1496-1996. Ce fascicule a été écrit grâce à mes propres recherches. Auteurs : Curé Claude Pierrugues, Monsieur Roger Martelli et moi-même.

 

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06 mars 2017

Concert de l'Escolo dei Moulin

Concert-escolo

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03 mars 2017

Histoire du cimetière

 

Façade latérale de l'église

 Délibération du 23 octobre 1763

"A la suite de plaintes portées par divers particuliers à  Monseigneur l'Evêque, relativement aux vapeurs et mauvaises odeurs que cause le cimetière dans le lieu, nous sommes menacés d'un interdit, et comme on serait obligé d'enterrer dans les tombeaux de l'église, il en résulterait des inconvénients considérables. A cet effet, il serait de convenance de choisir un emplacement convenable, avec Monsieur le Prieur. Le Conseil de la Communauté décide de choisir, dès l'arrivée de Monsieur le Prieur et de concert avec lui, un endroit convenable pour y placer le cimetière. Note : "Par suite probablement d'un entraînement causé par les eaux de pluie, d'une grande partie de la terre des cimetières intérieurs des villages situés sur une hauteur, il arrivait que les corps n'étaient plus ensevelis assez profondément, et que pendant les quelques mois consécutifs à une inhumation, il se dégageait des mauvaises odeurs. Ce fut notamment, au milieu du XIXème siècle, le cas du cimetière intérieur de Régusse. Il est probable que la même chose devait se passer à Trans entre 1763 et 1767, date à laquelle on procéda au transfert du cimetière".

Délibération du 9 août 1767

"Il avait été délibéré, il y a nombre d'années, de déplacer le cimetière, ayant été pour lors interdit par les infections qu'il donnait, et comme les plaintes se réitèrent, se trouvant au centre du village, que d'ailleurs le dit emplacement devient tous les jours de plus en plus grande nécessité pour agrandir l'église, il serait de convenance de le placer hors du village sur un terrain pour lequel Messire Bernard Louic, prieur, donne son consentement (à un transfert). Le Conseil donne mission aux Maires et Consuls de chercher un emplacement remplissant les conditions de convenance et de droit ; et, de suite, attendu que le cas requiert célérité, d'obtenir de concert avec Monsieur le Prieur, la permission de Monseigneur l'Evêque pour bénir un nouveau terrain pour y ensevelir les morts, - le plus tôt qu'il se pourra, afin que l'enlèvement du dit cimetière puisse être fait dans le mois de décembre prochain, - et la permission de Monseigneur l'Intendant obtenue, faire, pour ce, l'achat d'un terrain qui est à l'extrémité du Grand jardin dit jardin de Chaix, arranger les murailles de façon qu'aucun animal ne puisse y entrer et ouvrir une porte de convenance (sic) en face du village pour, les enchères courues, y faire transporter le terrain et le contenu du cimetière, et se mettre à niveau de la place".

Renseignements extraits d'un livre de raison 

"Le cimetière a été agrandi en 1846 ; le jardin qu'on y a annexé appartenait de Monsieur Nicolin ; la chapelle actuelle était une bergerie. On y arrivait par un chemin entre deux murailles dont la porte d'entrée était à droite de la porte du cimetière. Le chemin se terminait à l'endroit où se trouve le tombeau de la famille Bernard qui avait droit à ce passage. Depuis l'agrandissement du cimetière, la muraille du passage qui se trouvait du côté du jardin Nicolin a été démolie".

Source : Fascicule imprimé pour l'anniversaire des 500 ans de la consécration de l'église 1496-1996. Ce fascicule a été écrit grâce à mes propres recherches. Curé Claude Pierrugues, Monsieur Roger Martelli et moi-même.

Complément (paru dans l'article intitulé Trans au cours du XVIIIe siècle).

Le cimetière était placé à côté de l'église suivant l'usage (à l'emplacement de la petite nef qui sera construite suite au transfert du cimetière) et les habitants se plaignaient qu'il dégageait des miasmes pestilentiels, que les odeurs les incommodaient et que les chiens y dévaguaient (Nota de Nadine : je pense que le cimetière devait s'étendre tout autour de l'église et non se cantonner sur le côté, parce que ma mère m'a raconté que quand le ruisseau de la rue de la Motte a été fait en 1948-1950, les ouvriers avaient trouvé des ossements sous le pavage en galets qui longeait l'église). Cependant, la sentence de l'Evêque ne fut pas exécutée tout de suite si bien que les trois caveaux qui se trouvent dans l'église (caveau du Rosaire, de Saint Antoine et de Saint Sébastien) furent pleins et qu'au lieu d'enterrer les morts séparemment, l'enterremort (sic) fut obligé de placer les cadavres sur ceux qui étaient nouvellement enterrés (Cf Série DD13 Archives communales de Trans détenues aux Archives départementales du Var à Draguignan). C'est enfin en 1767 que la municipalité se décida à transférer le cimetière. Pour cela, elle acheta un terrain situé à l'extrémité du Grand Jardin du Bachas dit Jardin de Chaix, à Joseph Guiol, tisserand de son état pour le prix de 300 livres y compris le bâtiment (ce que nous appelons la chapelle) et les arbres fruitiers qui s'y trouvaient. C'est le 12 décembre 1767 que le cimetière entra en service. En 1846, la municipalité acheta un autre jardin y attenant pour l'agrandir à nouveau car la population avait augmenté (il s'agit de la partie qui est située derrière).

Source : D'après le livre "Trans en Provence" de Guillaume Barles et d'après mes propres recherches dans les archives communales de Trans.  

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25 février 2017

Visite pastorale (1666)

 

L'église et la fontaine

"Nous, Evêque et seigneur temporel de Fréjus, Fayence et autres places, procédant à la visite générale des paroisses de notre diocèse et à la particulière de celle du lieu de Trans, après avoir été considéré tout ce que de la part des Consuls nous a été remontré par leur comparant, et ce que Messire Goiran, prieur de la dite église a répondu, - Nous avons tout premièrement ordonné que le tableau et rétable du maître-autel qui se trouve par sa vieillesse en si mauvais état qu'il ne peut plus servir avec honneur et décence, et qu'il est plus propre à donner des distractions que de la dévotion, sera refait et réparé dans trois mois à frais communs du dit prieur pour un tiers et des Consuls pour les deux autres tiers - si mieux les parties n'ayment en faire un tout neuf, le plus beau et magnifique qu'ils pourront. Et le dit prieur à son propre fera fermer à clef la porte de la chapelle champestre Saint Victor, et entretiendra le couvert de l'église paroissiale et de la dite chapelle, fermera le cimetière d'une porte à treillis, en sorte qu'elle puisse empêcher les enfants et les animaux d'y entrer ; - Tiendra les châssis et vitres de la dite église en son entier ; et, pour ce qui est du service de la dite église, le dit prieur le continuera avec deux autres prêtres, suivant l'ancienne coutume, les obligeant de célébrer trois messes les jours de dimanches et fêtes, et deux les autres jours ; desquelles messes l'une sera dite de grand matin à l'aube, et une autre fort tard ; - Laissant à la disposition du prieur et de la Communauté d'adjuger en quelles dites messes le prône pourra être fait afin que le pauvre peuple soit mieux instruit de ce qu'il doit savoir et faire pour son salut ; - Ordonnant que les lumières nécessaires au service qui est fait dans la dite paroisse soient fournis par les marguilliers des chapelles et autels, suivant l'ancienne coutume ; - Ordonnant au dit prieur de mettre dans la dite église et de se servir des livres du choeur qu'il nous a fait voir tout neufs ; - Et quant à la construction de la maison claustrale, si les Consuls prétendent que le prieur ne l'a pas bâtie comme il devait et qu'il n'a pas satisfait à l'acte d'accord qu'ils ont passé ensemble, ils en viendront porter leur plainte à notre siège épiscopal à Fréjus, où ils seront plus amplement ouïs en tout ce qu'ils voudront avancer et de suite justice sera faite ainsi que de raison.

Le 20 décembre 1666 Ondedeï, évêque de Fréjus, et plus bas Villet, secrétaire. (Extrait du registre de la visite générale diocésaine de l'Evêché du diocèse de Fréjus, étant rière, le secrétaire du dit Evesché, dûment collationné par moy secrétaire ce 29ème mai 1674)."

Source : Fascicule imprimé pour l'anniversaire des 500 ans de la consécration de l'église 1496-1996. Ce fascicule a été écrit grâce à mes propres recherches. Auteur : Curé Claude Pierrugues, Monsieur Roger Martelli et moi-même.

 

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19 février 2017

Le miracle de Trans

Charles Quint

En juillet 1536, l'empereur Charles Quint envahit la Provence. Ses troupes passent par Trans et font de nombreux dégâts dans le village. Le Conseil Communal ordonne l'évacuation des habitants qui se réfugient dans la campagne. "De tous les villages maltraités, celui de Trans fut le plus à plaindre car il reçut toutes sortes de mauvais traitements jusqu'à voir mettre le feu dans l'église" (Cf. Gaufridi Jean-François, Histoire de la Provence, Aix 1664). Après le départ des gens de guerre de l'empereur Charles Quint, un prêtre de Figanières, Jacques Rissol, entre dans l'église pour constater les ravages de l'incendie. Une grande partie de celle-ci a été brûlée. En s'approchant de l'autel du Corpus Domini ou du Saint Sacrement, il constate qu'il est recouvert par quatre doigts de cendres et que les ferrements du tabernacle en plâtre qui renferme les hosties sont tout brûlés. D'ailleurs, tout est consumé : la serrure, les pentures et les bandes de fer blanc, et là, soudain... miracle ! au milieu des restes du tabernacle, il découvre une hostie intacte, couverte de cendres, que le feu avait épargnée. Il décide de la garder et va prendre conseil auprès de Messire Guillaume de Camelin, official du diocèse de Fréjus qui lui répond qu'en temps de guerre il ne doit pas laisser l'hostie à l'autel du Corpus Domini, ni la conserver car elle a été consacrée. Le dimanche suivant, le prêtre, Jacques Rissol, célèbre la messe dans l'église et consomme la Sainte Hostie. Telle est la relation du miracle de Trans.

Source : Fascicule imprimé pour l'anniversaire des 500 ans de la consécration de l'église 1496-1996. Ce fascicule a été écrit grâce à mes propres recherches. Auteurs : Curé Claude Pierrugues, Monsieur Roger Martelli et moi-même.

 

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13 février 2017

Carcistes et Razats

En 1576, le Roi signe un édit qui déchaîne la colère des catholiques parce qu'il donne aux huguenots le droit de pratiquer leur religion et même de posséder quelques places fortes. Ce fut le signal de nouveaux troubles en Provence, qui fut meurtrie, en 1578 et 1579, par une guerre à mort entre les deux partis : les Carcistes et les Razats. Les Carcistes étaient les catholiques enragés, qui avaient à leur tête, le Comte de Carcès, grand Sénéchal de Provence, les Razats, parmi lesquels se trouvaient des protestants et beaucoup de catholiques modérés, étaient ainsi appelés - les uns disent parce qu'ils n'avaient pas de barbe, les autres parce qu'on les avait persécutés, pillés, rasés - et certains croient que leur nom venait de leur chef, le Gouverneur de Provence, qui était le Maréchal de Retz. Deux années de suite, la Provence fut ravagée, pillée, ensanglantée par les uns et les autres. Dans certains endroits, ce fut un sorte de jacquerie, de révolte des paysans contre leur seigneur. C'est ainsi que les habitants de Callas assassinèrent leur seigneur qui avait 80 ans, tuèrent ses deux fils et brûlèrent son château. Celui des Forbin, à Solliès fut démantelé, ceux de Sainte-Maxime, de Bauduen, de Pierrefeu et de Cuers furent livrés aux flammes. Tous ces incendiaires étaient des Razats.

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Prise du château de Trans le 23 mai 1579

Ce furent encore des Razats qui vinrent assiéger le château de Trans dans les derniers jours de mai 1579 avec deux canons empruntés à la ville d'Antibes. Ils furent mis en position devant le château et commencèrent à le bombarder. Cependant, les assiégés opposèrent une résistance désespérée. Parmi eux, se distingua la Marquise de Trans, fille du Comte de Carcès. Le Marquis Claude de Villeneuve et sa femme défendirent le château avec un courage héroïque. Les pertes furent importantes dans le camp des assiégeants : une les affecta particulièrement, ce fut la mort du Baron d'Estoublon, gentilhomme protestant, l'un des chefs de guerre des Razats. Après deux jours de cannonade, le château fut pris d'assaut le 23 mai 1579. Les Razats parvinrent à appuyer leurs échelles et les voilà monter à l'assaut des remparts et tuer les soldats qui le défendaient. Le Capitaine Séguran de Draguignan porta le coup mortel au Marquis et à une demi-douzaine de gens de son entourage. Ses hommes en firent autant et voilà le château aux mains des Razats. La Marquise de Trans eut beaucoup de peine à s'enfuir par les toits laissant son petit enfant au berceau. Un soldat prit le petit et voulut le jeter par la fenêtre, quand un muletier dracénois nommé Trabaud lui dit : "Que vas-tu faire de cet enfant ?" "Je vais le sacrifier à mon maître" répondit le soldat.Trabaud rétorqua "Mais à quoi te servira-t-il de faire périr ce pauvre innocent ?" " Si tu veux me l'acheter dit le soldat, je te le vends pour le prix que tu me donnes" Le muletier mit la main à sa bourse et en tira cinq sous qu'il tendit au soldat. Le soldat les prit et remit l'enfant à Trabaud. Celui-ci l'emmena à Draguignan et le fit nourrir par sa femme qui lui donna du lait pendant six ou sept mois, puis Trabaud le rendit à la Marquise.

Sources : D'après un texte paru dans le Bulletin Municipal de Trans en Provence n°22 septembre 1988. Egalement d'après le Dictionnaire historique "Histoire de la Provence" de Gaufridi 1694.

 

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07 février 2017

Souci d'urbanisme en 1795

  

Plan du parc du château 1

Plan du parc du château 2

Requête de la Municipalité de Trans aux Administrateurs du district de Draguignan.

" Citoyens, le bourg de Trans est réduit à un bien petit espace, étant cerné, au nord et au levant par la rivière Nartuby et des précipices, et au midi et au couchant par l'enclos national (il s'agit du château et du parc du ci-devant seigneur confisqué par la nation après l'exécution du marquis Louis-Henry de Villeneuve à Paris le 4 prairial an II), de manière que les habitants ne pouvant avoir des emplacements pour construire des maisons en proportion de leur nombre, se trouvent entassés et manquent surtout d'usines de ménage (commodités de cuisine et de lavage). Ils désirent que cet enclos soit divisé de manière qu'il puisse être bâti des maisons à suffisance. Mais les maisons exigent des rues et des alignements convenables pour que l'air ne soit pas intercepté. Les experts que vous avez commis pour faire des divisions des biens du condamné Villeneuve doivent être autorisées de votre part pour tracer les rues et laisser leur espace libre et sans être compris dans les objets à vendre. C'est pour leur donner des pouvoirs suffisants que la Municipalité vous observe : 1° Que l'allée de l'enclos qui se trouve au couchant et qui tire du nord au sud (actuellement Montée de la Cotte), appartient à la Commune, étant le chemin qui conduit à Lorgues et à divers quartiers du terroir, et ayant été enfermé dans cet enclos par abus, ce qui peut nuire au droit de propriété de la Commune, qu'elle réclame par notre ministère. 2° Qu'il soit tiré une ligne de maisons depuis le parterre (jardin fleuriste situé en face de la façade sud du château du côté gauche de la rue actuelle du Parterre) de l'enclos jusqu'à la fontaine publique (angle des rues actuelles Nationale et de l'Hermitage), tirant du nord au sud et formant parallèle avec la maison et fabrique de soie du citoyen Antoine Ricaud (immeuble appartenant à M. Emile Reynier et local industriel appartenant à M. Vadon). Mais si les maisons étaient bâties au bord du terrain de cette partie (c'est-à-dire, si elles s'alignaient sur la façade du château qui avance sur la rue Nationale), la rue se trouverait trop étroite à cause du passage fréquent. Il faudrait donc, pour la rendre commode, qu'elle fut élargie de deux tiers (environ 4 mètres) au moins et que les experts puissent déterminer que cet espace servirait à la voie publique et ne serait pas compris dans la vente. 3° Qu'une autre rue peut être tracée au couchant de la maison (du château) tirant du couchant au levant, comprenant l'allée des tilleuls et s'alignant avec les bâtiments supérieurs du midi et du nord. Cette rue aboutirait au canal public (cette rue se serait développée parallèlement à la façade nord du château et aurait abouti à l'actuelle rue Nationale ; elle aurait été complétée en T par l'allée des tilleuls). 4° Que l'allée des Ormeaux qui sépare la partie supérieure de l'enclos de la partie inférieure, le long du canal public, ainsi que les petits espaces qui se trouvent entre le canal et l'allée doivent être conservés dans leur largeur, en raison de ce que cette allée sert de chemin le long de ce canal pour l'usage des habitants qui ont le droit d'arroser, du citoyen Ricaud pour les eaux de sa fabrique de soie, de la Commune pour les eaux du moulin à huile qu'elle a fait construire dans ce quartier, et des propriétaires qui feront l'acquisition des trois moulins à huile de la République situés au même quartier (moulins de MM. Joseph Raynaud, Lorenzi et Saurin), indépendamment que ce chemin est nécessaire pour le passage des acquéreurs des lots de la partie supérieure de l'enclos (cette grande voie serait partie de l'angle des rues Nationales et du Cassivet. Elle aurait coupé obliquement l'extrémité de la rue projetée au 3°, et, suivant alors le canal, elle aurait abouti sur la côte un peu avant le passage à niveau). Le requête explique ensuite que la plus-value donnée aux emplacements situés sur les voies projetées compenserait la non aliénation de leur sol.

Note : Cette requête n'a pas eu satisfaction par suite de la mise en adjudication tardive des biens du Seigneur. Les événements avaient marché depuis sa mort. Bientôt on les rendit aux héritiers du condamné. Leur vente à  laquelle il fut procédé sur licitation en 1803, se fit sans tenir compte des demandes présentées par la Municipalité de Trans. Cette inobservation d'un voeu exprimé en vue de l'intérêt général, fut aussi regrettable pour le pays que pour les possesseurs des biens vendus. Les rues projetées auraient permis à la population de Trans de s'accroître, et elles auraient donné une bien plus grande valeur aux terrains.

Source : Les Archives de Trans en Provence n° 25 - septembre 1932 - Jean Barles et quelques commentaires de Nadine

Le plan du parc du château de Trans tel qu'il existait en 1780 - Trans en Provence au fil de la Nartuby

Cet article sera en deux parties. Je vais tout d'abord vous expliquer le plan ci-dessus. Puis, dans un autre article qui suivra je vous parlerai du contrat passé entre Louis Henry de Villeneuve marquis de Trans et son jardinier, Joseph Garcin dit Perlon pour l'entretien du parc de son château.

http://www.transenprovence.info