Trans en Provence au fil de la Nartuby

Bienvenue à Trans en Provence

J'ai mis en place ce blog sur Trans en Provence pour parler de mon village, de son histoire, de ses habitants, de son passé tout simplement... pour qu'il en soit un petit peu la mémoire. Je ne suis pas historienne, ni spécialiste en quoi que ce soit, mais je suis curieuse de tout. Mes recherches généalogiques m'ont conduite à m'intéresser à l'histoire, la grande et la petite.  

Mon autre blog :  Passion Provence 

http://www.passionprovence.org

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21 juin 2017

Le puits aérien

 

Puits-aérien1

 Le puits aérien (carte postale - collection personnelle de Nadine)   

       Avez-vous déjà entendu parler du puits aérien de Trans en Provence ? Le constructeur de cet ouvrage, un ingénieur belge, Monsieur Achille Knapen est venu à Trans vers la fin de sa vie professionnelle. Né à Mons en Belgique le 29 septembre 1860, il s'est éteint à Trans le 26 juillet 1941. Il est enterré dans le cimetière de la commune. Lauréat de la Société des Ingénieurs civils de France, Chevalier de la légion d'Honneur, Achille Knapen est connu dans notre village pour avoir bâti une construction unique en Europe : le puits aérien. Il a fallu un an et demi pour construire ce puits dont la vocation était la récupération de l'humidité atmosphérique pour fournir de l'eau potable aux contrées dépourvues de sources naturelles. C'est lors d'un "Congrès de l'eau" tenu à Alger, en janvier 1928, qu'Achille Knapen, avait fait mention pour la première fois de son projet. Ce congrès avait fait ressortir l'importance du problème de l'eau en signalant les pertes immenses que la pénurie occasionnait périodiquement pendant les années sèches aux cheptels et aux populations. A l'issue de ce congrès, les membres avaient donné leur feu vert à l'idée de Monsieur Knapen. Un site algérien sur les hauts plateaux près de Chelala avait même été envisagé pour mettre cette idée à exécution. La configuration des lieux avait été jugée intéressante par rapport à la topographie. L'idée fit quelques temps son chemin mais il semble que des considérations autres que techniques ont entravé ce projet et n'ont pas permis de le mener à son terme. Monsieur Kanpen qui était d'un caractère obstiné, ne se laissa pas abattre pour autant.

Puits-aérien2

Carte postale des années 60 - collection personnelle de Nadine

Il lui fallait absolument trouver un lieu pouvant se rapprocher climatiquement des pays chauds et il le trouva à Trans. Les travaux de mise en état furent terminés fin mai 1930. Le 14 juillet, la construction de la masse centrale, en béton de grenailles, de porphyre et de mortier de ciment était achevée, contenant le puits d'un mètre de diamètre ménagé au niveau du sol jusqu'à 9 mètres de hauteur. Le 14 juillet 1931, la calotte massive de 4 mètres d'épaisseur recouvrant les voûtes et les entrées d'air supérieures, était achevée à son tour.

Puits-aérien-intérieur

 Les ardoises les plus hautes sont encore en place, les autres ont été cassées
    (Photo internet)

    Quelques jours après, on fichait 3000 ardoises obliques et de champ sur les parois de la masse centrale revêtue d'un enduit au mortier maigre de 30 millimètres d'épaisseur.
    Dans le haut, un tuyau métallique traverse l'enveloppe de béton pour déboucher à l'extérieur et la dépasser de 50 centimètres afin de demeurer par son orifice supérieur, en contact permanent avec l'air libre.
    Les travaux de construction du puits aérien ont bénéficié de la présence à Trans de nombreux immigrés italiens qui, pour une bonne partie d'entre eux, ont quitté leur pays entre 1922 et 1923. Ces italiens avaient une réputation de bâtisseurs. Ils étaient pour la plupart des salariés des établissements Fournial. Dans la liste de ces participants à cette construction on trouve les noms de Chiambrino père et fils, Minazzo, Garro, Ferrero, Gerbino, etc...
    Précision : le dôme extérieur est constitué de pierres calcaires assemblées par du ciment gris. Ces pierres sont abondantes sur le terroir de Trans notamment au quartier de "Terre blanche". C'est là que des carrières situées à environ deux kilomètres du puits ont été ouvertes. Le transport était assuré par la famille Gerbino qui disposait de plusieurs chevaux de trait ainsi que du matériel de transport, les fameux "tombereaux", qui sont des sortes de charrettes basculantes destinées à transporter des matériaux en vrac et dont les côtés sont pleins et en forme    d'auge. La capacité de ceux-ci, 2 mètres cube, était importante pour l'époque. Il était nécessaire d'atteler deux forts chevaux ensemble car les chemins étaient sinueux et en plus mauvais état qu'aujourd'hui. De plus, le poids des attelages formait en permanence des ornières, ce qui était encore plus difficile... Une fois transportées sur place, les roches étaient entassées non loin de là. L'un des équipiers de ces "muratori" (maçons en italien) surnommé "Baffi" (moustaches) passait ses journées à façonner les belles pierres, celles qui resteraient apparentes. Elles étaient ensuite amenées sur place parmi les éclats de la taille et servaient de remplissage de l'épaisseur des murs qui atteignait deux mètres cinquante.
 

Puits-aérien-et-villa-Knappen

 Le puits aérien et la villa Knapen

Hélas, le puits aérien de Trans ne tint pas ses promesses. En cherchant un climat approchant de l'Afrique, Monsieur Knapen avait songé à des températures variant la nuit de 4° en dessous de zéro à 11°. Il était loin du compte à Trans où pendant les mois d'été, les différences ne sont que de quelques dégrés. Il ne récolta donc que la valeur d'un seau dans les meilleures nuits. Le projet extrêmement valable pour la terre africaine ne connut aucune suite et c'est dommage car aujourd'hui la sècheresse y pose d'angoissants problèmes.

Puits-aérien-coupe

     Coupe schématique du puits aérien (document brochure du Syndicat d'Initiative de Trans en Provence).

    (1) le haut de la cloche avec le tuyau métallique qui prend l'air à l'extérieur
    (2) Cinq rangées d'ouvertures supérieures
    (3) Deux rangées d'ouvertures inférieures
    (4) Assise de l'ouvrage et citerne de stockage de l'eau

Sources : D'après le panneau explicatif de l'Office de tourisme situé près du puits aérien et le livre de Max Lambert (un transian) - Le puits aérien de Trans en Provence Editions Campanile 2002.

Puits aérien-Vue aérienne

Si vous passez par Trans, n'oubliez pas d'aller voir le puits aérien. Pour en savoir plus, je vous conseille ce lien :   

http://www.histoire-eau-hyeres.fr/612-puits_aerien.html

 

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15 juin 2017

La première horloge de Trans

 

L'église et la fontaine

Les habitants du lieu de Trans voyant leur chef-lieu de viguerie, Draguignan, doté, depuis longtemps d'une horloge, voulurent, à leur tour, en avoir une. Pour une localité industrielle comme l'était déjà Trans en 1538, ce n'était pas seulement du luxe, c'était une nécessité. Aussi, en sa séance de janvier de cette année là, le conseil nomme deux délégués : un conseiller et un lieutenant de juge, pour "cueilly tout ce que porran trobar per fayre ung relloge" (pour recueillir tout ce qu'ils pourront trouver pour faire une horloge). Qu'est-ce qu'il pouvait bien chercher et recueillir dans le vieux "massaquin" (magasin) de la communauté ? Ce garde-meuble était-il riche en ferrailles ? Et voulait-on les donner en échange de l'horloge tant convoitée ? Les archives n'en disent rien, mais il est à croire que ni le fer, ni l'argent n'abondaient dans les coffres communaux, puisqu'il n'est plus question d'horloge dans les délibérations communales jusqu'en 1543. En cette année, le conseil délibère de nouveau de faire fabriquer "ung reloge" et, comme on la désire toute pareille à celle de Draguignan, dans la même séance, un délégué est nommé à qui l'on vote quatre gros (monnaie de l'époque) pour ses dépenses "per anar mesurar lou reloge de Draguignan" (pour aller mesurer l'horloge de Draguignan). Il paraît que ces Messieurs du conseil étaient pressés d'entendre sonner les heures du haut de la tour de leur église ; car immédiatement après ils décident de prendre la "campana devers Saint-Esprit et la mettre au reloge pour le service de la villo" (Note de Nadine : ils décident de prendre la cloche qui était à Saint-Esprit : la maison de Saint-Esprit était la maison de ville ou maison commune et de la mettre à l'horloge pour le service de la ville), à condition de fondre "ung altre campana" (une autre cloche) de même poids et dimensions. Dans une séance postérieure, le conseil, craignant, sans doute, de ne pas trouver à Draguignan ce qui était nécessaire, envoie un de ses membres à Aix, "per ana compra de matieres per fare la campana, so es jusqu'à la somme de huit quintaulx" (pour aller acheter des matériaux pour faire la cloche et ce jusqu'à la somme de huit quintaux), et vote 140 florins 4 gros pour la facture de "l'oreloge" (l'horloge) et une taille de 100 florins pour payer le "methal" de la cloche. Malgré les 100 florins votés, on n'eut pas assez de matière pour fondre une cloche pareille à celle de Saint-Esprit. Aussi le conseil ordonne que "le methal de la campana sio creyssut... de ce que sera necessari" (le métal de la cloche soit accru... de ce qui sera nécessaire). Cette fois, il ne fut pas besoin de députer jusqu'à Aix pour cet accroissement, ce fut Brignoles qui eut l'honneur de la fournir, et le trésorier dut compter 16 florins "a un merchant" (à un marchand) de cette ville pour solde du "methal" (métal) de la cloche. Enfin, l'horloge fut placée sur la tour de l'église ; on avait acheté une corde pour les poids, du prix de 12 sols. Vous croyez qu'on va confier le soin de la règler, soit à un horloger, soit, au moins, comme on fait aujourd'hui dans la plupart de nos villages, ou il serait trop onéreux d'en appeler un de la ville, ou bien au "fabre" (forgeron) ou au serrurier ? Détrompez-vous ; c'est à "dono Honnorado Piquesse" (Note de Nadine : dame Honnorade Piquesse, nous avons là l'exemple d'un nom de famille féminisé comme je vous l'ai expliqué dans mon article sur l'étude de noms de famille de la Garde-Freinet dans mon autre blog ; Piquesse = Pic), à laquelle on alloue 6 florins par an, "per ses gages dau reloge" (pour ses gages de l'horloge). En 1565, Dono Piquesse est remplacée par un "gouverneur" de l'horloge et le conseil lui vote 12 florins "per lous gages de governa lou reloge" (pour les gages de s'occuper de l'horloge). C'est toujours 12 florins que vote le conseil de la communauté, en 1570, "per governa et condurre lou relloge" (pour gouverner et conduire l'horloge) ; en 1538, pour "le governement du reloge" (pour le gouvernement de l'horloge). Mais tous ces gouverneurs, conducteurs, pas plus que dono Piquesse ne parvenait à la conduire et à la gouverner d'une manière régulière, on pouvait dire à la lettre qu'elle marchait comme "les affayres de la vilho" (les affaires de la ville) qui ruinée par les Impériaux en 1530, saccagée par les assiégeants du château en 1579, était encore menacée par les Piémontais en 1635. Le conseil décida, à cette date, de charger le prieur de la surveillance et de la direction de l'horloge. Marcha-t-elle mieux ? La question reste posée...

Auteur : Marius Sivan - Revue de Cannes et du littoral

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   Explication du mot "viguerie" : Juridiction administrative médiévale apparue à l'époque carolingienne. Cependant, avec le déclin du pouvoir central, la viguerie est devenue au fil du temps la juridiction la plus petite, s'occupant des affaires courantes. Elle est administrée par un viguier. Les vigueries ont disparu en grande majorité en 1749 suite à un édit supprimant les petites juridictions, à l'exception de la Provence où elles ont survécu jusqu'à la Révolution.

Le clocher

Le clocher et son campanile (Photo Nadine)  

     

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07 juin 2017

Fresques sur des carreaux de faïence

De temps en temps, je me balade dans le village avec mon appareil photo.
Je dis toujours le village, mais nous sommes à présent officiellement 5579 habitants (calendrier des Postes 2017). Alors, Trans en Provence, gros village ou petite ville ?
Donc, je me promène et je fais des photos pour vous montrer mon village.
A la rue du Bachas, j'ai découvert sur un mur ces jolis carreaux de faïence.
A noter que Bachas vient du provençal
bachas qui signifie : auge, bassin, fosse, cloaque. Par allusion sans doute au fossé qui entourait le château seigneurial qui a été détruit pendant les Guerres de religion en 1579.
Il y a trois fresques qui représentent :
- La fontaine devant l'église qui a été classée en 1926 à l'initiative d'un élu amoureux de son village et féru d'histoire afin d'éviter qu'elle ne soit démolie, car elle gênait un maire qui ne parlait pas encore de conservation du patrimoine à l'époque.
- Les cascades de la Nartuby avec ses ponts.
- La fontaine de la place de l'Hôtel de ville.

Trans-faiences-Mur

Trans-faiences-fontaine1

Trans--faiences-cascades

Trans-faiences-fontaine2

 

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01 juin 2017

Heurtoirs de porte à Trans

Heurtoir-main

Heurtoir-cheval

Deux heurtoirs à Trans en Provence (Photos Nadine)

 Un heurtoir ou marteau de porte est un accessoire fixé sur la face extérieure d'une porte d'entrée, dont une partie est articulée et peut être frappée sur le reste de l'objet ou sur la porte afin d'émettre un bruit, et ainsi permettre aux visiteurs de signaler leur présence aux occupants.

La partie mobile, suspendue, prend le plus souvent une forme d'anneau, jouant le rôle d'anneau de tirage, de maillet ou de marteau.

Les heurtoirs sont généralement faits de métal, et peuvent être plus ou moins richement décorés par exemple d'une figurine en bronze qu'on appelle marmouset.

Cloche-avec-chaine

Bien entendu, ceci n'est pas un heurtoir mais une cloche.

J'ai trouvé amusant de faire la photo parce que regardez bien la chaîne et la poignée, il s'agit des accessoires d'une chasse d'eau ! Certaines personnes y passent devant tous les jours sans rien remarquer.

A vous de trouver la maison. Un indice : elle se trouve dans la rue Nationale.

 

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26 mai 2017

Couchers de soleil sur Trans

 

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J'ai pris ces photos de couchers de soleil à Trans en Provence. Les quatre premières au quartier de Terre Blanche, la cinquième, de ma fenêtre, derrière chez moi, un jour de fort mistral et la dernière, l'église à contre jour, vue de la rue de La Motte.

 "Ce n'est pas la lumière qui manque à notre regard, c'est notre regard qui manque de lumière".
Gustave Thibon (Philosophe français 1903-2001)

   

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20 mai 2017

L'impôt sur les portes et les fenêtres

Fenètre1

(Photo prise à Trans en Provence - Nadine)

L’impôt sur les portes et fenêtres fut institué par le Directoire, pendant la Révolution française, le 4 frimaire an VII (24 novembre 1798).
Il fait partie des "quatre vieilles" contributions directes, avec la contribution foncière, la mobilière, et la patente, toutes trois établies par la Constituante. Son assiette était établie sur le nombre et la taille des portes et fenêtres. Il ne touchait ainsi que les propriétaires, et introduisait une sorte de proportionnalité, les plus aisés payant également plus d'impôts. Sa création fut accompagnée de celle d'un autre impôt du même type, l'impôt sur les parcs et jardins.

Fenètre2

 (Photo prise à Trans en Provence - Nadine)

Il ne touchait pas les ouvertures des bâtiments à vocation agricole, ni les ouvertures destinées à aérer les caves (soupiraux) ou pratiquées dans les toits (lucarnes, vasistas). Les bâtiments publics n’étaient pas imposés non plus. Cet impôt fut accusé de pousser à la construction de logements insalubres, avec de très petites ouvertures, donc sombres et mal aérés, et il conduisit à la condamnation de nombreuses ouvertures, ainsi qu'à la destruction, par les propriétaires eux mêmes, des meneaux qui partagaient certaines fenêtres en quatre, ce qui augmentait substentiellement l'impôt.
Comme il conduisait à une double taxation avec l'impôt sur le foncier bâti, qu’il était d’un faible rapport (60 millions par an à sa suppression), et sous l'influence des hygiénistes, sa suppression fut obtenue en 1926.

Nota : A Trans en Provence, de nombreuses façades sont encore ornées de ces fenêtres dessinées et pratiquement effacées par le temps et les intempéries. Ces trompe-l'oeil étaient destinés à donner une harmonie agréable à l'ensemble de la façade par rapport aux vraies fenêtres.

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14 mai 2017

La Nartuby au début du XIXe siècle

Nartuby-Ampus

La Nartuby à Ampus

La Nartuby est une rivière qui coule dans le département du Var. Elle prend sa source à Montferrat, au nord du département, et se jette dans l'Argens au niveau de la commune du Muy. Elle est longue de 34.7 km. Elle traverse notammment les communes de : Ampus, Châteaudouble, Montferrat, Draguignan, Trans en Provence, La Motte, Le Muy.

Nota : J'ai trouvé le texte ci-dessous aux Archives départementales à Draguignan dans le livre : "La statistique générale de la France publiée par ordre de sa Majesté L'Empereur et Roi, sur les Mémoires adressés au Ministre de l'Intérieur par MM. les préfets - Département du var, M. Fauchet, préfet - A Paris, Chez Testu, imprimeur de sa majesté année 1805".

La-Nartuby-vue-du-jeu-de-boules

La Nartuby à Trans en Provence (Photo Nadine)

"La Nartuby reçoit ses premières eaux d'Ampus, Châteaudouble et Montferrat et se confond avec l'Argens au-dessous du Muy. Sa direction est du nord-ouest au sud-ouest, sur une longueur de 35 km. Ses plus hautes eaux sont de 35m3 ; celles ordinaires d'hiver d'un mètre, et les basses de 11 centimètres. Son volume d'été est entièrement retenu et consommé dans le territoire de Draguignan ; et son lit reste à sec depuis cette ville jusqu'à l'endroit où elle reçoit la belle fontaine de la Foux. Il résulte des analyses des eaux de la Foux, faites par mon ordre, qu'elles ne renferment aucun acide libre, mais bien les combinaisons suivantes : 1° l'acide carbonique avec la terre calcaire forme du carbonate calcaire ; 2° l'acide sulfurique avec la chaux, de la sélénite ; 3° l'acide muriatique avec la chaux, du muriate calcaire ; 4° enfin l'acide muriatique avec la soude, du muriate de soude. On n'a aperçu dans les précipitations aucun apparence de magnésie.  
Cette eau employée à l'irrigation donne un fort goût au choux et à la plupart des légumes, ne nuit point aux luzernes et aux trèfles, détruit les prairies perpétuelles, fait périr quelques variétés de haricots blancs, ne dissout point le savon, ne cuit point les légumes, mais n'attaque point la santé des hommes, quoique désagréable au goût : on n'en boit pas d'autre au village du Muy, où ses mauvaises qualités sont il est vrai, tempérées par quelques sources plus pures qui s'y réunissent, les troupeaux s'en désaltèrent volontiers.

Pont-de-Draguignan-et-Nartuby

La hauteur des sources de la Foux, au-dessus du niveau de la mer, est de 173 mètres. A Trans, le lit de la Nartuby est établi sur des bancs de tufs, formant dans le temps des crues, des cascades du bel effet ; dans quelques endroits ses bords ont 28 mètres de hauteur. A la Motte, son lit prend le tuf jusqu'au Muy, avec quelques interruptions remplies par des grès. Cette concrétion est très tendre à La Motte et s'y éboule fréquemment. Le tuf donne lieu encore à plusieurs cataractes, dont la plus belle porte le nom de Saou doù Capellan (Saut du curé). Au-dessous de cette chute, les bords de la rivière ont près de 60 mètres de hauteur. Là où la Nartuby coule sur le tuf, ses bords sont très élevés et elle ne les franchit jamais, ailleurs, sa largeur moyenne est de 15 mètres et la hauteur réduite de ses rives, d'un mètre 80 centimètres. Ces dimensions sont insuffisantes dans le temps des pluies abondantes ; et la plaine comprise entre Trans et la Motte, ainsi que toutes les autres parties où ce régime se rencontre, sont exposées à des débordements. La Nartuby arrose une partie du territoire de Trans, de La Motte et du Muy, et apporte encore dans l'Argens, pendant les saisons les plus arides, un superflu considérable qu'on pourrait rendre utile par de nouvelles dérivations dans les plaines de l'Estérel et des Arcs, et en retenant un plus grand volume d'eau pour les territoires de Trans et du Muy.
La Nartuby nourrit des truites saumonées : les plus grosses vont rarement à huit livres ; on en prend de ce poids que lorsqu'au temps du frai elles abandonnent les grands fonds et les grottes de tuf, où le pêcheur ne peut les atteindre. Les eaux vives et salées de cette rivière relèvent le goût de la truite et en rendent la chair plus ferme. On y pêche aussi des carpes, des tanches, des aloses, des meuniers : ces derniers ne franchissent pas les cataractes de la Motte".

La Nartuby

 

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08 mai 2017

Inventaire des biens d'Isnard Pic au début du XVIIe siècle

Dans les minutes du notaire Jacques Garcin qui exerçait à Trans au début du XVIIe siècle, on trouve à la date du 21 septembre 1639, l'inventaire des biens d'un propriétaire transian, Isnard Pic qui venait de décéder. C'était un propriétaire important qui possédait trois maisons, plusieurs "ferrages" (les ferrages sont des terrains fertiles destinés au blé ou aux plantes fourragères), des vignes, des oliviers et plusieurs jardins.

Oliviers-murs

Au cadastre de 1640, il vient au neuvième rang parmi les plus imposés. Encore jeune, puisqu'à son décès la plupart de ses enfants étaient encore en bas âge, il avait été premier consul en 1627 et il avait exercé en 1636 les fonctions de trésorier, ce qui confirme sa situation aisée.

La maison où il vivait était située sur la place, en face de l'église. Elle se composait d'une étable au rez-de-chaussée, une "salle" et une petite chambre au premier, trois petites chambres au second, dont l'une servait de grenier et l'autre de fénière (grenier à foin).
La "salle" était non seulement la pièce où l'on prenait les repas, mais aussi celle où, à l'occasion, on recevait les amis et parfois le prêtre ou le notaire. Voici quel était son mobilier : une grande table en noyer avec ses tréteaux (les tables de l'époque étaient formées d'un plateau posé sur des tréteaux), une petite table avec un tiroir, trois tabourets et trois quaquetoires de noyers (les quaquetoires sont des chaises basses à dos très élevé et sans bras), deux "bancs escabeaux" et deux "escabelles" en noyer (sièges sans bras, bas et à trois pieds), deux grands chandeliers dont l'un avec villole (la villole ou vilhole est un lampion en verre qu'on place dans la bobèche d'un chandelier), un coffre et trois caisses, avec clefs et serrures.

 

Registre-copie-1Dans le coffre, il y avait la comptabilité "livre mémorial des affaires" et les papiers relatifs aux affaires traitées par Isnard Pic : vente ou prêt de blé, vente d'huile, encaissements de loyers, prêts d'argent... Le "livre mémorial" était écrit de la main d'Isnard Pic qui savait donc parfaitement lire, écrire et compter, ce qui était rare à Trans à l'époque.

Les trois caisses contenaient les vêtements du défunt et du linge : draps, nappes et serviettes, rideaux de lit, étoupe. L'inventaire dénombre aussi le matériel de cuisine : une broche en fer, un jeu de landiers en fer (les landiers sont des chenêts), un "cumascle" (crémaillère) à trois branches, deux "oulles" en fer (marmites), une petite et une grande, deux "sartans" (poêles), un broc, une "dourgue" (cruche à bec), douze plats étain, douze "siettes étain" (assiettes) et huit "escudelles étain" (écuelles), un gros pot étain, deux autres pots et un demi pot, une "gresille" en fer (gril), une "ambre" (grosse bouteille) à tenir vinaigre, un "escandailh" à balance (balance romaine) et un gros "escandailh à vergue" (balance qui n'a qu'un bassin et dont le contrepoids marquait les "livres" sur le fléau tirant un quintal).
Dans une petite chambre, tout contre la salle il y avait un lit avec paillasse, matelas et "traversier" (traversin), ainsi qu'une couchette de pin avec paillasse, traversier et "couverte" (couverture) de laine demi usée.
Dans cette pièce, on trouve en outre pèle-mêle : une caisse contenant quelques figues sèches, une mesure pour le blé, douze vieux sacs, huit chemises du défunt, une "mastre avec son crabesel" (un pétrin avec son couvercle), deux chaudrons, un tamis, une jarre, deux demi tables à pain, soixante livres de chanvre, un "banaston aumarine" (une corbeille d'osier) avec quelques figues dedans, quatre livres de graisse...
Des trois pièces de l'étage supérieur, l'une servait de chambre à coucher, l'autre de grenier et la troisième de fenière (grenier à foin).
Dans la chambre à coucher, il y avait un lit de pin avec paillasse, matelas, traversier et couverte de laine. On y trouvait aussi un sac avec deux charges de fruits et six jarres contenant onze coupes d'huile (soit 350 litres).
Le grenier contenait douze charges (environ 20 hectolitres) de blé, une charge (environ 160 litres) de "paumoule" (la paumelle est une espèce d'orge), de la graisse et des haricots secs.
Enfin, dans la fenière, se trouvait un peu de paille et différents petits objets. Le matériel agricole était entreposé dans une autre maison, rue du Pont (actuellement avenue de la Gare). C'étaient les outils habituels : "magau" (houe), "eyssade" (genre de houe), hache, "vibou" (grosse serpe).
Dans la cave, il y avait un matériel vinaire assez important, mais pas de vin pour "être sur la saison de vendange". Pour compléter le tableau, il faut signaler qu'Isnard Pic possédait deux ânesses et deux petites mules (citées dans l'inventaire).
 
Source : D'après un article de Maître Guillaume Barles paru dans la revue sur les traditions provençales "Lou Terraire". Article complété de mes propres connaissances.
 

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02 mai 2017

L'église et les environs vus du ciel

Ed. Ducourtioux - Eglise Couleur 

 

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