Trans en Provence au fil de la Nartuby

Bienvenue à Trans en Provence

J'ai mis en place ce blog sur Trans en Provence pour parler de mon village, de son histoire, de ses habitants, de son passé tout simplement... pour qu'il en soit un petit peu la mémoire. Je ne suis pas historienne, ni spécialiste en quoi que ce soit, mais je suis curieuse de tout. Mes recherches généalogiques m'ont conduite à m'intéresser à l'histoire, la grande et la petite.  

Mon autre blog :  Passion Provence 

http://www.passionprovence.org

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25 juillet 2017

L'immigration italienne à Trans

 

Filature Usine Garnier-1893

 Le personnel de la filature Garnier en 1893. De nombreuses Italiennes y étaient employées. Elles logeaient dans un grand bâtiment au fond de la cour de la filature (aujourd'hui disparu).

Filature Garnier-Vue de l'intérieur

 Intérieur de la filature

La Provence a attiré de longue date les immigrants italiens. Cependant, ce fut entre 1850 et 1960 que l'immigration italienne dans le Var atteignit son apogée. La raison majeure qui poussa ces gens à s'expatrier fut d'ordre économique. Cette immigration alla jusqu'à représenter 15% de la population varoise. A Trans, les Italiens constituaient environ 13% de la population vers 1900. Ils étaient majoritairement d'origine piémontaise et toscane. Lorsqu'on parcourt les registres d'état civil, on trouve citées les localités de Montemale, Orméa, Peveragno, Vignolo, Dronero, Garessio, Boves, Pagliero, Mammola, Schio, Valloriate, Fesoglio, Brossasco, Cuneo, etc... comme étant leurs lieux de naissance. Je ne peux pas les citer tous, mais voici quelques-uns des noms de famille d'Italiens rencontrés au cours de mes recherches dont certains ont toujours des descendants à Trans : Agnese, Ambroggio, Ardoino, Barberis, Barillaro, Beltramo, Bennati, Biale, Borotti, Brondello, Brunengo, Cesana, Chiapello, Dani, Ellena, Faroppa, Ferraris, Ferrero, Garro, Gioffredo, Giraudo, Giusiano, Godano, Lerda, Lequio, Lovera, Mazza, Merlino, Michelis, Minazzo, Ottone, Perugia, Rampini, Sappa, Sciandra, Seno, etc... La plupart des immigrés vivaient dans le village. Les célibataires constituaient un quart de la population italienne. Certains habitaient une chambre chez des parents eux aussi installés à Trans quelques années auparavant et qui étaient venus "en éclaireurs". D'autres mettaient en commun leurs maigres économies pour partager un logement. Les hommes étaient plus nombreux que les femmes à immigrer. Les couples italiens avaient plus d'enfants que les couples français, mais une même famille avait souvent des enfants italiens nés en Italie et des enfants français nés en France, parfois dans plusieurs communes, vu la mobilité des familles. Quel accueil la population locale réserva-t-elle à ces étrangers ? Ce fut d'abord de l'hostilité et de la méfiance envers ces gens qui venaient "manger leur pain". On les qualifiait de "Piantous" (Piémontais), de "Babis" (crapaud) ou encore de "Macaronis". On les accusait d'être cause de chômage ou d'apporter des maladies contagieuses. Au fil des ans, on s'aperçut que ces Italiens étaient des travailleurs acharnés et qu'ils avaient été contraints de quitter leur patrie pour pouvoir nourrir leur famille. "Ce sont des latins comme nous, leurs ancêtres Romains sont venus chez nous il y a bien longtemps, ils sont chrétiens comme nous et ils vont à la même église. Notre langue provençale leur est familière, surtout chez les Piémontais, ils finiront par prendre nos habitudes". Pendant longtemps, les mariages entre Italiens et Transiannes ou Transiannes et Italiens furent mal vus. Mais le bon sens finit par triompher et l'intégration se fit petit à petit en douceur.  

 Ces immigrants exerçaient des professions modestes. Les femmes étaient le plus souvent journalières, employées dans les bouchonneries, les scieries, la fabrique de contreplaqué, beaucoup travaillaient à la filature de soie. Les hommes travaillaient comme ouvriers agricoles, journaliers. D'autres étaient bûcherons (bousquetiers), scieurs, maçons, ou salariés dans d'autres secteurs de l'artisanat. Quelques-uns étaient à leur compte, comme agriculteurs, artisans (cordonniers par exemple) et petits commerçants. A la fin du XIXème siècle, l'ascension sociale italienne était encore très modeste. Mais elle s'accrut au cours du XXème et plus encore après 1950 au temps des Trente Glorieuses *. Elle fut facilitée par la proximité des cultures, par la fréquence des mariages franco-italiens, par la facilité de l'obtention de la nationalité française, par l'intégration à l'école de la République, par le rapprochement de la France et de l'Italie après 1945, alors que de 1880 à 1890 et de 1936 à 1945, les relations des deux pays avaient été très mauvaises.  

  ****************  

* Trente Glorieuses : Les Trente Glorieuses font référence à la période de forte croissance économique qu’a connue entre 1945 et 1973 la grande majorité des pays développés. L'expression a été créée par Jean Fourastié en 1979 en rappel des Trois Glorieuses, journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830 qui avaient fait chuter Charles X.  

   Je vous donne un lien qui parle de l'immigration italienne à La Seyne-sur-mer :  

http://marius.autran.pagesperso-orange.fr/oeuvres/tome3/cite_cosmopolite.html#ancre6  

   ainsi que le lien du blog de Jean-Marie, un ami généalogiste que je vous recommande :  

http://www.geneprovence.com/2006/12/la-provence-t-la-fin-du-xixe-sicle-une.html

Bouquetiers attablés au café du Var

  Bousquetiers Italiens à la terrasse d'un café à Trans.  

Au milieu, Monsieur Lieto (le père de Marcelle), à côté, à gauche, Monsieur Agnese (le père de Jeannot).

 

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17 juillet 2017

Les Latins et les arbres

 

Chênes

Chênes à Trans en Provence (Photo Nadine)

Lorsque les Latins voulaient désigner un ensemble d’arbres ou d’arbustes de même espèce, ils ajoutaient un suffixe – ETUM au nom de l’arbre. Par exemple, OLIVETUM désignait une plantation d’oliviers (OLIVA) et ROBORETUM un bois de chênes (ROBUR, d’où ROUVRE en français, ROURE en provençal). Il faut remarquer d’ailleurs que la langue française emploie encore, pour jouer le même rôle, des termes de même formation, tels que PINEDE ou OLIVETTE.  

Dans la toponymie provençale, ce suffixe, qui a été emprunté au latin se retrouve sous les formes – ET et EDE : le FIGUEIRET caractérise une plantation de figuiers et la ROUREDE est un bois de chênes.  

Voici une liste des noms de lieux de cette catégorie, étant précisé qu’elle n’est pas exhaustive mais qu’elle comporte déjà un assez grand nombre de spécimens.  

Dans cette liste, à côté du nom actuel, figure une forme ancienne lorsqu’elle existe et la traduction est donnée le plus souvent par le dictionnaire le Trésor du Félibrige (Lou Tresor dóu Felibrige) de Frédéric Mistral (1878).  

Aubarède, Albareta : lieu planté de peupliers blancs.  

Avelanède : plantation de noisetiers.  

Bagarède : taillis de jeunes lauriers, bois de lauriers.  

Bletounet, Bletounède, Bletoneda : bois nouvellement planté.  

Bouisset, Bexutum : lieu planté de buis.  

Cadenet, Cadenède, Cadanetum, Cadaneda : lieu couvert de cades.  

Cannet, Cannetum : cannaie, taillis de roseaux.  

Castagnarède : châtaigneraie.  

Corneidère, Cornarieta : bois de cornouillers.  

Fenouillet, Fenouillède : lieu où le fenouil abonde.  

Feouvède : fougeraie, lieu couvert de fougères.  

Figueiret, Figaredum : plantation de figuiers.  

Fraxinetum, Fraxineda : frênaie. Le terme Fraxinetum a plus particulièrement désigné au Moyen Age, le golfe de Saint Tropez, base d’opérations des Sarrasins.

Garoupède : lieu planté de garou ou sainbois (espèce d’arbrisseau).  

Genebreda : lieu planté de genévriers.  

Ginestet, Ginestedum : lieu où le genêt abonde.  

Gourrède : plantation d’osiers.  

Nogarède : noiseraie, lieu planté de noyers.  

Oliverède : plantation d’oliviers.  

Oumède, Olmeta : ormaie, lieu planté d’ormes.  

Oinède, Pineta, Pinetum : pinède.  

Pourraquède : lieu planté d’asphodèles.  

Rourède, Rovoretum : chênaie.  

Sanguinède : lieu couvert de cornouillers sanguins.  

Suveret, Suveretum : bois de chênes lièges.  

Tremoureda : bois de peupliers.  

Vernet, Vernède, Vernetum, Verneta : bois d’aulnes.  

Vorzeda : lieu planté d’osiers noirs.  

   

Il est à noter qu’à côté de la formation en EUTUM, on trouve une formation en – IER, IERE qui joue le même rôle : BOUISSIERE, CADENIERE, FENOUILLERE, GINESTIERE, etc…  

   

Source : "Lou terraire" (Le terroir) Revue culturelle provençale.

 

Oliveraie

 

Oliveraie (Carte postale)

 

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03 juillet 2017

La carraire des Bois Routs

Transhumance

Il existe à Trans en Provence un quartier qui porte le nom de quartier du Bois Rout ou des Bois Routs. Ce quartier comporte une carraire. Je vais d'abord vous donner l'explication de l'étymologie de ce quartier et ensuite quelques renseignements sur les carraires.  

Pourquoi le Bois Rout ? Au sortir des guerres de Religion, la situation financière de Trans était catastrophique. On évaluait le montant total des dettes de la Communauté à 20.000 écus, ce qui représentait à peu près la valeur totale de l'ensemble des propriétés privées du terroir. Pour éteindre ce passif qui s'accroissait sans cesse d'intérêts et de frais de prodédure, l'impôt n'était pas suffisant. Il fallait créer des ressources extraordinaires. Après avoir envisagé plusieurs solutions, on décida d'affermer une partie de la forêt communale en vue de son défrichement. La commune de Trans était propriétaire d'un vaste domaine boisé qui comprenait la forêt de la Darboussière (endroit planté d'arbousiers) ainsi que le quartier rural contigu, que l'on appelle actuellement le Bois Rout. Cette dernière partie de la forêt communale se dénommait alors l'Euzière (endroit planté de chênes) ou encore le Gros Bois. On décida de la louer par lots, avec obligation pour les locataires de défricher et de semer du blé, le tout moyennant une redevance destinée au paiement des créanciers de la commune. L'opération fut réalisée en 1604. Elle eut pour conséquence le défrichement de cette partie du terroir, que l'on ne tarda pas à appeler le Bois Rout, c'est-à-dire, le bois rompu, ce qui voulait dire en provençal de l'époque, le bois défriché.  

   Source : D'après le livre "Trans en Provence" de Guillaume Barles - 1982.     

Les carraires  

   Du provençal carrairo. A désigné d'abord la voie carrossable. Tombé en désuétude dans le sens de chemin-route, il a été conservé en provençal pour désigner les voies de transhumance. Ces voies ont, depuis toujours, été cause de conflits entre les riverains (propriétaires terriens) et les utilisateurs (bergers transhumants). Sans doute, l'antique rivalité entre nomades et sédentaires, mais aussi des torts réciproques : dégâts causés par ces migrations, d'un côté, et empiétement et restriction de la carraire, de l'autre. Les archives des parlements (celui d'Aix en particulier) sont pleines de relations de procès, d'ordonnances, de droits de passage accordés puis refusés, de taxes diverses dont une de "pulvérage" (de poussière) relatifs à ces conflits. Jusqu'à une époque que l'on peut situer au milieu du XIXe siècle, les éleveurs groupaient leurs troupeaux jusqu'à en arriver à des effectifs de 50 à 70.000 têtes divisés en troupeaux (scabots) de 4 à 6.000 têtes se suivant à peu de distance. Le tout, encadré par plus d'une centaine de bergers, formait une force capable de se frayer un passage partout où cela était nécessaire. Car les riverains empiétaient peu à peu sur ces voies lorsqu'elles empruntaient des zones cultivables. Ceci devait aller en s'accentuant, avec l'amélioration des techniques culturales et le développement démographique. Au début du XXe siècle, il ne subsistait des carraires que quelques tronçons dans les garrigues ou les rochers. Le réseau routier prenait alors le relais. Puis, à partir des années 30, commencèrent les déplacements par voie ferrée. Ils furent stoppés durant les années de guerre. D'ailleurs, le rail ne résolvait pas entièrement le problème car les gares terminus étaient parfois encore à plusieurs jours de marche des pâturages. Les transports par camions se sont maintenant généralisés ; ces camions, d'une contenance de 400 à 500 bêtes peuvent faire le trajet entre 4 et 8 heures.  

       Source : benjamin.lisan.free.fr/bergersdefrance  

Arrêté des carraires

Les carraires sont issues de coutumes remontant au XIIe et XIVe siècle instaurées par les Comtes de Provence. Les seigneurs donnèrent le droit de passage pour permettre le passage des troupeaux de moutons partant de la basse Provence (Bouches du Rhône, Var) vers la haute Provence, lors de la transhumance.  

Il y avait, semble-t-il les petites carraires qui servaient à faire circuler les troupeaux dans l’aire de la communauté et les grandes carraires qui servaient à traverser toute la Provence. L’assiette de ces passages n’était pas fixe et dépendait des cultures. Les propriétaires n’étaient pas dépossédés du sol sur lequel elles étaient tracées. Alors que les carraires étaient tombées quelque peu en désuétude, un arrêté du parlement de l’ancienne province de Provence du 21 juillet 1783 imposa leur rétablissement. Il les soumit à un régime spécial qui prévoyait la détermination de leur assiette et de leur largeur ainsi que des dates annuelles avant lesquelles elles devaient être fixées. D’autres arrêtés ont prescrit à nouveau leur rétablissement et les mesures pour constater leur existence, leur maintien ou leur suppression.  

  Nature juridique de la carraire :  

   La carraire est une servitude d’utilité publique au profit d’un usage particulier : la transhumance. Si anciens que soient ces chemins, les propriétaires ont le droit de s’opposer à leur utilisation par des tiers pour un usage autre que le passage des troupeaux. Aujourd’hui, avec l’abandon des transhumances, les carraires auraient dû disparaître. Seule la commune pourrait décider de la reconstitution d'une carraire en fonction des besoins de transhumance. Sur certains plans cadastraux il est fait mention de carraires. Certaines communes en ont même fait des chemins ruraux, propriété de la commune. Les propriétaires à qui on impose ce passage sont en droit de le contester, en démontrant par titres, plans, archives et rapports d’expertise qu’il s’agit d’une carraire.  

   Source : “La Circulation en forêt” - Edition L’Harmattan -  

Carraire

 

27 juin 2017

L'origine des armoiries de Trans

Armoiries-de-Trans

On ne trouve aucune mention d'armoiries communales avant la fin du XVIIe siècle. Elles apparaissent en fait en 1696 à la suite d'une réglementation édictée à la fin du règne de Louis XIV. A cette époque, le gouvernement royal avait de grands besoins d'argent provoqués notamment par les dépenses des guerres. Pour se procurer les ressources nécessaires, le gouvernement eut finalement recours à toutes sortes d'expédients dont on a souvent souligné le caractère parfois ridicule : par exemple, la création des offices de jurés mesureurs de charbon et celle de jurés crieurs d'enterrements. C'est ainsi qu'en 1696, obligation fut faite à toutes les communes de posséder des armoiries et de les faire enregistrer dans le grand Armorial général de France, ce qui devait entraîner évidemment le paiement d'une taxe. On pensait que le fait de posséder des armoiries flatterait la vanité des communes qui n'en avaient pas encore. Ce calcul ne se révéla pas toujours exact. En particulier le Conseil communal de Trans, dans sa séance en date du 2 juin 1697 répondit : "La Communauté n'a pas besoin d'armoiries et ne prétend n'en avoir aucune dans la suite, surtout à cause de la grande pauvreté". Evidemment, la commune dut s'incliner et se choisir des armoiries qui furent celles de la famille seigneuriale de Trans : les de Villeneuve. Elles furent enregistrées au grand Armorial général de France avec la description suivante : "De gueule, fretté de six lances d'or, entre-semé de petits écussons de même, et sur le tout, en coeur, un écusson d'azur, chargé d'une fleur de lys d'or". A la fin de l'Ancien Régime, apparaissent d'autres armoiries qui sont mentionnées dans le dictionnaire d'Achard publié en 1785 et qui sont ainsi décrites : "D'azur, à un pont à deux arches d'or, avec trois fleurs de lys du même en chef ; l'écusson surmonté d'une couronne de marquis". Il n'est pas possible de fixer l'origine de ces nouvelles armoiries, ni la date de leur apparition. Faut-il y voir le désir de différencier les armoiries de la commune de celles du Seigneur ? Ce n'est pas impossible mais ce n'est pas certain. Ces nouvelles armoiries paraissent avoir été adoptées par la commune. En effet, lorsqu'un décrêt du 17 mai 1809 prescrivit qu'aucune commune ne pourrait prendre d'armoiries avant d'en avoir obtenu l'autorisation de l'Empereur Napoléon Bonaparte, une délibération du Conseil municipal de Trans, du 26 novembre 1809 demanda "que les armoiries particulières de cette commune fussent composées d'un écusson d'azur au pont à deux arches d'or ; et d'un chef de gueule au lion passant aussi d'or, et que cet écusson fut ceint et entouré de branches de laurier, le pont composant les anciennes armes". On voit que le lion devait remplacer les fleurs de lys. Mais il semble que cette demande n'ait jamais eu de suite. Depuis lors, Trans a toujours utilisé ses doubles armoiries, l'une inscrite au grand Armorial de France et l'autre au dictionnaire Achard.  

   Source : D'après un texte de Guillaume Barles

Barre fleurie

  

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21 juin 2017

Le puits aérien

 

Puits-aérien1

 Le puits aérien (carte postale - collection personnelle de Nadine)   

       Avez-vous déjà entendu parler du puits aérien de Trans en Provence ? Le constructeur de cet ouvrage, un ingénieur belge, Monsieur Achille Knapen est venu à Trans vers la fin de sa vie professionnelle. Né à Mons en Belgique le 29 septembre 1860, il s'est éteint à Trans le 26 juillet 1941. Il est enterré dans le cimetière de la commune. Lauréat de la Société des Ingénieurs civils de France, Chevalier de la légion d'Honneur, Achille Knapen est connu dans notre village pour avoir bâti une construction unique en Europe : le puits aérien. Il a fallu un an et demi pour construire ce puits dont la vocation était la récupération de l'humidité atmosphérique pour fournir de l'eau potable aux contrées dépourvues de sources naturelles. C'est lors d'un "Congrès de l'eau" tenu à Alger, en janvier 1928, qu'Achille Knapen, avait fait mention pour la première fois de son projet. Ce congrès avait fait ressortir l'importance du problème de l'eau en signalant les pertes immenses que la pénurie occasionnait périodiquement pendant les années sèches aux cheptels et aux populations. A l'issue de ce congrès, les membres avaient donné leur feu vert à l'idée de Monsieur Knapen. Un site algérien sur les hauts plateaux près de Chelala avait même été envisagé pour mettre cette idée à exécution. La configuration des lieux avait été jugée intéressante par rapport à la topographie. L'idée fit quelques temps son chemin mais il semble que des considérations autres que techniques ont entravé ce projet et n'ont pas permis de le mener à son terme. Monsieur Kanpen qui était d'un caractère obstiné, ne se laissa pas abattre pour autant.

Puits-aérien2

Carte postale des années 60 - collection personnelle de Nadine

Il lui fallait absolument trouver un lieu pouvant se rapprocher climatiquement des pays chauds et il le trouva à Trans. Les travaux de mise en état furent terminés fin mai 1930. Le 14 juillet, la construction de la masse centrale, en béton de grenailles, de porphyre et de mortier de ciment était achevée, contenant le puits d'un mètre de diamètre ménagé au niveau du sol jusqu'à 9 mètres de hauteur. Le 14 juillet 1931, la calotte massive de 4 mètres d'épaisseur recouvrant les voûtes et les entrées d'air supérieures, était achevée à son tour.

Puits-aérien-intérieur

 Les ardoises les plus hautes sont encore en place, les autres ont été cassées
    (Photo internet)

    Quelques jours après, on fichait 3000 ardoises obliques et de champ sur les parois de la masse centrale revêtue d'un enduit au mortier maigre de 30 millimètres d'épaisseur.
    Dans le haut, un tuyau métallique traverse l'enveloppe de béton pour déboucher à l'extérieur et la dépasser de 50 centimètres afin de demeurer par son orifice supérieur, en contact permanent avec l'air libre.
    Les travaux de construction du puits aérien ont bénéficié de la présence à Trans de nombreux immigrés italiens qui, pour une bonne partie d'entre eux, ont quitté leur pays entre 1922 et 1923. Ces italiens avaient une réputation de bâtisseurs. Ils étaient pour la plupart des salariés des établissements Fournial. Dans la liste de ces participants à cette construction on trouve les noms de Chiambrino père et fils, Minazzo, Garro, Ferrero, Gerbino, etc...
    Précision : le dôme extérieur est constitué de pierres calcaires assemblées par du ciment gris. Ces pierres sont abondantes sur le terroir de Trans notamment au quartier de "Terre blanche". C'est là que des carrières situées à environ deux kilomètres du puits ont été ouvertes. Le transport était assuré par la famille Gerbino qui disposait de plusieurs chevaux de trait ainsi que du matériel de transport, les fameux "tombereaux", qui sont des sortes de charrettes basculantes destinées à transporter des matériaux en vrac et dont les côtés sont pleins et en forme    d'auge. La capacité de ceux-ci, 2 mètres cube, était importante pour l'époque. Il était nécessaire d'atteler deux forts chevaux ensemble car les chemins étaient sinueux et en plus mauvais état qu'aujourd'hui. De plus, le poids des attelages formait en permanence des ornières, ce qui était encore plus difficile... Une fois transportées sur place, les roches étaient entassées non loin de là. L'un des équipiers de ces "muratori" (maçons en italien) surnommé "Baffi" (moustaches) passait ses journées à façonner les belles pierres, celles qui resteraient apparentes. Elles étaient ensuite amenées sur place parmi les éclats de la taille et servaient de remplissage de l'épaisseur des murs qui atteignait deux mètres cinquante.
 

Puits-aérien-et-villa-Knappen

 Le puits aérien et la villa Knapen

Hélas, le puits aérien de Trans ne tint pas ses promesses. En cherchant un climat approchant de l'Afrique, Monsieur Knapen avait songé à des températures variant la nuit de 4° en dessous de zéro à 11°. Il était loin du compte à Trans où pendant les mois d'été, les différences ne sont que de quelques dégrés. Il ne récolta donc que la valeur d'un seau dans les meilleures nuits. Le projet extrêmement valable pour la terre africaine ne connut aucune suite et c'est dommage car aujourd'hui la sècheresse y pose d'angoissants problèmes.

Puits-aérien-coupe

     Coupe schématique du puits aérien (document brochure du Syndicat d'Initiative de Trans en Provence).

    (1) le haut de la cloche avec le tuyau métallique qui prend l'air à l'extérieur
    (2) Cinq rangées d'ouvertures supérieures
    (3) Deux rangées d'ouvertures inférieures
    (4) Assise de l'ouvrage et citerne de stockage de l'eau

Sources : D'après le panneau explicatif de l'Office de tourisme situé près du puits aérien et le livre de Max Lambert (un transian) - Le puits aérien de Trans en Provence Editions Campanile 2002.

Puits aérien-Vue aérienne

Si vous passez par Trans, n'oubliez pas d'aller voir le puits aérien. Pour en savoir plus, je vous conseille ce lien :   

http://www.histoire-eau-hyeres.fr/612-puits_aerien.html

 

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15 juin 2017

La première horloge de Trans

 

L'église et la fontaine

Les habitants du lieu de Trans voyant leur chef-lieu de viguerie, Draguignan, doté, depuis longtemps d'une horloge, voulurent, à leur tour, en avoir une. Pour une localité industrielle comme l'était déjà Trans en 1538, ce n'était pas seulement du luxe, c'était une nécessité. Aussi, en sa séance de janvier de cette année là, le conseil nomme deux délégués : un conseiller et un lieutenant de juge, pour "cueilly tout ce que porran trobar per fayre ung relloge" (pour recueillir tout ce qu'ils pourront trouver pour faire une horloge). Qu'est-ce qu'il pouvait bien chercher et recueillir dans le vieux "massaquin" (magasin) de la communauté ? Ce garde-meuble était-il riche en ferrailles ? Et voulait-on les donner en échange de l'horloge tant convoitée ? Les archives n'en disent rien, mais il est à croire que ni le fer, ni l'argent n'abondaient dans les coffres communaux, puisqu'il n'est plus question d'horloge dans les délibérations communales jusqu'en 1543. En cette année, le conseil délibère de nouveau de faire fabriquer "ung reloge" et, comme on la désire toute pareille à celle de Draguignan, dans la même séance, un délégué est nommé à qui l'on vote quatre gros (monnaie de l'époque) pour ses dépenses "per anar mesurar lou reloge de Draguignan" (pour aller mesurer l'horloge de Draguignan). Il paraît que ces Messieurs du conseil étaient pressés d'entendre sonner les heures du haut de la tour de leur église ; car immédiatement après ils décident de prendre la "campana devers Saint-Esprit et la mettre au reloge pour le service de la villo" (Note de Nadine : ils décident de prendre la cloche qui était à Saint-Esprit : la maison de Saint-Esprit était la maison de ville ou maison commune et de la mettre à l'horloge pour le service de la ville), à condition de fondre "ung altre campana" (une autre cloche) de même poids et dimensions. Dans une séance postérieure, le conseil, craignant, sans doute, de ne pas trouver à Draguignan ce qui était nécessaire, envoie un de ses membres à Aix, "per ana compra de matieres per fare la campana, so es jusqu'à la somme de huit quintaulx" (pour aller acheter des matériaux pour faire la cloche et ce jusqu'à la somme de huit quintaux), et vote 140 florins 4 gros pour la facture de "l'oreloge" (l'horloge) et une taille de 100 florins pour payer le "methal" de la cloche. Malgré les 100 florins votés, on n'eut pas assez de matière pour fondre une cloche pareille à celle de Saint-Esprit. Aussi le conseil ordonne que "le methal de la campana sio creyssut... de ce que sera necessari" (le métal de la cloche soit accru... de ce qui sera nécessaire). Cette fois, il ne fut pas besoin de députer jusqu'à Aix pour cet accroissement, ce fut Brignoles qui eut l'honneur de la fournir, et le trésorier dut compter 16 florins "a un merchant" (à un marchand) de cette ville pour solde du "methal" (métal) de la cloche. Enfin, l'horloge fut placée sur la tour de l'église ; on avait acheté une corde pour les poids, du prix de 12 sols. Vous croyez qu'on va confier le soin de la règler, soit à un horloger, soit, au moins, comme on fait aujourd'hui dans la plupart de nos villages, ou il serait trop onéreux d'en appeler un de la ville, ou bien au "fabre" (forgeron) ou au serrurier ? Détrompez-vous ; c'est à "dono Honnorado Piquesse" (Note de Nadine : dame Honnorade Piquesse, nous avons là l'exemple d'un nom de famille féminisé comme je vous l'ai expliqué dans mon article sur l'étude de noms de famille de la Garde-Freinet dans mon autre blog ; Piquesse = Pic), à laquelle on alloue 6 florins par an, "per ses gages dau reloge" (pour ses gages de l'horloge). En 1565, Dono Piquesse est remplacée par un "gouverneur" de l'horloge et le conseil lui vote 12 florins "per lous gages de governa lou reloge" (pour les gages de s'occuper de l'horloge). C'est toujours 12 florins que vote le conseil de la communauté, en 1570, "per governa et condurre lou relloge" (pour gouverner et conduire l'horloge) ; en 1538, pour "le governement du reloge" (pour le gouvernement de l'horloge). Mais tous ces gouverneurs, conducteurs, pas plus que dono Piquesse ne parvenait à la conduire et à la gouverner d'une manière régulière, on pouvait dire à la lettre qu'elle marchait comme "les affayres de la vilho" (les affaires de la ville) qui ruinée par les Impériaux en 1530, saccagée par les assiégeants du château en 1579, était encore menacée par les Piémontais en 1635. Le conseil décida, à cette date, de charger le prieur de la surveillance et de la direction de l'horloge. Marcha-t-elle mieux ? La question reste posée...

Auteur : Marius Sivan - Revue de Cannes et du littoral

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   Explication du mot "viguerie" : Juridiction administrative médiévale apparue à l'époque carolingienne. Cependant, avec le déclin du pouvoir central, la viguerie est devenue au fil du temps la juridiction la plus petite, s'occupant des affaires courantes. Elle est administrée par un viguier. Les vigueries ont disparu en grande majorité en 1749 suite à un édit supprimant les petites juridictions, à l'exception de la Provence où elles ont survécu jusqu'à la Révolution.

Le clocher

Le clocher et son campanile (Photo Nadine)  

     

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07 juin 2017

Fresques sur des carreaux de faïence

De temps en temps, je me balade dans le village avec mon appareil photo.
Je dis toujours le village, mais nous sommes à présent officiellement 5579 habitants (calendrier des Postes 2017). Alors, Trans en Provence, gros village ou petite ville ?
Donc, je me promène et je fais des photos pour vous montrer mon village.
A la rue du Bachas, j'ai découvert sur un mur ces jolis carreaux de faïence.
A noter que Bachas vient du provençal
bachas qui signifie : auge, bassin, fosse, cloaque. Par allusion sans doute au fossé qui entourait le château seigneurial qui a été détruit pendant les Guerres de religion en 1579.
Il y a trois fresques qui représentent :
- La fontaine devant l'église qui a été classée en 1926 à l'initiative d'un élu amoureux de son village et féru d'histoire afin d'éviter qu'elle ne soit démolie, car elle gênait un maire qui ne parlait pas encore de conservation du patrimoine à l'époque.
- Les cascades de la Nartuby avec ses ponts.
- La fontaine de la place de l'Hôtel de ville.

Trans-faiences-Mur

Trans-faiences-fontaine1

Trans--faiences-cascades

Trans-faiences-fontaine2

 

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01 juin 2017

Heurtoirs de porte à Trans

Heurtoir-main

Heurtoir-cheval

Deux heurtoirs à Trans en Provence (Photos Nadine)

 Un heurtoir ou marteau de porte est un accessoire fixé sur la face extérieure d'une porte d'entrée, dont une partie est articulée et peut être frappée sur le reste de l'objet ou sur la porte afin d'émettre un bruit, et ainsi permettre aux visiteurs de signaler leur présence aux occupants.

La partie mobile, suspendue, prend le plus souvent une forme d'anneau, jouant le rôle d'anneau de tirage, de maillet ou de marteau.

Les heurtoirs sont généralement faits de métal, et peuvent être plus ou moins richement décorés par exemple d'une figurine en bronze qu'on appelle marmouset.

Cloche-avec-chaine

Bien entendu, ceci n'est pas un heurtoir mais une cloche.

J'ai trouvé amusant de faire la photo parce que regardez bien la chaîne et la poignée, il s'agit des accessoires d'une chasse d'eau ! Certaines personnes y passent devant tous les jours sans rien remarquer.

A vous de trouver la maison. Un indice : elle se trouve dans la rue Nationale.

 

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26 mai 2017

Couchers de soleil sur Trans

 

Trans-coucher-de-soleil-1

Trans-coucher-de-soleil--2

Trans-Terre-Blanche-1

Trans-Terre-Blanche-2

Trans-coucher-de-soleil-3

Trans-Eglise-a-contre-jour

J'ai pris ces photos de couchers de soleil à Trans en Provence. Les quatre premières au quartier de Terre Blanche, la cinquième, de ma fenêtre, derrière chez moi, un jour de fort mistral et la dernière, l'église à contre jour, vue de la rue de La Motte.

 "Ce n'est pas la lumière qui manque à notre regard, c'est notre regard qui manque de lumière".
Gustave Thibon (Philosophe français 1903-2001)

   

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