Trans en Provence au fil de la Nartuby

Bienvenue à Trans en Provence

J'ai mis en place ce blog sur Trans en Provence pour parler de mon village, de son histoire, de ses habitants, de son passé tout simplement... pour qu'il en soit un petit peu la mémoire. Je ne suis pas historienne, ni spécialiste en quoi que ce soit, mais je suis curieuse de tout. Mes recherches généalogiques m'ont conduite à m'intéresser à l'histoire, la grande et la petite.  

Mon autre blog :  Passion Provence 

http://www.passionprovence.org

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03 septembre 2015

Eloge de Trans en Provence dans le journal Var-matin

Cet article est paru dans l'édition du Var-matin du 23 août 2015. Son titre : Cinq bonnes raisons d'aller à Trans-en-Provence. Pour celles et ceux qui ne l'ont pas lu, je me permets de vous le restituer avec les photos. J'ai rectifié quelques erreurs d'orthographe et historiques inévitables dans les articles de journaux.

Trans Var-matin 1

Vous n’avez pas la chance de partir ou vous arrivez dans le secteur ? Voici une idée de destination en Dracénie avec quelques étapes dépaysantes pour occuper vos loisirs.

Trans Var-matin 2

1. Découvrir le puits aérien

Spécimen unique en France, le puits aérien domine le village de son élégante silhouette. Cette construction de 1931, ressemblant à une cloche en maçonnerie, a été conçue par un ingénieur belge, Achille Knapen, lauréat de la Société des ingénieurs civils de France. Cet inventeur étudiait à l’époque les questions relatives à l’humidité de l’air et des constructions. Ce projet de puits aérien, prévu à l’origine en Algérie, fut finalement réalisé sur les hauteur du village. Cet ensemble constitué de roches calcaires, assemblées selon la technique des pierres apparentes, devait permettre de récupérer l’humidité nocturne par condensation pour irriguer les cultures. Un véritable essai grandeur nature de récupération de l’humidité atmosphérique pour obtenir de l’eau. Conçu à l’origine pour l’Afrique, il ne fonctionnera jamais : M. Knapen avait basé son projet en songeant à des températures la nuit oscillant entre - 4 et 11 degrès, alors qu’à Trans, les différences ne sont que de quelques degrès l’été. Aujourd’hui, ce puits fait partie du patrimoine local et est l’une des curiosités touristiques qui peut se découvrir lors d’une randonnée pédestre. Depuis l’ancienne voie ferrée jusqu’à la montée de la Cotte.

2. Balade le long de la Nartuby

Trans Var-matin 3

Le cadre est enchanteur d’un pont à l’autre. Avec d’un côté une Nartuby calme et paisible où il n’est pas rare d’apercevoir des canards qui s’ébrouent. Puis, un peu plus bas de petites "marmites", creusées dans des rochers de tuf, avant d’aboutir sur de magnifiques cascades d’une quinzaine de mètres ! La balade qui peut s’effectuer sur un chemin piétonnier le long des berges permet également de découvrir les vestiges de l’ancienne filature de soie et le lavoir communal, témoins d’un passé révolu.

3. L’église Saint-Victor

Trans Var-matin 4

Située rue Nationale, en plein coeur du village, cette église, richement décorée et dédiée à Saint-Victor, a connu bien des déboires. Elle existait déjà au XIIIe siècle, entourée d’un cimetière, comme cela était la coutume, avant d’être reconstruite en 1490 et consacrée en 1496 par l’évêque de Fréjus. Quarante ans plus tard, les troupes de Charles Quint envahirent le village et incendièrent la paroisse. Elle fut alors reconstruite, entre 1536 et 1545, avant d’être agrandie deux fois au XVIIe et au XVIIIe siècle pour accueillir plus de fidèles. Puis au XVIIIe furent construits les fonts baptismaux, et fut installé un cadran solaire sur la façade sud du clocher. Des améliorations furent encore apportées avec un maître-autel en marbre et des cloches ajoutées aux deux anciennes : Roch et Victor. De magnifiques vitraux, d’une rare finesse, réalisés par un maître verrier Parisien, complètent l’ouvrage.

4. Fontaines, chapelles et... château

Trans Var-matin 5

Inutile de chercher bien loin pour apercevoir la richesse du patrimoine local. Trois chapelles (Saint-Roch, Saint-Victor et Notre-Dame) ont été érigées à l’entrée et aux sorties du village. En plein centre, non loin des cascades, on découvre aussi l’ancien hôtel de ville construit sur les ruines de l'ancien château féodal appartenant à la famille seigneuriale de Villeneuve. Sa façade de style Louis XV est particulièrement remarquable. Tout comme les fontaines des places de l’Eglise, de l'Hôtel de ville ou de la Victoire.

5. Visiter une oliveraie

Trans Var-matin 6

Située à la sortie du village en direction des Arcs, l’oliveraie de la Bastide Blanche s’étend sur 4,6 hectares. Cette exploitation familiale, de culture biologique, propose sur rendez-vous une visite de ses installations et du verger d’oliviers. L’occasion pour Annick Poupon d’évoquer le mode de culture, la taille, la récolte et de faire découvrir les différentes variétés d’olives (Cayon, Picholine, Ascolanta).

 Oliveraie de la Bastide Blanche, 759 chemin des Crouières à Trans-en-Provence.

(Photos de l'article M.J. ET E.E.)

Nadine vous suggère de venir visiter Trans dans le cadre des Journées du Patrimoine par exemple. Une petite balade pour le week-end des 19 et 20 septembre 2015.

 

17 août 2015

La mise en service de la Gare de Trans en 1864

La-Gare

Le 29 septembre 1864, le journal "Le Var" publiait l'article suivant : "Avant hier mardi vers les onze heures de la matinée, une foule nombreuse se pressait aux abords de la voie ferrée dans la direction de Trans. On avait annoncé qu'à ce moment de la journée arriverait le convoi destiné à transporter les ingénieurs qui devaient faire la réception des travaux et il n'avait pas fallu davantage pour provoquer la curiosité publique. Une grande affluence de nos concitoyens ont assité à cette solennelle apparition de la locomotive sur le railway, dont elle prenait désormais possession... Après quelques instants d'attente, la foule qui stationnait le long du parcours de la voie, n'a pas tardé à apercevoir le blanc nuage de fumée vomi par la machine, se répandre dans les airs, puis à saluer le coursier de feu remorquant un élégant salon dans lequel se trouvaient les hommes de l'art, qui procédaient à l'opération de la réception des travaux et diverses notabilités invitées à cette inauguration de notre embranchement. Un banquet a réuni ensuite à l'hôtel Bertin à Draguignan les notabilités dont nous venons de parler. Dans quelques jours, nous l'espérons, la voie sera livrée au public et notre ville, ainsi que toute la région qui l'entoure pourra jouir des avantages de ce précieux instrument de progrès que la bienfaisante sollicitude du Gouvernement Impérial a mis à la disposition de nos concitoyens". L'ouverture à la circulation de l'embranchement des Arcs à Draguignan eut lieu le mardi 18 octobre 1864. "Depuis 6 heures du matin jusqu'à 10 heures du soir, écrit "Le Var" du jeudi 20 octobre, le mouvement a été considérable sur la ligne, chaque convoi qui arrivait amenait un grand nombre de voyageurs". Et le même journal ajoutait : "Ce début est d'un heureux augure, tant pour la compagnie du chemin de fer que pour l'industrie et l'agriculture de notre pays, auxquels les plus importants débouchés seront ouverts désormais".

La-gare-bâtiment

Nota : La gare de Les Arcs-Draguignan, sur la commune de Les Arcs-sur-Argens, est ouverte le 1er septembre 1862 par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM). Elle est située sur la ligne Toulon-Nice. Les voies seront électrifiées le 23 septembre 1965. La gare est desservie par les trains TER (Provence-Alpes-Côte d'Azur). Cependant, la gare de Trans n'est plus en service de nos jours et les rails ont été supprimés. Le départ de la préfecture pour Toulon a eu raison de notre gare qui n'avait plus de raison d'être désormais et cela est bien dommage pour les usagers ! Des bus desservent la ligne Draguignan-Trans-Les Arcs.

10 août 2015

Nostalgie des papiers d'antan

Enveloppe Corneille et Fabre 21 février 1862

Enveloppe Fournial Frères 1887

Enveloppe Fournial Frères 1888

Papier en-tête Guiol et Dany 1893

Je partage avec vous quelques enveloppes trouvées sur internet ainsi qu'une facture à en-tête. La première vient des établissements Corneille et Fabre à Trans, elle est datée du 21 février 1862. Messieurs Corneille et Fabre étaient les propriétaires de la filature de soie. Elle est adressée à des négociants à Lyon. Les échevaux de soie partaient pour Lyon dans les usines de tissage par le chemin de fer dont la ligne qui passait à Trans fut inaugurée en 1864.

La deuxième provient des établissements Fournial Fréres à Trans, elle est datée de 1887.

La troisième vient des mêmes établissements Fournial. En haut de l'enveloppe on lit : Grande caisserie mécanique. Caisse de tous genres. Débitées et livrées en bottes prêtes à être clouées. Monsieur Honoré Fournial (L'aîné) était un grand industriel transian. Il avait développé plusieurs industries (Scierie, Caisserie, Contre-plaqué, etc) ainsi que l'usine électrique sur la Nartuby (qui existe toujours). C'était l'énergie motrice de l'eau qui permettait à toutes ces usines de fonctionner. On peut encore voir des vestiges des dérivations qui permettaient à la rivière d'amener l'eau pour faire tourner les turbines. L'enveloppe est oblitérée de 1888.

Le quatrième document est une lettre à en-tête des établissements Guiol et Dany. On lit dans le coin gauche : Fabrique de savons et d'huiles d'olive. Marques déposées. Usines à vapeur à Trans (Var). La lettre porte la date du 2 novembre 1893.

J'en ai d'autres en réserve. Patientez jusqu'aux prochaines correspondances...

Usine-electrique-et-chutes

L'usine électrique vue du pont Bertrand

 

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12 juin 2015

Construction des portes de la ville (1580)

 Pour mieux comprendre le texte qui suit, je vous donne un résumé de la situation en Provence après l'épisode des guerres de Religion.

Après plus de dix années de guerre entre catholiques et protestants de Provence, une lassitude profonde conduit un groupe de communes importantes (Draguignan, Fréjus, Brignoles, Lorgues, Grasse, Saint-Paul) à refuser de contribuer financièrement et matériellement à l'effort de guerre exigé par le chef du parti catholique, Jean de Pontevès, Comte de Carcès, lieutenant général de la province. Pour se défendre contre l'armée de Carcès, les communes s'allient aux seigneurs huguenots (1576) et deviennent le parti des "Razats", opposé au parti des "Carcistes". Les Razats finirent par avoir le dessus. En 1579, Catherine de Médicis vint à Aix pour apaiser ces troubles.

Lei razcassettos

Lei razcassetos

Assistant à la Fête-Dieu et en particulier aux jeux des razcassetos, elle demanda des explications. Un plaisant lui répondit que c'était les razats qui peignaient un carciste. C'est le jeu des lépreux de l'Évangile. Ils sont quatre, mais peuvent être plus nombreux. Trois sont comme tondus, le quatrième a une perruque et le jeu consiste à la lui peigner et brosser, tandis qu'il saute de tous côtés pour échapper aux autres.

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Au mois de novembre 1579, le pays se remettait à peine des terribles épreuves qu'il venait de traverser (guerres de Religion). L'absence totale de délibérations du Conseil de la Communauté entre le 19 mai - date de l'élection du nouvel état par devant Maître Antoine Garrus Procureur au siège de Draguignan, commissaire délégué - et le 2 août date à laquelle reprend le cours régulier des assemblées municipales, semble bien indiquer que trois mois après la prise du château de Trans, la vie du pays recommençait à peine. La majeure partie de la population avait fui lors de l'occupation carciste (gens du parti catholique), elle dut retrouver le village ruiné et beaucoup de maisons détruites. Bien qu'il ne soit pas possible de déterminer avec précision l'importance des destructions, on peut cependant en juger par les dégradations subies par les édifices communaux. La maison de Saint Esprit (actuellement n° 5 de la rue de La Motte) ne recommença à abriter les assemblées qu'à partir de septembre : auparavant "elle se trouve déroutée et inhabitable". Des trois moulins à blé l'un était "rompu" et à la fin de 1579, les dépenses durent être engagées pour le réparer. Ensuite, dès le 1er septembre, le Conseil députait les consuls et le greffier à Draguignan, "pour avoir avis de faire faire estimer le dommage qui a été fait à Trans".

Peste

Cependant, un autre souci allait s'ajouter à celui de la restauration ; la peste ! L'effrayante maladie ; qui existait alors presque à l'état endémique, n'avait plus fait d'apparition dans le pays depuis mai 1577 et encore cette fois là l'alerte avait été de courte durée. C'est dans le courant de novembre que les consuls de Draguignan avisèrent ceux de Trans d'avoir "à si barricar". Aux époques de peste, le premier soin des municipalités était en effet d'interdire l'accès des villes. Comme le pays n'avait ni reparts, ni portes, des barricades étaient dressées aux issues du village. La garde s'y prenait à "capage", c'est-à-dire que chaque habitant la prenait à tour de rôle à peine d'amendes pour les défaillants. L'accès était interdit à quiconque n'était pas porteur d'une "boletine" (laissez-passer) délivrée par la municipalité. Les voyageurs suivaient un chemin que l'on ouvrait dans le Claus du Seigneur (Nota : la propriété du Claus est devenue plus tard vers 1760, le parc du nouveau château). Sitôt la nouvelle arrivée, les consuls font élever des barricades - à des endroits qu'il est difficile de préciser, par exemple : "as glaudes", "auprès la maison de Jean Pierre Nas", "à la grande carrière", "auprès la rivière", vraissemblablement aux emplacements où seront les portes de Saint Roch et de Notre Dame, "au Ponçonnet" (rue des Baumes) et "près de la rivière entre la place et la route". On commet un portanier (portier) : Jean Rey et le conseil achète du papier pour la fabrication des boletines. Le 29 décembre, le conseil prend la mesure habituelle "sera garda a capage" chacun prendra son jour, à peine d'un florin d'amende. En même temps, la "peine du conseil" est augmentée : tout conseiller qui n'assistera pas aux réunions encourra une amende de 2 sous. Le même jour Jehan Jauffret est nommé recteur de l'hospital. Le nouveau conseil, élu le 26 décembre et dont Guillen Goiran et Jaume Orgias étaient les consuls, inaugurait son administration par des mesures énergiques qui dénotent l'importance du péril. Le 3 janvier 1580, le conseil prend une détermination de plus grande envergure : il décide d'édifier des portes aux issues du village ; ce travail se fera à capage que présideront les consuls nouveaux. On traite avec un murailler qui dirigera les travaux : Maître Claude Cestaron. Toutes les dispositions sont prises et le 3 mars une ordonnance réitère les termes de celle du 3 janvier en précisant : les hommes seront tenus de travailler à la construction, les femmes aussi et feront ce qu'elles pourront. A tout défaillant, 6 sous d'amende et location d'un homme à ses dépens. Le travail fut exécuté dans le courant des mois de mars et avril, les comptes trésoraires abondent en achat et transport de tufs, pierres, chaux et sable, paiement au murailler, au "maçon de Fayence", au fustier (menuisier) et au fabre (forgeron), les dépenses s'élevèrent à 130 florins. Cependant, à la fin du mois de mai, alors que les portes sont achevées, la maladie semble augmenter d'intensité : le 29 mai, on décide de faire garder le portail du Pont (qui deviendra plus tard la porte de Saint Roch), le 2 juin, on ordonne un capage pour la garde des portails "pour la sancté" : l'amende est de 1 florin. c'est le notaire et greffier Maître Francès Augier qui est désigné comme portier : il assurera le service en juin et en juillet. Après lui, ce sera Pierre André Nas que commet une ordonnance du 11 septembre. "Ses salaires seront de 6 florins et demi et il sera tenu de demeurer aux portails tout le jour jusqu'à huict heures du soir. Il ne pourra se faire remplacer sinon par une personne capable de garder et de lire les boletines. Six sous d'amende seront prévus pour chaque infraction". Pierre André Nas restera en fonction jusqu'à la fin du mois de janvier 1581. A cette date, l'épidémie avait cessé et le calme était revenu, d'ailleurs peu de temps après et d'une façon presque continuelle jusqu'en 1587, la peste recommençait ses ravages. Les portes de Trans devaient subsister jusqu'à la fin du XVIIIème siècle : à ce moment elles étaient tombées en ruines et gênaient la circulation si bien que la communauté les fit supprimer au cours des années 1775 et 1776.

Source : Archives municipales de Trans. Auteur : Guillaume Barles. Texte complété de mes propres recherches.

Compléments

 Carcistes : nom d'un parti qui, à partir de 1578, désole la Provence lors des guerres de religion ; il se compose de catholiques intransigeants, partisans du comte de Carcès, grand sénéchal de Provence. Ce parti s’oppose aux Razats partisans de la tolérance religieuse. Ces deux partis ravagent la Provence, brûlent nombre de communes et saccagent les campagnes. Le parlement condamne la conduite des Carcistes, et permet de courir sur eux et de les tailler en pièces. Ses partisans sévissent jusqu’en 1595, date à laquelle ils ravagent la Crau arlésienne, emmenant ou détruisant tout le bétail (Source Wipidédia)

Razats : Lors de la Ligue, les troupes catholiques du comte de Carcès dévastèrent tout sur leur passage. On donna le nom de razats ou rasés aux malheureux qui avaient tout perdu et par extension à ceux qui, protestants, se soulevèrent pour leur porter secours contre les catholiques.

 

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06 avril 2015

Ce qu'on dit à Trans et ailleurs

Ed. Ducourtioux Pont Vieux Couleur

Alude, aludo : Adjectif qui signifie "ailée, pourvue d'ailes". Mais le Provençal ne désigne de cette façon que la fourmi ailée qui essaime avec sa reine pour fonder une nouvelle colonie.

An pèbre : "Période indéterminée, fort ancienne". Vient certainement des terribles ravages de la pébrine, maladie qui a éliminé tous les vers à soie de la région avant que Louis Pasteur ne découvre trop tard le remède. "Il est mort depuis l'an pèbre !".

Banettes : Vient de "bano" cornes. Ce sont les haricots verts que nous appelont les banettes.

Cafouchoun : Réduit, débarras, recoin, placard. "Il doit être dans un cafouchoun".

Décoconner : Ce mot signifie "détacher les cocons de vers à soie des branches où ils sont accrochés". Mais son sens a évolué et est appliqué dans le sens de "déménager, perdre la tête". "Elle décoconne complètement ma parole !".

Ensuqué : "Assommé". Qui a pris un coup violent sur le crâne, le sinciput, le "suc" en provençal. Ce mot désigne aussi "un abruti, un endormi, un mollasson, une personne qui a peu d'énergie.

Enterre-mort : Employé municipal chargé d'ensevelir les défunts, un fossoyeur. 

Goï : Boiteux. "Il est goï".

Grùpi : Mangeoire, râtelier dans une bergerie. "Ils mangent tous à la même grùpi" : il mangent tous au même râtelier. L'expression vient du temps où la Provence était rurale quand "grùpi" signifiait exactement "crèche" au sens propre.

L'avoir mauvaise : Eprouver du ressentiment, être de mauvaise humeur, être un colère contre quelqu'un. "On peut dire qu'il l'a mauvaise !"

Mouligas : Mou au point d'en être apathique. "C'est un vrai mouligas celui-là !".

Moulon : Vient de "mouloun" qui signifie : tas, monticule. On ne dit pas qu'il y a un tas de choses ou beaucoup de choses, on dit qu'il y a un moulon de choses. Si le tas est important, on dira plutôt qu'il y en a "un brave moulon" cela amplifie l'importance de ce que l'on désigne.

N'as pas crento ? : Littéralement : "Tu n'as pas crainte ?" Veut dire : "Tu n'as pas honte ?". La crento est une "petite" honte, une grosse honte, c'est la "vergougno".

Pépie : Maladie des gallinacés se traduisant par une soif inextinguible. "Il a la pépie" se dit d'un assoiffé chronique.

Pomme d'amour : Un pomme d'amour c'est une tomate. Mais il est vrai que cette expression pour désigner une tomate est tombée en désuétude et c'est bien dommage.

Pigne : Pomme de pin.

Porcas : "Gros cochon". C'est un vrai porcas !".

Répépier : Du provençal " répépia" : Répéter sans cesse, radoter.

Ribe : Signifie "talus, pente, déclivité, côté". "Il s'est couché sur la ribe". "Manger chez Monsieur Ribe" : manger sur le talus, manger au bord de la route".

Ronflon : S'emploie pour parler de quelqu'un qui grogne sans cesse, morose et rabat-joie. On dit souvent "vieux ronflon", mais pourquoi vieux ?

Sang d'encre : "Se faire un sang d'encre", "se ronger les sangs", "se faire un sang de peste", c'est tout simplement, se faire de la bile ou encore vivre dans l'angoisse.

Ventre : (Tout ce qui rentre fait ventre). Littéralement : tout ce que l'on mange profite.

 

Barre fleurie

 

 

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24 mars 2015

Explications de quelques noms de quartiers de Trans

 

Source de la Foux

La toponymie de la Provence est formée d'éléments d'origine diverses qui constituent des couches successives correspondant aux phases de son histoire. A la surface, une très mince pellicule de mots français dont le nombre tend évidemment à augmenter de jour en jour. Au dessous, la grande masse des termes appartenant au ayant appartenu à la langue provençale. Ils constituent la couche la plus importante et de loin la plus nombreuse. Au dessous encore, des noms d'origine latine. Plus bas enfin et en assez grand nombre, des noms dont la signification est inconnue et qui appartiennent vraissemblablement à la langue ou aux langues parlées dans le pays avant l'arrivée des Romains.    

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L'Anglade : Du provençal "anglodo" : angle, coin de terre. 

Le Bois Rout ou les Bois Routs : Le bois rompu, défriché (se reporter à mon article sur La Carraire des Bois Routs). 

Le Bosquet : De "bosc" appelatif forestier en Languedoc et en Gascogne. Désigne un petit bois. 

La Brégueirolle : "Brugayrolle" "Brugheyrolo". Variante de "bruga" : taillis de bruyères. 

Le Cassivet : Serait un diminutif du provençal "cassiou" qui désigne un élevage de lapins de garenne. Le lapin de garenne vit généralement près des "clapiers" qui sont des amoncellements de cailloux et de pierres. Cassivet pourrait aussi dériver du provençal "cassiho" qui désigne la rocaille concassée, les débris provenant de la désagrégation des roches. 

Les Clauses : De l'ancien occitan "claus" : clos, enclos, bercail, taillis de chêne. "Clausado" : étendue d'un quartier, d'une circonscription. 

La Croix : Au Moyen-Age, une croix s'élevait dans ce quartier. 

La Darboussière : Du provençal "darboussiero" ou "arboussiero" : bosquet d'arbousiers. 

La Gardiole : Désigne une borne destinée à marquer une limite, un lieu de guet, une petite hauteur. 

Le Lauron : Du provençal "lauroun". Source à fleur de terre ou jaillissant à la façon d'un puits artésien. 

Meyas : Du provençal "mejan" : qui est entre-deux, dans ce cas, entre deux collines. Au quartier de Meyas, on a trouvé un habitat perché fortifié de l'âge du fer. Les archéologues ont également mis à jour une villa romaine avec son pressoir et de nombreux autres vestiges de l'époque romaine. 

La Pouiraque :  du provençal "pousa" qui siginifie : puiser et "raca" : verser, indique l'endroit où il fallait se baisser pour puiser de l'eau (lieu d'une source qui affleure le sol sans couler). 

Terre blanche : Désigne la couleur de la pierre calcaire qui se délite au fil du temps. 

Vallaury : Egalement écrit Vallauris, du latin "Vallis Aurea": la vallée de l'or, la belle vallée, la vallée fertile. 

Les Vignarets : Dans les archives transianes on trouve "vignaresc". Désigne un lieu complanté en vignes.    

La Nartuby

 

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23 mars 2015

La carraire des Bois routs

Transhumance

Il existe à Trans en Provence un quartier qui porte le nom de quartier du Bois Rout ou des Bois Routs. Ce quartier comporte une carraire. Je vais d'abord vous donner l'explication de l'étymologie de ce quartier et ensuite quelques renseignements sur les carraires.  

Pourquoi le Bois Rout ? Au sortir des guerres de Religion, la situation financière de Trans était catastrophique. On évaluait le montant total des dettes de la Communauté à 20.000 écus, ce qui représentait à peu près la valeur totale de l'ensemble des propriétés privées du terroir. Pour éteindre ce passif qui s'accroissait sans cesse d'intérêts et de frais de prodédure, l'impôt n'était pas suffisant. Il fallait créer des ressources extraordinaires. Après avoir envisagé plusieurs solutions, on décida d'affermer une partie de la forêt communale en vue de son défrichement. La commune de Trans était propriétaire d'un vaste domaine boisé qui comprenait la forêt de la Darboussière (endroit planté d'arbousiers) ainsi que le quartier rural contigu, que l'on appelle actuellement le Bois Rout. Cette dernière partie de la forêt communale se dénommait alors l'Euzière (endroit planté de chênes) ou encore le Gros Bois. On décida de la louer par lots, avec obligation pour les locataires de défricher et de semer du blé, le tout moyennant une redevance destinée au paiement des créanciers de la commune. L'opération fut réalisée en 1604. Elle eut pour conséquence le défrichement de cette partie du terroir, que l'on ne tarda pas à appeler le Bois Rout, c'est-à-dire, le bois rompu, ce qui voulait dire en provençal de l'époque, le bois défriché.  

   Source : D'après Trans en Provence de Guillaume Barles 1982.     

Les carraires  

   Du provençal carrairo. A désigné d'abord la voie carrossable. Tombé en désuétude dans le sens de chemin-route, il a été conservé en provençal pour désigner les voies de transhumance. Ces voies ont, depuis toujours, été cause de conflits entre les riverains (propriétaires terriens) et les utilisateurs (bergers transhumants). Sans doute, l'antique rivalité entre nomades et sédentaires, mais aussi des torts réciproques : dégâts causés par ces migrations, d'un côté, et empiétement et restriction de la carraire, de l'autre. Les archives des parlements (celui d'Aix en particulier) sont pleines de relations de procès, d'ordonnances, de droits de passage accordés puis refusés, de taxes diverses dont une de "pulvérage" (de poussière) relatifs à ces conflits. Jusqu'à une époque que l'on peut situer au milieu du XIXe siècle, les éleveurs groupaient leurs troupeaux jusqu'à en arriver à des effectifs de 50 à 70.000 têtes divisés en troupeaux (scabots) de 4 à 6.000 têtes se suivant à peu de distance. Le tout, encadré par plus d'une centaine de bergers, formait une force capable de se frayer un passage partout où cela était nécessaire. Car les riverains empiétaient peu à peu sur ces voies lorsqu'elles empruntaient des zones cultivables. Ceci devait aller en s'accentuant, avec l'amélioration des techniques culturales et le développement démographique. Au début du XXe siècle, il ne subsistait des carraires que quelques tronçons dans les garrigues ou les rochers. Le réseau routier prenait alors le relais. Puis, à partir des années 30, commencèrent les déplacements par voie ferrée. Ils furent stoppés durant les années de guerre. D'ailleurs, le rail ne résolvait pas entièrement le problème car les gares terminus étaient parfois encore à plusieurs jours de marche des pâturages. Les transports par camions se sont maintenant généralisés ; ces camions, d'une contenance de 400 à 500 bêtes peuvent faire le trajet entre 4 et 8 heures.  

       Source : benjamin.lisan.free.fr/bergersdefrance  

Arrêté des carraires

Les carraires sont issues de coutumes remontant au XIIe et XIVe siècle instaurées par les Comtes de Provence. Les seigneurs donnèrent le droit de passage pour permettre le passage des troupeaux de moutons partant de la basse Provence (Bouches du Rhône, Var) vers la haute Provence, lors de la transhumance.  

Il y avait, semble-t-il les petites carraires qui servaient à faire circuler les troupeaux dans l’aire de la communauté et les grandes carraires qui servaient à traverser toute la Provence. L’assiette de ces passages n’était pas fixe et dépendait des cultures. Les propriétaires n’étaient pas dépossédés du sol sur lequel elles étaient tracées. Alors que les carraires étaient tombées quelque peu en désuétude, un arrêté du parlement de l’ancienne province de Provence du 21 juillet 1783 imposa leur rétablissement. Il les soumit à un régime spécial qui prévoyait la détermination de leur assiette et de leur largeur ainsi que des dates annuelles avant lesquelles elles devaient être fixées. D’autres arrêtés ont prescrit à nouveau leur rétablissement et les mesures pour constater leur existence, leur maintien ou leur suppression.  

  Nature juridique de la carraire :  

   La carraire est une servitude d’utilité publique au profit d’un usage particulier : la transhumance. Si anciens que soient ces chemins, les propriétaires ont le droit de s’opposer à leur utilisation par des tiers pour un usage autre que le passage des troupeaux. Aujourd’hui, avec l’abandon des transhumances, les carraires auraient dû disparaître. Seule la commune pourrait décider de la reconstitution d'une carraire en fonction des besoins de transhumance. Sur certains plans cadastraux il est fait mention de carraires. Certaines communes en ont même fait des chemins ruraux, propriété de la commune. Les propriétaires à qui on impose ce passage sont en droit de le contester, en démontrant par titres,    plans, archives et rapports d’expertise qu’il s’agit d’une carraire.  

   Source : “La Circulation en forêt” - Edition L’Harmattan -  

Carraire

 

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21 mars 2015

Foire d'Antan

Foire Trans

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L'ancienneté de la culture de la vigne

 

Traité sur la culture de la vigne

 On a dit que notre région était venue tardivement à la culture de la vigne. Or, il n'en est rien. Ce qui forme actuellement le département du Var a toujours pratiqué cette culture depuis la plus haute antiquité et n'a jamais cessé d'en faire le principal de ses revenus à toutes les époques. Cette culture a pu être modérée par des prescriptions légales, comme au XVIIIe siècle, ou momentanément détruite comme au XIXe siècle, au moment de la catastrophe du phylloxéra, mais elle n'a jamais cessé, lorsque les circonstances ont été favorables, de prospérer et de représenter le produit le plus important du revenu des terres.

Epoque romaine  

Vigne-romains 

La culture de la vigne existait en Provence dès l'époque romaine, à un moment où cette culture était interdite, pour protéger le vignoble italien, en dehors de ce qui constituait la Province romaine, c'est-à-dire en dehors de ce qui forme la Provence, le Languedoc et le Dauphiné. Les auteurs anciens parlent longuement du mode de culture pratiqué dans la Gaule Narbonnaise, notamment de la taille courte qui différait de celle de l'Italie où la vigne se mariait à l'ormeau. En ce qui concerne le pays dont on a fait le département du Var, l'existence de vignobles importants et suivis ne peut faire l'objet d'aucun doute, puisque nous savons d'après ce qu'en ont dit tous les agronomes du 1er siècle, et    notamment Columelle, qu'un grand bourgeois de Fréjus, Julius Groecinus, ancien procurateur des Césars, ce qui correspondait aux fonctions d'intendant général et vice-gouverneur d'une province impériale, et père d'un illustre fréjusien, le général romain Agricola avait non seulement cultivé la vigne dans ses vastes propriétés, mais encore écrit sur la "Culture de la vigne" un traité en deux livres, qui faisait autorité non seulement dans la Province, mais encore en Italie.

Moyen Age     

Vendanges

 Aucun texte ne fournit d'indication sur la période obscure des grandes invasions et du Haut Moyen âge. Il faut arriver au XIIIe siècle pour trouver quelque chose dans les transactions qui commençaient alors à se conclure entre les habitants et leurs seigneurs. A Trans, notamment, dans une transaction datée du 20 octobre 1283, il est spécifié qu'à l'époque où les vins commencent à pouvoir être transportés, le seigneur de Villeneuve dispose d'un mois pour écouler sa récolte. La vente n'est libre pour les habitants qu'à l'expiration de ce délai. Il y a dans ces stipulations l'indice d'une récolte abondante, bien supérieure à la consommation locale.  

 XVIe siècle  

Vigne

Un peu plus tard, la même situation est révélée par des documents plus précis. Les cadastres du XVIe siècle attestent que tout le monde à Trans avait des vignes, et que, proportionnellement, on en avait d'autant plus qu'on avait de plus grandes propriétés. Il y avait alors peu d'oliviers. Les larges espaces à flanc de colline sur lesquels on les voit aujourd'hui, étaient pour la plupart des bois non encore rompus. L'importance relative des différentes cultures, calculées d'après les indications tirées des cotes cadastrales afférentes à chacune des parcelles, s'étageait dans l'ordre suivant : vignes, terres à grain, prés, jardins et oliviers.  

 XVIIIe siècle  

Vignes

La persistance de la culture de la vigne sur une grande échelle se constitue dans les siècles suivants. Au XVIIIe siècle, elle acquiert une importance telle qu'elle menace de réduire la récolte des grains au-dessous de ce qui est nécessaire pour l'alimentation du pays. Une mesure draconienne intervient alors. Sous le règne de Louis XV, un arrêt du conseil en date du 5 juin 1731, défend "de faire de nouvelles plantations de vignes dans l'étendue des Provinces et Généralités du Royaume et de rétablir, sans la permission expresse de sa Majesté, celles qui auront été deux ans sans être cultivées, à peine contre chaque contrevenant, de 3.000 livres d'amende et sous plus grande peine s'il y échoit ;    laquelle permission ne sera accordée qu'au préalable le terrain n'ait été vu par les ordres de l'Intendant, pour connaître s'il n'est pas plutôt propre à une autre culture qu'à être planté en vignes". A la suite de ces prescriptions, la culture diminue dans la plaine, mais elle gagne dans les collines. Il y a cependant une diminution bien que nous trouvions, dans les archives notariales entre 1730 et 1789, des actes ayant trait à des transports de vin importants.

XIXe siècle  

Phylloxera

 Au XIXe siècle, les plantations commencent à redescendre dans la plaine. Au moment où le phylloxéra vient détruire le vignoble, entre 1872 et 1880, l'importance qu'avait alors la culture de la vigne peut se mesurer par la diminution importante de population due au départ des journaliers agricoles italiens, que la ruine de la culture a provoqué. La population qui, défalcation faite de l'arrondissement de Grasse, était en 1851 de 289.967 habitants, n'était plus en effet en 1886 que de 288.336 habitants. Elle peut se déduire également de la diminution de population qui a suivi la reconstitution du vignoble. Entre 1886 et 1911, le nombre des habitants a augmenté de 42.419 unités. Nous nous sommes ainsi trouvés replacés là où devait nous amener l'accroissement régulier du nombre des habitants, si la catastrophe due au phylloxéra ne s'était pas produite.  

 Conclusion  

Ces constations, tirées de documents qui n'ont pas été faits pour les besoins de la cause, montrent que la Provence et le Var n'ont jamais cessé de posséder des vignobles étendus et de considérer le vin comme la plus importante de leurs récoltes.  

 Source : D'après un article paru dans "Les archives de Trans en Provence" N°28 - mars 1933 - Jean Barles.

 

Ceps de vigne

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