Trans en Provence au fil de la Nartuby

Bienvenue à Trans en Provence

J'ai mis en place ce blog sur Trans en Provence pour parler de mon village, de son histoire, de ses habitants, de son passé tout simplement... pour qu'il en soit un petit peu la mémoire. Je ne suis pas historienne, ni spécialiste en quoi que ce soit, mais je suis curieuse de tout. Mes recherches généalogiques m'ont conduite à m'intéresser à l'histoire, la grande et la petite.  

Mon autre blog :  Passion Provence 

http://www.passionprovence.org

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08 novembre 2020

L'immigration italienne à Trans

 

Filature Usine Garnier-1893

 Le personnel de la filature Garnier en 1893. De nombreuses Italiennes y étaient employées. Elles logeaient dans un grand bâtiment au fond de la cour de la filature (aujourd'hui disparu).

Filature Garnier-Vue de l'intérieur

 Intérieur de la filature

La Provence a attiré de longue date les immigrants italiens. Cependant, ce fut entre 1850 et 1960 que l'immigration italienne dans le Var atteignit son apogée. La raison majeure qui poussa ces gens à s'expatrier fut d'ordre économique. Cette immigration alla jusqu'à représenter 15% de la population varoise. A Trans, les Italiens constituaient environ 13% de la population vers 1900. Ils étaient majoritairement d'origine piémontaise et toscane. Lorsqu'on parcourt les registres d'état civil, on trouve citées les localités de Montemale, Orméa, Peveragno, Vignolo, Dronero, Garessio, Boves, Pagliero, Mammola, Schio, Valloriate, Fesoglio, Brossasco, Cuneo, etc... comme étant leurs lieux de naissance. Je ne peux pas les citer tous, mais voici quelques-uns des noms de famille d'Italiens rencontrés au cours de mes recherches dont certains ont toujours des descendants à Trans : Agnese, Ambroggio, Ardoino, Barberis, Barillaro, Beltramo, Bennati, Biale, Borotti, Brondello, Brunengo, Cesana, Chiapello, Dani, Ellena, Faroppa, Ferraris, Ferrero, Garro, Gioffredo, Giraudo, Giusiano, Godano, Lerda, Lequio, Lovera, Mazza, Merlino, Michelis, Minazzo, Ottone, Perugia, Rampini, Sappa, Sciandra, Seno, etc... La plupart des immigrés vivaient dans le village. Les célibataires constituaient un quart de la population italienne. Certains habitaient une chambre chez des parents eux aussi installés à Trans quelques années auparavant et qui étaient venus "en éclaireurs". D'autres mettaient en commun leurs maigres économies pour partager un logement. Les hommes étaient plus nombreux que les femmes à immigrer. Les couples italiens avaient plus d'enfants que les couples français, mais une même famille avait souvent des enfants italiens nés en Italie et des enfants français nés en France, parfois dans plusieurs communes, vu la mobilité des familles. Quel accueil la population locale réserva-t-elle à ces étrangers ? Ce fut d'abord de l'hostilité et de la méfiance envers ces gens qui venaient "manger leur pain". On les qualifiait de "Piantous" (Piémontais), de "Babis" (crapauds) ou encore de "Macaronis". On les accusait d'être cause de chômage ou d'apporter des maladies contagieuses. Au fil des ans, on s'aperçut que ces Italiens étaient des travailleurs acharnés et qu'ils avaient été contraints de quitter leur patrie pour pouvoir nourrir leur famille. "Ce sont des latins comme nous, leurs ancêtres Romains sont venus chez nous il y a bien longtemps, ils sont chrétiens comme nous et ils vont à la même église. Notre langue provençale leur est familière, surtout chez les Piémontais, ils finiront par prendre nos habitudes". Pendant longtemps, les mariages entre Italiens et Transiannes ou Transiannes et Italiens furent mal vus. Mais le bon sens finit par triompher et l'intégration se fit petit à petit en douceur.  

 Ces immigrants exerçaient des professions modestes. Les femmes étaient le plus souvent journalières, employées dans les bouchonneries, les scieries, la fabrique de contreplaqué, beaucoup travaillaient à la filature de soie. Les hommes travaillaient comme ouvriers agricoles, journaliers. D'autres étaient bûcherons (bousquetiers), scieurs, maçons, ou salariés dans d'autres secteurs de l'artisanat. Quelques-uns étaient à leur compte, comme agriculteurs, artisans (cordonniers par exemple) et petits commerçants. A la fin du XIXème siècle, l'ascension sociale italienne était encore très modeste. Mais elle s'accrut au cours du XXème et plus encore après 1950 au temps des Trente Glorieuses *. Elle fut facilitée par la proximité des cultures, par la fréquence des mariages franco-italiens, par la facilité de l'obtention de la nationalité française, par l'intégration à l'école de la République, par le rapprochement de la France et de l'Italie après 1945, alors que de 1880 à 1890 et de 1936 à 1945, les relations des deux pays avaient été très mauvaises.  

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* Trente Glorieuses : Les Trente Glorieuses font référence à la période de forte croissance économique qu’a connue entre 1945 et 1973 la grande majorité des pays développés. L'expression a été créée par Jean Fourastié en 1979 en rappel des Trois Glorieuses, journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830 qui avaient fait chuter Charles X. 

Je vous mets ci-dessous deux liens sur l'immigraion italienne qui pourront vous intéresser.

La Seyne sur Mer - Du bourg provençal à la cité cosmopolite

La Seyne_sur-Mer (Var) Histoire de La Seyne_sur-Mer (Var) Images de la vie seynoise d'antan - Tome III (1990) Du bourg provençal à la cité cosmopolite (Texte intégral du chapitre). Qui sait si l'inconnu qui dort sous l'arche immense, Mélant sa gloire pique aux orgueils du passé. N'est pas cet étranger devenu fils de France Non par le sang reçu mais par le sang versé ?

http://jcautran.free.fr
L'immigration italienne en Provence au XIXe siècle - GénéProvence

google-translator] La Provence a été, à la fin du XIXe siècle, une terre d'accueil pour des milliers d'immigrants venus de l'autre côté des Alpes. Tout généalogiste réalisant des relevés d'état-civil se rendra compte que l'arrivée d'immigrants italiens remonte au Second Empire (1852-1870) et que ce phénomène subit une nette accélération dans les années suivantes (Troisième République, à partir...

http://www.geneprovence.com

Bousquetiers attablés au café

  Bousquetiers italiens à la terrasse d'un café à Trans.  

Au milieu, Pierre Lieto (le père de Marcelle), à côté, à gauche, Monsieur Agnese (le père de Jeannot).

 

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27 septembre 2020

Le sculpteur César a vécu à Trans en Provence

 


 César Baldaccini, dit César, est un sculpteur renommé. Il est né le 1er janvier 1921 à Marseille et mort le 6 décembre 1998 à Paris. Il fait partie des membres des Nouveaux réalistes, mouvement né en 1960. Il est également le créateur du trophée en bronze de la cérémonie des césar du cinéma français.

Ses parents, Omer et Leila Baldaccini, italiens d'origine toscane, tenaient un bar à Marseille, où César est né en 1921 dans le quartier de la Belle-de-Mai, au n° 71 de la rue Loubon, dans le centre. "Je suis fondamentalement un autodidacte absolu", dira-t-il. Il travaille d'abord chez son père, avant de suivre en 1935 les cours de l'École des Beaux-Arts de sa ville natale avec son condisciple Raymond Normand puis, en 1943, de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris avec Michel Guino, Albert Féraud, Daniel David et Philippe Hiquily, comme lui dans l'atelier de Marcel Gimond. Son atelier est situé dans un ancien bordel de la "rue de l'Échaudé", dont les chambres, à la suite de la loi Marthe Richard, avaient été attribuées à des étudiants.

A partir de 1947, il travaille le plâtre et le fer. Un jour, de passage à Trans-en-Provence, il se lie d'amitié avec Jean Collomp, industriel transian qui l'héberge chez lui. C'est dans son atelier, à la scierie Collomp, qu'il s'initie à la soudure à l'arc et travaille au gré de son inspiration. Sur place, il réalise ses premières sculpures métalliques qui le rendront célèbre par la suite. Jean Collomp lui fournit les matériaux nécessaires à la réalisation de ses oeuvres. Cela va être pour lui les débuts d'une grande carrière de scupteur ; au fil du temps, il s'approprie la maîtrise de la soudure à l'arc qui lui permettra de réaliser plus de 300 sculptures. Après plusieurs années passées à Trans, il quitte le village. 

Vénus de Villetaneuse

La Vénus de Villetaneuse
Mais comme ses moyens sont alors toujours modestes, par manque d'argent pour s'offrir du marbre, César va récupérer dans les décharges les matériaux de ses premières sculptures ; des tubes, des boulons, des vis, qui deviennent des insectes, ou se retrouvent dans les courbes puissantes de la "Vénus de Villetaneuse".

En 1954, il expose à la galerie Lucien Durand et obtient le prix "collabo" pour une sculpture intitulée "Le poisson" réalisée à Villetaneuse ; ville où il travaillera une douzaine d'années, grâce à l'aide d'un industriel local, Léon Jacques. En 1956, il participe à la biennale de Venise puis ensuite à la biennale de São Paulo. 

En 1961, il se rapproche de Marino di Teana, et rejoint le groupe des Nouveaux réalistes, mouvement fondé par le critique d'art Pierre Restany, comprenant notamment Mimmo Rotella, Niki de Saint Phalle et Gérard Deschamps. En 1968, il créera à la Manufacture nationale de Sèvres, un cendrier en porcelaine édité en 50 exemplaires. Réalisé en porcelaine à couverture nacrée semi-mat, il représente un moule en plâtre utilisé pour la production des pièces, et a été produit à partir d'un modèle original en aluminium.

1960

A partir de 1960, César concentre ensuite son travail sur la technique de la "compression dirigée", qui devient sa marque de fabrique : à l'aide d'une presse hydraulique, il compresse des objets divers. La vicomtesse de Noailles lui offre sa première voiture, une Zil soviétique toute neuve, la seule à Paris. César la renvoie compressée et plate comme une omelette et ayant perdu 90 % de son volume, d'autres automobiles vont aussi subir le même sort. Cet acte d'appropriation se veut un défi à la société de consommation et le rapproche des Nouveaux réalistes, dont il fait partie aux côtés de son ami Arman, auquel son nom est souvent associé. A la Fondation Cartier en 1986, il présente ainsi une compression monumentale de Peugeot 205 Turbo 16 accidentées dans des rallyes automobiles. Ce sont les voitures de Jean Todt compressés comme des galettes de maïs. A la Biennale de Venise, il présente une montagne de compressions, oeuvre monumentale de 520 tonnes. En 1998, sa Suite milanaise est une série réalisée avec des voitures Fiat neuves qui, une fois compressées, sont passées dans les chambres à peinture de l'usine Fiat de Turin, aux couleurs de la gamme de l'année. Il compresse toutes sortes de matériaux : tissus, papiers, et même bijoux en or que les femmes du monde lui apportent et qu'il rend compressés en cube à porter autour du cou. 

Expansion_orange-1000-1000-18073

En inversant l'esprit des compressions, César présente au Salon de Mai en 1967 la grande expansion orange, réalisée en polyuréthane. Ses expansions exploitent les possibilités de ce matériau en coulées lisses et dures ; l'intervention du créateur se fait soit sur la rigidité, l'épaisseur, la coloration, soit sur les coulées (superposition ou juxtaposition) soit sur la masse figée (travail de finition sous forme de nappage, de ponçage, de laquage). Il commence à travailler le cristal en fusion. Dans les années 1970, il accède à une reconnaissance internationale. Désormais universellement connu, il devient un des artistes français de tout premier plan et bénéficie de très nombreuses expositions. En 1971, lors d'une première au Lido à Paris, il trouve plus médiatique que lui : Salvador Dalí, le maître de l'extravagance. Il débat la même année dans Italiques avec François Truffaut, Lucien Bodard et Asher Ben-Natan. Son oeuvre Conserve expansion - Martial Raysse, 1970-1972, est conservée au Museo Cantonale d'Arte de Lugano. Deux facteurs vont l'amener à se pencher sur cette problématique : tout d'abord l'invitation à participer à une exposition de groupe consacrée à La Main, de Rodin à Picasso et sa découverte de l'agrandissement pantographique.

Pouce-César

En 1965, il présente son célèbre Pouce agrandi (1,85 mètre de haut). C'est l'empreinte de son propre pouce. A l'occasion des Jeux olympiques de Séoul (1988), il crée un Pouce en bronze de 6 mètres de haut. Cette oeuvre a été la plus médiatisée et répétée. En 1967, il réalise 6 exemplaires du Sein, moulage en polyester de 82 x 193 x 266 cm, un des exemplaires est visible au Musée d'art de Toulon, un autre à la Fondation Gianadda. 

Le-Poing-César-B

Il crée Le Poing, sculpture monumentale de 7 tonnes en fonte d'acier inoxydable polie, installée sur la place d'armes au Lycée militaire de Saint-Cyr à l'été 1970. En 1983, il entreprend la réalisation de son Centaure en "hommage à Pablo Picasso", sculpture de 4,70 mètres de haut, achevée en 1985. La sculpture est installée au carrefour de la Croix-Rouge à Paris. Toujours en 1983, César réalise son Hommage à Eiffel et Le flying French man, pour la Ville de Hong Kong.

Trophée César

Il est également le créateur du trophée César du cinéma qu'il créa en 1976, récompense attribuée par les professionnels du cinéma français, pour laquelle il réalise une compression en bronze
Homme à la fois simple et complexe, au franc-parler méridional, il cultive son image d'éternel artisan, de soudeur, et surtout de grand créateur. Les dernières années de sa vie ont été très heureuses, César multiplie les expositions : grande rétrospective au Jeu de Paume à Paris en 1997, rétrospectives à Malmö, Milan, São Paulo, Mexico. César termine sa carrière par une série de portraits et d'autoportraits, face à face marquant avec la mort. Il partage les dix dernières années de sa vie avec Stéphanie Busuttil, qui gère aujourd'hui son oeuvre et est détentrice de son droit moral. Les oeuvres de César sont collectionnées par les musées (Centre Pompidou, Tate Gallery, MoMA...) et les particuliers du monde entier. L'exécuteur testamentaire de la succession est Alain-Dominique Perrin. 

Tombe César

Sources : D'après le site : jesuismort.com, Wikipédia, l'encyclopédie libre et Claudine la fille de Jean Collomp.

 

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23 juin 2020

Une curiosité : le puits aérien ?

 

Puits-aérien1

 Le puits aérien (carte postale - collection personnelle de Nadine)   

       Avez-vous déjà entendu parler du puits aérien de Trans en Provence ? Le constructeur de cet ouvrage, un ingénieur belge, Monsieur Achille Knapen est venu à Trans vers la fin de sa vie professionnelle. Né à Mons en Belgique le 29 septembre 1860, il s'est éteint à Trans le 26 juillet 1941. Il est enterré dans le cimetière de la commune (au vieux cimetière, la tombe est contre le mur de la chapelle). Lauréat de la Société des Ingénieurs civils de France, Chevalier de la légion d'Honneur, Achille Knapen est connu dans notre village pour avoir bâti une construction unique en Europe : le puits aérien. Il a fallu un an et demi pour construire ce puits dont la vocation était la récupération de l'humidité atmosphérique pour fournir de l'eau potable aux contrées dépourvues de sources naturelles. C'est lors d'un "Congrès de l'eau" tenu à Alger, en janvier 1928, qu'Achille Knapen, avait fait mention pour la première fois de son projet. Ce congrès avait fait ressortir l'importance du problème de l'eau en signalant les pertes immenses que la pénurie occasionnait périodiquement pendant les années sèches aux cheptels et aux populations. A l'issue de ce congrès, les membres avaient donné leur feu vert à l'idée de Monsieur Knapen. Un site algérien sur les hauts plateaux près de Chelala avait même été envisagé pour mettre cette idée à exécution. La configuration des lieux avait été jugée intéressante par rapport à la topographie. L'idée fit quelques temps son chemin mais il semble que des considérations autres que techniques ont entravé ce projet et n'ont pas permis de le mener à son terme. Monsieur Kanpen qui était d'un caractère obstiné, ne se laissa pas abattre pour autant.

Puits-aérien2

Carte postale des années 60 - collection personnelle de Nadine

Il lui fallait absolument trouver un lieu pouvant se rapprocher climatiquement des pays chauds et il le trouva à Trans. Les travaux de mise en état furent terminés fin mai 1930. Le 14 juillet, la construction de la masse centrale, en béton de grenailles, de porphyre et de mortier de ciment était achevée, contenant le puits d'un mètre de diamètre ménagé au niveau du sol jusqu'à 9 mètres de hauteur. Le 14 juillet 1931, la calotte massive de 4 mètres d'épaisseur recouvrant les voûtes et les entrées d'air supérieures, était achevée à son tour. 

Puits aérien 1

Puits aérien 2

Puits aérien 3

Puits aérien 4

 

Puits aérien-intérieur

 Les ardoises les plus hautes sont encore en place, les autres ont été cassées par des vandales (Photos Monumentum site internet)

Quelques jours après, on fichait 3000 ardoises obliques et de champ sur les parois de la masse centrale revêtue d'un enduit au mortier maigre de 30 millimètres d'épaisseur.
    Dans le haut, un tuyau métallique traverse l'enveloppe de béton pour déboucher à l'extérieur et la dépasser de 50 centimètres afin de demeurer par son orifice supérieur, en contact permanent avec l'air libre.
    Les travaux de construction du puits aérien ont bénéficié de la présence à Trans de nombreux immigrés italiens qui, pour une bonne partie d'entre eux, ont quitté leur pays entre 1922 et 1923. Ces italiens avaient une réputation de bâtisseurs. Ils étaient pour la plupart des salariés des établissements Fournial. Dans la liste de ces participants à cette construction on trouve les noms de Chiambrino père et fils, Minazzo, Garro, Ferrero, Gerbino, etc...
    Précision : le dôme extérieur est constitué de pierres calcaires assemblées par du ciment gris. Ces pierres sont abondantes sur le terroir de Trans notamment au quartier de "Terre blanche". C'est là que des carrières situées à environ deux kilomètres du puits ont été ouvertes. Le transport était assuré par la famille Gerbino qui disposait de plusieurs chevaux de trait ainsi que du matériel de transport, les fameux "tombereaux", qui sont des sortes de charrettes basculantes destinées à transporter des matériaux en vrac et dont les côtés sont pleins et en forme d'auge. La capacité de ceux-ci, 2 mètres cube, était importante pour l'époque. Il était nécessaire d'atteler deux forts chevaux ensemble car les chemins étaient sinueux et en plus mauvais état qu'aujourd'hui. De plus, le poids des attelages formait en permanence des ornières, ce qui était encore plus difficile... Une fois transportées sur place, les roches étaient entassées non loin de là. L'un des équipiers de ces "muratori" (maçons en italien) surnommé "Baffi" (moustaches) passait ses journées à façonner les belles pierres, celles qui resteraient apparentes. Elles étaient ensuite amenées sur place parmi les éclats de la taille et servaient de remplissage de l'épaisseur des murs qui atteignait deux mètres cinquante.
 

Puits-aérien-et-villa-Knappen

 Le puits aérien et la villa Knapen

Hélas, le puits aérien de Trans ne tint pas ses promesses. En cherchant un climat approchant de l'Afrique, Monsieur Knapen avait songé à des températures variant la nuit de 4° en dessous de zéro à 11°. Il était loin du compte à Trans où pendant les mois d'été, les différences ne sont que de quelques dégrés. Il ne récolta donc que la valeur d'un seau dans les meilleures nuits. Le projet extrêmement valable pour la terre africaine ne connut aucune suite et c'est dommage car aujourd'hui la sècheresse y pose d'angoissants problèmes.

Puits-aérien-coupe

     Coupe schématique du puits aérien (document brochure du Syndicat d'Initiative de Trans en Provence).

    (1) le haut de la cloche avec le tuyau métallique qui prend l'air à l'extérieur
    (2) Cinq rangées d'ouvertures supérieures
    (3) Deux rangées d'ouvertures inférieures
    (4) Assise de l'ouvrage et citerne de stockage de l'eau

Sources : D'après le panneau explicatif de l'Office de tourisme situé près du puits aérien et le livre de Max Lambert (un transian) - Le puits aérien de Trans en Provence aux Editions Campanile 2002.

Je vous signale que j'ai mis en place un album-photos sur le puits aérien sur la colonne du blog.

Puits aérien-Vue aérienne

Si vous passez par Trans, n'oubliez pas d'aller voir le puits aérien. Pour en savoir plus, je vous conseille ce lien :   

http://www.histoire-eau-hyeres.fr/612-puits_aerien.html

 

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16 juin 2020

Les inondations des 15 et 16 juin 2010 à Trans-en-Provence

Je reproduits ici le texte et les photos de notre journal "L'écho de Trans" édité par la Mairie. Il s'agit de l'édition spéciale, hors série intitulée : "Spécial inondations des 15 et 16 juin 2010". Je vais mettre à la suite, les liens des articles (13 en totalité) que j'avais fait paraître à l'époque dans mon ancien blog. Vous pourrez y lire la relation des évènements (mon propre témoignage), de très nombreuses photos et des vidéos. Je ne mettrai que ce qui concerne Trans, car des témoins, deux de mes amis m'avaient également apporté leurs témoignages sur Draguignan, Les Arcs-sur-Argens et Taradeau. Si vous voulez les lire aussi, il vous suffira de faire défiler les flèches à la fin de chacun de mes articles pour lire le suivant.

********************

Le 15 juin 2010... une date historique pour notre commune... une date qui marquera à jamais les coeurs des transians et qui transformera définitivement le paysage... Jamais nous n'aurions pu imaginer la tragédie qui allait se passer... Une alerte orange pour notre département, de la pluie... faits plutôt banals ces derniers temps ! Mais ce sont des pluies torrentielles et incessantes qui se sont abattues sur le village... dès la mi-journée.

Chronologie des évènements

Il est 17h30, la pluie est déjà tombée une bonne partie de la journée mais, se déchaînant toujours plus, heure après heure, elle finit par inonder complétement le parking de Gemo, bientôt rejoint par toute la zone commerciale de Carrefour... et dans le village, les habitants découvrent une Nartuby enragée qui monte dangereusement vite...

18h00... elle commence à sortir de son lit... 19h00... cela fait un moment que le jeu de boules a complètement disparu, on ne distingue plus la moindre cascade, juste une vaste étendue d'eau tumultueuse qui atteint déjà le niveau de la route... Et les quelques imprudents qui se baladent encore près de la médiathèque ne se doutent pas que la Nartuby s'apprête à dévaler le pont et surtout que dans les minutes qui vont suivre, la petite place à côté d'eux où prônait un bel et jeune olivier va s'effondrer littéralement...

Pont Bertrand

Le pont Bertrand submergé par la Nartuby en furie

20h00... l'avenue de Beaulieu n'existe déjà plus, disparue sous 1m20 d'eau boueuse emportant tout sur son passage... et contraignant enfants, animateurs, parents et voisins effrayés, à dormir dans le centre de Loisirs, heureusement situé en hauteur, d'où ils ont assisté, impuissants, à un spectacle terrible... 

"on n'avait plus de téléphone, plus d'électricité, on a vu l'eau monter à une vitesse folle, les voitures garées ont été emportées les unes après les autres... (...) Quand le portail de la maternelle à cédé on a vu une vague déferler à toute vitesse... (...) Et on a passé la nuit à faire des signaux à la lampe torche aux voisins restés chez eux pour s'assurer que tout allait bien... (...) Ce fut la nuit la plus longue de notre vie".

Ailleurs dans le village, des lieux d'accueil ont également été improvisés, notamment à la salle Béraud et au Club des Jeunes, avec lits, couvertures, boissons chaudes et soutien moral...

Tout au long de la soirée et de la nuit, des hélicoptères ont survolé notre commune afin de porter secours à toute personne en difficulté... Certaines, réfugiées à la hâte sur des toits, ont ainsi pu être rapidement évacuées par hélitreuillage...

Dégâts

Au petit matin, les eaux se sont peu à peu retirées, abandonnant toutes sortes de débris à tous les soins de rue et laissant apparaître l'étendue des dégâts, plus importants les uns que les autres : arbres déracinés ou menaçants, routes détruites, cimetières profanés, habitations endommagées... De nombreuses personnes ont été portées disparues, et plusieurs victimes ont été retrouvées... Au-delà du matériel, c'est une souffrance psychologique qui se fait ressentir, face à cette catastrophe dont notre commune n'avait pas revécu l'ampleur depuis presque 200 ans, le 6 juillet 1827.

Village méconnaissable

Village méconnaissable1

Nartuby

Solidarité

Je mets ci-dessous, les liens afin que vous puissiez aller lire les articles sur Trans dans mon ancien blog :

L'inondation de Trans en Provence le 15 juin 2010 - Nadine de Trans en Provence

Sachez tout d'abord que je vais essayer de ne pas écrire de bêtises et de décrire ce que j'ai vu. Quand on nous parle d'une catastrophe survenue ici ou là dans le monde, on se dit que chez nous, cela ne peut pas arriver... et pourtant ! En Vendée, il...

http://transenprovence.over-blog.com
Nouvelles photos et vidéos du jour de la catastrophe - Nadine de Trans en Provence

Bonjour, Hélène, une transiane, m'a envoyé de nouvelles photos du soir de la catastrophe. Ce devait être entre 18 et 19 heures. Par la suite, l'eau est encore montée, a débordé sur la route et dans le village. Hélène a pris les quatre premières photo...

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A Trans en Provence, même les morts ne reposent pas en paix ! - Nadine de Trans en Provence

Je vous donne une précision pour commencer : à Trans, nous avons deux cimetières, le vieux et le nouveau. Je vous dis cela car des lectrices m'ont écrit pour savoir si leur tombe de famille avait été endommagée. Autre précision que je rajoute aujourd'hui...

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Constatation des dégats le lendemain - Nadine de Trans en Provence

Le lendemain, mercredi 16 juin, après le vieux cimetière je me suis rendue dans le village. Quel spectacle de désolation ! C'est incroyable, il faut le vivre et le voir pour y croire ! Dans la rue du Bachas, qui mène au cimetière, le goudron est explosé...

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Constatation des dégats le lendemain (suite 1) - Nadine de Trans en Provence

A cet endroit s'élevait un cèdre majestueux qui avaient connu de nombreuses crues, nous à Trans, on dit de nombreux débords et dont la enième l'a emporté... S'inscrire à la newsletter Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

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Constatation des dégats le lendemain (Suite 2) - Nadine de Trans en Provence

J'ai pris ces photos de l'emplacement où se trouve notre lavoir communal (désaffecté) dit Le Bassin neuf. L'endroit a été totalement raviné puisque totalement submergé par la Nartuby. Le lavoir par lui-même a subi des dégâts et des voitures sont allées...

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Le désastre : photos de Laetitia - Nadine de Trans en Provence

A partir de maintenant et pour aller plus vite je vais passer les photos en fonction des personnes qui me les ont envoyées. Laetitia habite à Trans en Provence. Voilà ce qu'elle m'a écrit le 26 juin : "Je suis tombée sur votre site car je cherchais des...

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Les photos de Marc du Blogmotte (1) - Nadine de Trans en Provence

Je vous montre les photos que Marc du Blog de la Motte m'a envoyées (j'y ai inclus quelques unes des miennes pour compléter le reportage). Il s'agit de photos de Trans mais plus particulièrement des abords, de la zone commerciale, du stade, etc... Pour...

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Les photos de Marc du Blogmotte (2) - Nadine de Trans en Provence

Et encore une petite suite avec les photos de Marc. Il m'en a envoyé beaucoup, je ne peux donc pas tout vous montrer, j'ai du faire un choix. S'inscrire à la newsletter Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

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Contre les éléments déchaînés, nous sommes bien petits... - Nadine de Trans en Provence

Nous sommes le 20 juillet, il y a un peu plus d'un mois, le 15 juin, une catastrophe touchait une partie du Var, dont notre village de Trans en Provence. Certains ont déjà oublié... pas moi. C'est l'été, il fait chaud, on pense aux vacances. Mais ceux...

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15 juin 2020

Le débordement de la Nartuby en 1827

Je repasse aujourd'hui cet article du 14 janvier 2017. Il relate l'inondation meurtrière du 6 juillet 1827. Hélas, l'histoire ne fait que se répéter, souvenez-vous, c'était il y a 10 ans, les 15 et 16 juin 2010. Un article va suivre d'ailleurs à ce propos.

Saut-capelan

 Le Saut du capelan à La Motte (Photo internet)

La Nartuby, petite rivière entièrement varoise, de 32 km de longueur, a deux sources différentes qui, à environ 1000 m d'altitude sortent de terrains calcaires. Elles sont distantes, à vol d'oiseau, de 20 km l'une de l'autre. La première, à 1km au levant du château de Vérignon, forme la Nartuby d'Ampus. La seconde, à l'ouest du Blac Meyanne et au nord de Bargemon, engendre la Nartuby de Châteaudouble ou Nantuby.
Les deux minces cours d'eau se réunissent près de la source des Frayères (en provençal
fraièro ou freièro, lieu froid ou eaux froides, les Frayères alimentent Draguignan en eau potable), en amont du hameau de Rebouillon, de nom significatif (où les eaux bouillonnent, s'agitent), et en aval de gorges profondes et sinistres sur le rebord occidental desquelles s'étend le vaste camp préhistorique des Clapouyres que, soit dit incidemment, très peu d'archéologues et de touristes connaissent. Ce camp, pré-romain et gallo-romain, est sans doute le plus grand et le plus caractéristique du département du Var. Il possède, en pierres sèches, des enceintes et des murailles fortifiées de dimensions colossales. Nous ajouterons qu'il est à 605 m d'altitude, que son nom vient de clapo, pierrée, lieu pierreux, caillouteux, et qu'il est voisin des grottes des Chèvres, des Chauves-souris ou en 1926, M. le docteur Le Même, inspecteur de l'assistance publique à Draguignan, découvrit un petit ours fossilisé (ursus speloeus). Ainsi constituée, la Nartuby entre dans la dépression de Draguignan, passant à 1,5 km à l'ouest de cette ville à laquelle elle envoie de sa rive gauche, un canal d'industrie et d'irrigation appelé Pis. Peu après, quelques eaux salées lui arrivent de la source de la Foux (1000 litres/seconde en hiver et au printemps 600 litres à l'étiage). De nouveau, la Nartuby s'engouffre dans des défilés où elle se précipite en cascades d'abord à proximité de Trans puis, au Saut du Capelan (30 m de profondeur), dans le voisinage même de La Motte. Elle se jette enfin dans l'Argens, au bourg du Muy, à une altitude, au-dessus de la mer d'un peu moins de 20 m et avec un débit oscillant, suivant la saison, entre 600 et 1060 litres/seconde. Dans tout son trajet, elle a successivement coulé sur des terrains permiens, triasiques et oolithiques. Son lit, de 15 m de largeur en moyenne, souvent aux trois quarts à sec, la fait ressembler à la plupart des autres rivières méditerranéennes "bonne seulement à sécher le linge" ou, pour user d'un calembour aimé des géographes, "rivières ayant, comme l'université de Salamanque, trois mois de cours et neuf mois de vacances".
Très paisible dans sa modestie, la Nartuby paraît n'avoir jamais eu de colère. Pourtant, le 6 juillet 1827, elle eut un débordement subit et violent, faisant des victimes, qui rappelle, en petit, la terrible crue du Gapeau, le 8 septembre 1651, dans les communes de Signes, Belgentier et Solliès-Pont.

Voici, du triste évènement que provoqua notre rivière, la relation émouvante rédigée par un contemporain, de nom inconnu :
"Le 6 juillet 1827, un orage épouvantable de grêle et d'eau a éclaté sur les communes d'Ampus, de Châteaudouble, de Montferrat et de Tourtour. Ses effets ont été aussi prompts que désastreux. L'eau tombant par les torrents sur un sol de plusieurs lieues carrées entouré de collines. La rivière de Nartuby, les ruisseaux et les ravins qui y affluent ont acquis en peu d'instants un volume prodigieux, et les campagnes inférieures ont aussitôt présenté l'image d'une vaste mer... Nombres de maisons ont été renversées, le toit de plusieurs autres a cédé sous le poids de la grêle.
Les malheureux habitants, sans asile, n'ont sauvé leur vie qu'en montant à la hâte sur des arbres où ils sont restés jusqu'à la retraite des eaux. Dans cette pénible position, ils ont eu la douleur de voir sous leurs yeux leur bétail, leurs meubles, leurs blés entraînés et perdus. L'inondation a envahi les champs récemment moissonnés comme ceux qui étaient à la veille de l'être ; elle a couvert les prairies et les vignes.
D'énormes quartiers de pierre que les eaux roulaient avec violence ont détruit les plantations d'arbres, emporté la terre végétale et n'ont laissé sur leurs traces que la stérilité et la désolation. Le joli hameau de Rebouillon a une lieue de Draguignan a particulièrement reçu des dommages qui seront à jamais irréparables. Un foulon (moulin ou machine à fouler les draps, autrement dit destiné à leur donner un certain apprêt) très utile à la contrée et la maison contiguë ont été complètement détruits ; il n'en est pas resté un seul mur. Il se trouvait dans cette usine une quantité considérable de pièces de draps qui ont disparu avec tous les instruments, les meubles et les bestiaux du propriétaire. Les amateurs d'antiquités regretteront le pont de la Granegone bâti sur la voie aurélienne par les Romains (1), dont on admirait la hardiesse et la légèreté. Ce monument précieux, qui avait résisté à vingt siècles, a été démoli en un instant par l'inconcevable fureur des eaux. Le territoire de Montferrat est celui de tous qui, dans cette circonstance, a souffert les plus vastes et les plus irréparables dégradations... Lorsqu'après le danger personnel passé, (les habitants) ont pu envisager l'immensité de leurs pertes, ... Ils n'ont plus vu que de profonds ravins, des tas de sable et de pierres, là où deux heures auparavant l'oeil satisfait pouvait contempler de riants vergers d'arbres fruitiers et de florissantes prairies.

Ex-voto

Ex-voto réalisé à l'occasion de cette catastrophe (Photo Nadine)

Les communes de Draguignan et de Trans, quoique hors de l'action immédiate du météore orageux n'ont pas éprouvé de moindres dommages dans leurs territoires respectifs. Elles ont eu même le malheur particulier de compter des victimes... Tout à coup apparaît une masse effroyable d'eau traînant avec elle des charpentes, des meubles, des bestiaux ; cette eau, impétueuse enveloppe, enlève tout ce qu'elle rencontre ; les travailleurs ont à peine le temps de se sauver sur les hauteurs, quelques uns grimpent sur les arbres où ils restent jusqu'à la nuit : le torrent dévastateur sape et renverse les murs de clôture, arrache vignes et arbres fruitiers, et sème partout les débris des premières démolitions... Six personnes, cinq hommes et une jeune fille..., ont péri en tentant de sauver leurs gerbes emportées par les eaux. Leurs corps n'ont été retrouvés que le surlendemain de l'orage. Quatre de ces infortunés appartiennent à la commune de Trans, et deux à celle de Draguignan (2). Le nombre des victimes eût été sans doute plus grand, sans la présence d'esprit et le zèle prévoyant d'un habitant de Trans qui, dès la première apparition du danger, monta à cheval et parcouru rapidement les lieux menacés avertissant à grands cris les travailleurs de pourvoir à leur sûreté. L'auteur de cette belle action..., c'est Monsieur Boyer, commerçant en bois... Les dommages des six communes ravagées ont été, au premier aperçu, évaluées en totalité à un million de francs. Mais on se convaincra qu'ils dépassent de beaucoup cette somme si l'on considère le nombre et l'étendue des démolitions, la perte des provisions et des meubles, celle de la présente récolte de grains et de fourrages, celle des bestiaux, etc... et, plus que tout le reste la valeur du sol dont la terre végétale a été emportée jusqu'au roc et dont la remise en culture est au-dessus de tout les efforts de la puissance humaine".
La calamité qui venait ainsi de désoler les bassins supérieurs et moyens de la Nartuby eut des répercussions au sein du conseil municipal de Trans.
"Par délibération du 28 octobre 1827, l'assemblée approuve une dépense de 115,95 frs. pour la réparation du parapet du Pont vieux détruit par l'inondation de la fatale journée du 6 juillet dernier, laquelle reconstruction était commandée par les circonstances les plus impérieuses vu l'urgence et le péril dans le retard".
D'autre part, le 14 mai 1828, à huit heures du matin, le Maire M. Leydet dit au conseil :
"Messieurs, vous avez encore présente à la mémoire la fatale journée du 6 juillet dernier qui détruisit une partie de vos récoltes et qui vit périr, au milieu des flots, quatre personnes de cette commune. Voulant perpétuer le souvenir de cette époque désastreuse et le transmettre à nos neveux et arrière-neveux pour qu'ils aient à se prémunir dans le cas où un pareil désastre viendrait à se reproduire, j'ai fait graver, sur une pierre de marbre, une inscription qui rappelle cette déplorable journée, et les malheurs qui en furent la suite. Elle est placée comme vous savez, à l'angle du mur de la maison Boyer, au pied du Pont vieux et à la hauteur où les eaux de la rivière se sont élevées lors de cette effroyable inondation. La dépense s'élève à la somme de 50 frs. et je vous invite à demander à cet effet à M. le Préfet un crédit additionnel au budget de 1828".
La proposition fut adoptée. Le Maire confirma en ces termes : "Payons, en cette occasion, un tribu de reconnaissance à Mgr l'Evêque de Fréjus (Charles-Alexandre de Richery, né à Allons le 31 juillet 1759, sacré le 20 juillet 1823, ancien chanoine de l'église métropolitaine d'Aix et ex-vicaire général de Sénès) et rendons hommage à ce digne et respectable prélat pour les abondantes consolations qu'il est venu rependre dans cette cité et pour les secours spirituels et temporels qui a fournis aux parents des victimes.
Ont signé au registre des délibérations : Lambert, Blanc, Pellerud, Muraire, Théus, Blanc, Vidal, conseillers ; Leydet, Maire.

Plaque

La plaque commémorative de l'évènement (Photo Nadine)

L'inscription commémorative gravée sur marbre et apposée au pied du Pont-Vieux est ainsi libellée : "Le 6 juillet 1827, les eaux de la rivière se sont élevées jusqu'à cette hauteur, ont inondé une partie du village et englouti une maison avec ses habitants".

Elle a été ensuite déplacée pour figurer aujourd'hui, près du dit pont, sur un portique d'érection récente. Puisse-t-elle, d'après le désir même du brave M. Leydet, Maire de Trans, nous rappeler toujours la soudaine irritation de notre "sèche" Nartuby afin de nous garantir, les cas échéant contre la surprise et la violence de ses autres fureurs !

Auteur : Louis HONORE

(1) La voie aurélienne construite en 242 av JC par les Romains pénétrait dans les Gaules par le littoral méditerranéen, passait au Muy, d'où un embranchement dirigé sur Riez, traversait le territoire de Draguignan par le chemin actuel de Montferrat (ancien chemin de Riez) et le quartier de la Clape.

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Acte de décès de Joseph Giraud époux de Françoise Maurin (Photo Nadine)

(2) Ce furent, à Trans, Joseph Giraud époux de Françoise Maurin, 32 ans, menuisier ; André Blanc, veuf de Justine Guiol, 65 ans, cultivateur ; Marie Blanc, fillette de 11 ans, tous décédés le 6 juillet à quatre heures sur soir et Hilaire Garcin, époux d'Agnès Ferrat, 65 ans, fidalier (fabricant de vermicelles) mort le lendemain à 11 heures du matin. A Draguignan, Adélaïde Giraud, 26 ans, journalière, née et domiciliée à Montferrat fille de Victor Giraud, cultivateur domicilié à Montferrat de de Marguerite Brunet, décédée le 6 juillet à quatre heures du soir, et Joseph-Emmanuel Christophe Reboul, 46 ans, ménager époux de Blanche Bonnet, né et domicilé à Draguignan  fils de feu Honoré Reboul, propriétaire cultivateur domicilié à Draguignan et de feue Thérèse Blanc, décédé le même jour à six heures de l'après-midi.

Barre-fleurs-roses

   

01 février 2020

Les oratoires de Trans en Provence

Oratoire-cypres

Les oratoires sont la mémoire de nos villages. Un oratoire est à la base une chapelle, un lieu de dévotion invoquant la protection divine. Plus précisément, ce terme désigne un petit monument voué au culte d'un saint ou d'une sainte représenté par une statuette ou parfois tout simplement par une simple plaque à son image ou bien par une croix.

En Provence, région particulièrement dotées de ces fameux oratoires, c'est à Moustiers-Sainte-Marie dans les Alpes-de-Haute-Provence que se trouve le plus ancien des oratoires datant probablement du XIVe siècle.

Le Beausset, village varois revendique le titre de capitale des oratoires ; cette commune en possédant à elle seule, une soixantaine environ. Il existe d'ailleurs au Beausset un chemin pédestre baptisé "le chemin des oratoires" jalonné de treize édifices.

L'oratoire a donc un caractère rural puisqu'il permettait aux paysans qui habitaient dans les fermes ou les bastides de venir se recueillir et de faire une prière sans pour autant se rendre à l'église qui pouvait être parfois assez loin de leur lieu d'habitation.
Les oratoires ont été érigés en accomplissement d’un voeu, pour remercier d’une grâce accordée ou plus simplement pour honorer la très Sainte Vierge Marie, mère de Dieu ou le Saint auxquels ils sont dédiés, leur emplacement et leur environnement ne sont pas fortuits. Ils sont placés en évidence à un carrefour, à un col, à un passage périlleux. Ils peuvent indiquer un sentier conduisant à un ermitage ou à une chapelle ainsi qu'un lieu de pèlerinage. Ils nous invitent de toute façon au recueillement et à la prière, en faisant une halte sur les sentiers de la foi. Ils font partie des paysages de nos régions et de notre patrimoine religieux et artistique. Ils doivent être préservés et restaurés comme toute autre construction bâtie par nos ancêtres.

Source : Almanach de la Provence

Oratoire

Pour lire l'article consacré aux oratoires dans mon blog Passion Provence, c'est par ici :

Des montjoies aux oratoires - Passion Provence

A l'origine des oratoires, certains chercheurs n'hésitent pas à voir une manière de perpétuer les menhirs antiques tout en les détournant de leurs cultes originels. Selon l'abbé Moreri, qui fut un spécialiste en ce domaine, ces monuments votifs trouvent leur origine dans les pèlerinages.

http://www.passionprovence.org

Les oratoires de Trans en Provence

A Trans en Provence, on trouve à ma connaissance trois oratoires. Celui consacré à Saint Jean, l'autre à Saint Victor et le dernier à Saint Jean Baptiste. 

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Oratoire Saint Jean (Photo Nadine)

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Oratoire Saint Jean vu de près (Photo Nadine)

1/ L'oratoire de Saint Jean est située à l'angle de l'ancien chemin de Trans et du chemin des Portes. Il était en mauvais état et a été restauré par des bénévoles de la paroisse au cours de l'année 2018. La niche abrite trois petites statuettes qui sont : Saint Jean le Baptiste, Sainte Thérèse de Lisieux, et Saint François d'Assise.

Oratoire St Jean 

 

Oratoire de St Victor 1

 Oratoire Saint Victor (Photos du site oratoire.com)

Oratoire de St Victor 2

 2/ L'oratoire de Saint Victor est à l'intersection des chemins de Saint Victor et du Peybert. Un tableau représentant Saint Victor est visible à l'intérieur de la niche.

Oratoire St Victor

 

Oratoire aux Suous1 

Oratoire aux Suous2

 

Oratoire aux Suous3

 Oratoire Saint Jean Baptiste (Photos du site oratoires.com)

3/ L'oratoire de Saint Jean Baptiste est à l'entrée d'une propriété sise au quartier des Suous. Il fait office de pilier de portail !

Oratoire St Jean Baptiste

Nota : J'ai relevé les caractéristiques des trois oratoires sur le site oratoires.com.

 

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