Trans en Provence au fil de la Nartuby

Bienvenue à Trans en Provence

J'ai mis en place ce blog sur Trans en Provence pour parler de mon village, de son histoire, de ses habitants, de son passé tout simplement... pour qu'il en soit un petit peu la mémoire. Je ne suis pas historienne, ni spécialiste en quoi que ce soit, mais je suis curieuse de tout. Mes recherches généalogiques m'ont conduite à m'intéresser à l'histoire, la grande et la petite.  

Mon autre blog :  Passion Provence 

http://www.passionprovence.org

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23 octobre 2018

Exposition : 1918... la fin de l'enfer

1918

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Des nouvelles de Nadine

Bonsoir à toutes et à tous,

l'exposition ainsi que le spectacle ont été un succès le dimanche 7 octobre. Il y avait énormément de monde. J'étais ravie, tout ce passait à merveille. Le lendemain tout a basculé. Je faisais la permanence du lundi après-midi et là, je me suis prise les pieds dans les pieds d'un panneau. Je suis tombée et après avoir été conduite à l'hôpital par les pompiers, on m'annoncé que mon poignet droit était cassé. Mon radius était en miettes. J'ai été opérée le lendemain et le chirurgien m'a posé une plaque et des vis. Je suis rentrée chez moi le vendredi. Pour se débrouiller avec la main gauche quand on est droitière, je ne vous raconte pas la galère ! Bref, j'en ai pour 6 semaines si tout va bien. Alors donc, pour le moment je ne peux pas écrire. 

Si vous voulez voir des images de l'exposition et du spectacle, il faut aller sur le site de la mairie de Trans en Provence. Voilà le lien : https://www.transenprovence.fr/index.php/le-village/actualite-archives/814-exposition-et-spectacle-sur-notre-commune-de-trans-en-provence

Je vous dis à plus tard fidèles lectrices et lecteurs. A présent, je n'ai plus qu'à prendre mon mal en patience. Merci de continuer à venir lire mon blog tout de même, il y a sûrement des articles que vous n'avez pas lu ou que vous désirez relire. 

Nadine

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16 septembre 2018

Exposition : Trans et les Transians au fil du temps

Bonjour à toutes et tous,

vous avez remarqué que je ne poste plus d'articles en ce moment. En fait, je n'ai pas le temps car je prépare mon exposition de photos et cartes postales anciennes de Trans en Provence. La paroisse reçoit Monseigneur Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, pendant quatre jours au mois d'octobre et Monsieur le curé m'a demandé de présenter à nouveau l'exposition que j'avais faite en 2006 à l'Hôtel de ville. Cette exposition avait eu à l'époque un énorme succès et j'avais vu défiler pendant neuf jours plus de 2 000 visiteurs, ce qui a été pour moi une sacrée surprise et une magnifique reconnaissance de mon travail. Donc, cette nouvelle exposition, enrichie d'autres panneaux de photos et de cartes postales, sera présentée du 7 au 10 octobre 2018 à la salle polyvalente de Trans en Provence. Le 7 octobre, à 19 heures, il y aura l'inauguration de mon exposition : "Trans et les Transians au fil du temps", puis à la suite, un spectacle intitulé : "Trans au fil des siècles" présenté par les paroissiens de Trans en Provence et de La Motte qui dure environ une heure et qui résumera l'histoire, au combien riche, de notre village. Ensuite, un buffet dinatoire offert sera proposé.

Je mets ci-dessous le deux affiches de ces manifestations.

Trans et les Transians au fil du temps-Exposition affiche

TRANS EN PROVENCE Spectacle affiche

Dans la semaine, l'exposition sera ouverte de 10 h à 12 h et de 15 h à 18 h. J'espère que les Transians seront à nouveau fidèles comme en 2006 et viendront nombreux se replonger dans leur passé. Je serai présente l'après-midi des 8, 9 et 10 octobre. Un grand merci d'avance à vous toutes et tous.

Bonne exposition et bon spectacle !

 

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28 août 2018

La chapelle Notre-Dame de Pitié


Chapelle Notre-Dame 1

Chapelle Notre-Dame 2


Chapelle Notre-Dame 3

 

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27 mars 2018

Visite de l'église paroissiale

Eglise 1

Notre église paroissiale est placée sous le vocable de Saint Victor. Elle fut consacrée le 22 novembre 1496. La nef latérale lui fut rajoutée entre 1767 et 1770. L'église que vous découvrez, dans sa simplicité actuelle, a fait l'objet d'une restauration intérieure dans les années 1983-1989. Eclairez-vous si vous le jugez utile, et commencez la visite par la petite nef. La porte que vous venez de franchir a été réalisée dans le style de la porte centrale par un ébéniste transian en 1999. 

Après la statue de Sainte Rita, le premier autel est dédié à Saint Sébastien dont quelques reliques furent déposées dans le maître-autel le jour de la consécration de l'église. Capitaine de la compagnie des gardes, Sébastien fut martyrisé sous la persécution de Dioclétien en 288. Le vitrail de cet autel ainsi que le troisième de la nef ont été réalisés par A. Doumerc, peintre verrier à Toulouse. Admirez leur finesse. A gauche de l’autel, la statue de Saint Antoine de Padoue. Le deuxième vitrail est l'œuvre de Didron, maître-verrier parisien. Il représente la "Descente aux Enfers" de Jésus pour sauver les Justes de l'Ancien Testament. Regardez bien et essayer de reconnaître les personnages représentés. Vous pouvez vérifier vos réponses avec le descriptif placé devant l'autel dédié à saint Michel archange. A droite remarquez la belle statue de Sainte Justine. L'autel suivant est celui de Saint Joseph. Le bas-relief retrace sa vie de travail et de famille avec Jésus. La statue est l'œuvre de Gatard, statuaire de renom à Marseille ; elle a été offerte par une personne anonyme de notre paroisse en souvenir de sa fille ; elle "demande en échange un pater et un avé pour le repos de son âme". De part et d'autre de cet autel on trouve les statues de Sainte Thérèse à gauche et de Sainte Madeleine à droite. En face, entre les deux nefs, le monument pour les enfants de Trans tombés au champ d'honneur pendant les deux guerres mondiales et l'autel de Sainte Jeanne d'Arc inaugurés le 16 mai 1920, l'année même de la canonisation de Jeanne.

Eglise 3

Vous arrivez devant l'autel du Saint Sacrement. La petite veilleuse rappelle que, pour les catholiques, le Seigneur est présent parmi nous et les invite à prier. Vous êtes dans une partie de l'église du XIII siècle comme l'indique la croisée d'ogive de la voûte. Cet autel de style gothique a été réalisé au XIX siècle en pierre de Grenoble."La pierre sculptée qui forme le tombeau est d'un seul bloc. On y voit dans un médaillon de bonne exécution la Mère admirable filant sa quenouille" (Conseil Paroissial). Cet autel a été aménagé et restauré en 1993 par deux transians, Messieurs Imbert et Lanne, pour recevoir la statue de Notre-Dame de Saint Victor, vierge polychrome du XVI siècle sculptée dans un tronc de noyer. Cette statue a été sauvée de la destruction en 1793 par un jeune transian, Jean Bertrand, qui est allé la chercher dans le canal des Vignarets où elle avait été jetée par les révolutionnaires. En pleine nuit, à ses risques et périls, il la transporta dans un petit cabanon sur la colline de Saint Victor, l'enfouit sous un tas de foin et, le jour suivant, rendit ce cabanon inaccessible en le masquant avec une provision de bois d'olivier. Passé la tourmente, le cabanon devint un oratoire familial où, de sa niche, Marie veillait sur les siens. Au moment de la vente du terrain, la famille Agnès, héritière de la famille Bertrand, emporta la statue et la conserva chez elle à Toulon. En 1993, elle décida de la restituer à la paroisse de Trans, pour qu'elle retrouve, deux siècles après, une place honorable dans l'église. Derrière la statue, caché en partie, le tableau du Rosaire représente Marie entourée de Saint Dominique et de Sainte Catherine de Sienne. Il date du XVII siècle. A votre droite, un vitrail réalisé par Didron, représente l'adoration des Mages. "La finesse de ton des couleurs charme et captive le regard, la pureté des lignes et l'expression étonnante de toutes ces figures ravies, de toutes ces grandeurs humaines abaissées devant l'Enfant Dieu et la Sainte Famille, Marie et Joseph, dans la pose calme et majestueuse de leur divine destinée remplissent d'admiration le connaisseur, comme celui qui est le plus étranger aux œuvres d'art".

Eglise 2

En vous dirigeant vers le chœur, regardez à droite la statue de Saint Victor du XIX siècle. Dans le chœur, le retable avec son maître-autel (autel où le prêtre célèbre la messe) en bois sculpté, peint et doré a été réalisé en 1690 pour la chapelle Notre-Dame et transféré à l'emplacement actuel en 1989 (classé). Le tableau est de 1687 ; il a été peint par un certain J.L. Gasiaud (autant qu'on puisse déchiffrer) ; il représente une descente de croix. Les boiseries datent des XVII et XVIII siècles. Elles ont été restaurées en 1996 par la Municipalité. De chaque côté sont exposés dans des niches les bustes-reliquaires de Sainte Justine à droite (1712 ) et de Saint Victor à gauche ( 1702 ). Sous les arcs, sont placés deux tableaux : à droite Saint Vincent diacre et martyr en 304 ( XVII - XVIII ? ) , à gauche Saint Antoine, ermite ( XIX ). Derrière le retable, on voit trois vitraux : au centre, caché en partie, Marie couronnée par la Trinité avec Saint Victor et Sainte Roseline à ses pieds - à droite Saint Paul - à gauche Saint Pierre. A droite du chœur, vous voyez "l'ambon" qui est la partie inférieure de l'ancienne chaire de l'église datant de 1865. A gauche du chœur, vous découvrez une croix en plâtre dorée et ornée des signes des évangélistes aux quatre extrémités, puis la statue de Sainte Roseline, bénite le 8 juin 1851. Cette sainte est particulièrement vénérée dans la région puisque son corps est visible dans la chapelle qui porte son nom, sur la commune voisine des Arcs. On peut la visiter. Regardez attentivement au dessus de l'orgue le tableau peint sur bois. On peut imaginer être devant un triptyque parce qu'il manque l'arrière-train du petit cochon. En fait, le peintre a séparé le tableau en trois parties : au centre Saint Antoine, à droite Saint Honorat, et à gauche Saint Martin. Il date du XVI siècle et il est classé. De chaque côté, se dressent deux colonnes torses en bois doré. Ce sont les vestiges de l'autel de 1679. L'autel suivant est dédié à Saint Roch, que l'on reconnaît à son bâton et à son chien. Les Transians ont une grande dévotion pour ce Saint qui préserva le village de la peste à deux reprises. Il est fêté chaque année le 16 août ; c'est la fête locale. L'autel suivant est celui du Sacré Cœur de Jésus. Admirez toutes ses statuettes de terre cuite. Le denier autel est dédié à Sainte Roseline. Elle est reconnaissable à son habit de Chartreuse et à ses roses. Vous voici devant les fonts baptismaux, construits à la suite d'une délibération du Conseil de la Communauté en date du 28 février 1773 et restaurés dans leur forme actuelle en 1861. C'est ici que furent baptisés les plus humbles comme les plus illustres paroissiens de Trans. Sous la tribune, admirez le tambour et son système de fermeture ; ils datent du XVII siècle. A droite, un tableau du XVII siècle représente Saint Roch entouré de Saint Christophe, facilement reconnaissable puisqu'il porte le Christ sur ses épaules, et du seigneur Gothard, noble de Plaisance (Italie), propriétaire du chien qui apportait à Saint Roch son pain quotidien. A gauche, un tableau du XVII siècle représente le martyr de Saint Sébastien avec à sa droite Saint Pons et à sa gauche Saint Clair. L'église est un lieu de prière, où se rencontrent les chrétiens et où ils retrouvent leurs ancêtres dans la foi. En sortant, regardez la façade principale "en pierres, petit blocage, d'une taille tout à fait primitive comme celle des piliers intérieurs et des arceaux de la voûte". Vous découvrirez dans le fronton, "une pierre blanchâtre, d'une toute autre qualité sur laquelle était sculpté le monogramme du Christ entouré de rayons lancéolés et surmonté de la croix".

Eglise 4

Source : Ecrit par le Père Pierrugues qui fut curé de Trans de 1992 à 2002 avec la collaboration de Nadine Barret qui a fait les recherches. Photos du site de la paroisse de Trans en Provence.

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25 janvier 2018

Surnoms et sobriquets

 

Café du Var

 A Trans comme de partout, dans tous les villages, il était courant de désigner une même famille par un surnom, un sobriquet qui lui était propre et qui pouvait éventuellement se transmettre de génération en génération pour la distinguer d'une famille homonyme. Mais il était aussi courant de donner un surnom particulier à une seule et même personne, généralement à son insu. On le lui attribuait en fonction de son physique, de son caractère, de son origine, d'une action qui lui était propre, etc... Pour vous donner une idée de ces surnoms, j'ai interrogé quelques Transians qui se souviennent, chacun à leur époque, puisqu'ils n'ont pas le même âge, qu'il y avait telle ou telle personne qu'on appelait de telle ou telle façon. Je n'ai choisi aucun ordre particulier pour les citer.  

- Parmi les nombreux Orgias, "Mamanca" (Il m'a manqué), "Senso artèou" (Sans orteil), "La Peire" (La poire), Le Mescle.

- Edouard Brunengo dit "Tabagras".  

- Boyer dit "Buisson".  

- Le mari de Jeannette Castellan était surnommé "Traou" parce qu'il était fossoyeur.  

- La mère de Gaston Sciandra était appelée " Lucie des petits yeux".  

- La mère de Nénette Martin, "Manche d'ombrelle".  

- Monsieur Giraud dit "Mange merde" parce qu'il en avait mangé pour une pièce de 5 francs quand il était jeune (un pari entre copains sans doute).  

- Madame Pellerud était dite "Tortelle".  

- Françoise Roux dite "Chiquinotte".  

- Marie Ferrero était "Marie la Nègre".  

- Ferdinand Lyon dit "La Visquette".  

- Laugier dit "L'agasson".  

- Lerda "La Piatte" (village du Piémont dont il était originaire).  

- Maurice Brunengo "La Mûle".  

- Louis Brunengo dit "Le Préfet" parce qu'il travaillait à la préfecture.  

- Pierrot Mireur était "Pilu".  

- Monsieur Guiol dit "Gioù cagagne".  

- Elisa Andrac dite "La machotte" (La chouette).  

- La Matelotte.  

- Anna Brunengo dite Ninchotte.  

- Jean Ferrero dit "Jean lou bletoun".  

- Louise Calès était dite "Saccoche".  

- Lucien Chiapello dit "Tercile" était surnommé "Tournus".  

- Jauffret le goï (Le boîteux).  

- Il y avait aussi Campana surnommé "Quarante et passe poules" parce que c'était une expression qu'il employait.  

- La "Bonasse".  

- Garcin dit "Chichi panpan".  

- Joséphine Laugier épouse Dégenève dite "Fifi piqûre" parce c'était la seule "infirmière" du village et qu'elle a dû piquer toutes les fesses de Trans y compris les miennes... etc.  

Il y en a d'autres, je ne les connais pas tous et mes contributeurs non plus. Si d'autres surnoms vous reviennent en mémoire en lisant cet article, vous pouvez toujours me les communiquer. Ils seront les bienvenus.

 

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14 novembre 2017

Claudius le Magnifique et l'Auberge du Vieux Moulin

 

Auberge du Vieux-Moulin

 Cela commence comme un conte de Noël : il était une fois à Trans, une grotte millénaire dédiée à sainte-Catherine, la patronne des mouliniers, dans laquelle jadis on pressait les olives. Hélas, les moulins de Trans mouraient à petit feu car le progrès avançait à grands pas et ces moulins qui avaient fait la prospérité et la renommée du village finissaient leur vie envahis par les ronces. Il y avait alors à la gare des Arcs, un conducteur de locotracteur de Trans appelé Claudius Lambert qui chaque fois qu'il passait sur la ligne versait une larme sur les cadavres de ces moulins. Un jour, ce cheminot acheta le moulin abrité par la grotte dans lequel plus personne n'entrait à part les lézards. Toutes ses économies y étaient passées, mais il aimait son pays et ce moulin d'où le regard tombe à pic dans les gorges. Voilà qu'il se mit à retaper cet endroit pendant ses jours de repos avec sa petite famille. On le voyait transporter du ciment, gâcher le mortier, toujours la truelle à la main. Les gens s'interrogeaient : "Mais qu'est-ce qu'il fait Lambert ?" C'est qu'il avait sa petite idée derrière la tête Claudius. Entrons avec lui dans la grotte. Elle est profonde et pleine de lumière. On descend des marches, à droite, des fenêtres s'ouvrent sur l'abîme de la Nartuby, à gauche, un pressoir tout propre comme s'il allait en couler de l'huile. En face, un âtre creusé dans la roche où rôtissent à la broche des cailles bardées de lard, au milieu, des tables où des gens sont installés parlant et riant à la lueur des chandelles.

Auberge du Vieux-Moulin1

Auberge du Vieux-Moulin2

Auberge du Vieux-Moulin3

Auberge du Vieux-Moulin4

Auberge du Vieux-Moulin5

 Au fond, pour la Noël, il y a une crèche mais pas une crèche comme les autres. Une vraie crèche avec de vrais animaux : des agneaux, un âne, un boeuf. Sans oublier la sainte famille et les bergers. Lambert explique : "J'ai pensé que dans cette grotte on pouvait faire une salle à manger avec une façade de petites fenêtres et là-haut au soleil dans les hangars où arrivaient les cacolets pleins d'olives, des chambres. J'ai utilisé la source qui se perd dans la Nartuby pour remplir les petits bassins de décantation d'huile et je les ai transformés en viviers à truites et à écrevisses. J'ai fabriqué les tables avec des troncs de chênes-verts et des gros plateaux épais à peine dégrossis. Pour les chaises j'ai utilisé des planches de la scierie. Les lustres, je les ai faits avec les roues dentées en bois des pressoirs et j'ai bricolé les lampes avec de vieux calens en cuivre trouvés dans la poussière ou avec des bouteilles de vin. Les chandelles avec des branches de sureau. J'ai tout refait : les planchers, les escaliers, la toiture, les fenêtres. J'ai percé des murs épais de deux mètres, j'y ai mis l'eau et l'électricité. Pour la cuisine voilà comment ça se passe : je fais griller quelques truites à ma façon et des fritures d'écrevisses. Quelques personnes en mangent, elles en redemandent, reviennent et ramènent des amis qui reviennent. Des curieux, des gens de ville qui cherchent à retrouver les vraies façons de manger au calme loin de toute cette agitation. Michèle Morgan est venue manger un jour et une autre fois, le prince de Roumanie, un prince qui se lèche les doigts jusqu'au coude et qui me tutoie. Un prince, chez moi, un conducteur de    locotracteur des Arcs ! Et quand c'est la saison de la chasse je fais un pâté de grives, un civet de lièvre et les gens viennent en manger... Comment j'ai appris à faire la cuisine ? Mais au coin de l'âtre avec la mamé et au cabanon avec le papé. J'avais pris une truite à la pêche ? Vite un feu de sarments, un trépied, une poële et un coup d'un côté, un coup de l'autre ! Cuire une tomate ? Au cabanon, on met la tomate dans l'huile chaude, avec l'ail, l'oignon, le persil et on coule l'oeuf dessus. Voilà comment on cuit une tomate. Et les suçarèles ? Vous savez ces petits escargots de misère qu'on trouve dans les troncs d'oliviers. Ils ont une chair fine comme tout. Au vin blanc avec toutes les herbes de la montagne, j'en mange cinq cents à moi tout seul. J'ai cinq ou six spécialités : les cailles rôties au genièvre, le civet de lièvre, le coq au vin blanc, le sanglier des Maures, la brouillade de truffes, les tartes provençales". Il y a là des gens du pays, aussi des Parisiens. Il y a aussi le vieux santonnier de Trans avec son petit béret. Il s'appelle Richard, il a 81 ans. Il connaît l'histoire du pays, il sait comment le vieux château fut brûlé pendant les guerres de religion et comment on a construit sur son emplacement la jolie mairie Louis XV. Il raconte comment un curieux ingénieur belge, Achille Knappen, est venu construite à Trans un bizarre puits atmosphérique qui aspire pour en faire quelques litres d'eau, la fraîcheur de la nuit provençale. Lambert a voulu que Richard expose ici, dans la grotte, ses santons et aussi une jeune santonnière du pays, Colette Barles. Tous leurs petits personnages sont donc là et ils regardent se dorer les cailles. Le tourne-broche cliquette, le feu de pin ronfle, la cascade ronronne, la source jase dans les petites rigoles, comme au bon vieux temps de l'huile d'olive. Oui, Lambert, cheminot retraité, le moulin de la grotte tu l'as bien ressuscité. Tu aimes et tu sais faire les choses de tes mains, depuis le mortier jusqu'à la chaise et le chandelier. Tu es électricien, chasseur, plombier et pêcheur, couvreur, maçon, cuisinier et poète.  Et le lendemain, vous allez à la gare car il faut toujours aller à la gare pour avoir une idée d'une bourgade. A la gare et au cimetière. Au cimetière pour y lire les noms, les prénoms et les dates, pour sentir l'âme du passé et se souvenir. A la gare, pour le présent. Monsieur Pesquiès, le chef de gare qui tient ses mémoires de cheminot et de philosophe sur un gros livre à couverture noire le sait bien. Il vous dira que Trans vit de plusieurs choses : d'une conserverie qui fait de la conserve traditionnelle d'anchois dont le propriétaire est Fiorito, voilà qui fait pas mal d'expéditions de détail par le rail. Après, il y a le bois : il y a une scierie qui a même un embranchement. C'est Fournial qui l'avait créée et elle appartient maintenant à Collomp. Et puis, il y a des carreaux qui viennent d'Italie, pour paver les villas comme au temps des Romains. Il arrive aussi de l'outillage, des moteurs, etc... tout transite par la gare.  

   Source : D'après un article paru dans un vieux magazine et remanié par Nadine.

Claudius le Magnifique

  Claudius Lambert pose devant le comptoir arborant sa cravate de chevalier  de l'ordre de la Méduse. 

Inauguration de l'auberge1

 Photos prises lors de l'inauguration de l'auberge le 14 juillet 1954.  De gauche à droite : Hubert Duhaâ, Jackie Lambert, l'Italien qui habitait à la place du château, Claudius Lambert, Guy Perrimond, Marlène dite Poupette Lovera, Jean-marie Luccerini, Simone Lambert, Nöel Landry.

Inauguration de l'auberge2

 De gauche à droite : l'Italien qui habitait à la place du château, Marie-Lou Chiabrando, Poupette Lovera,  Guy Perrimond, Jackie Lambert, Hubert Duhaâ, Simone Michelis, Simone Lambert.  

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Comme je ne pouvais pas mettre toutes les cartes postales concernant la grotte dans cet article, j'ai mis en place un album-photos que vous pouvez voir dans la colonne du blog.  

 

25 septembre 2017

L'école autrefois

Ecole-de-garcons-vers-1910

Ecole de garçons de Trans vers 1910. Mon grand-père Louis Rambaud est au second rang à gauche  (Collection Nadine)

Ecole-de-filles-vers-1915-1916

  Ecole de fille de Trans vers 1915. Mes deux grand-tantes : Julienne Rambaud et Irène Vincent sont sur la photo. (Collection Nadine)

L'école joue un rôle fondamental dans la société provençale. Elle représente pour les enfants d'ouvriers et d'agriculteurs, nombreux dans les villages de Provence un moyen d'accéder à un niveau supérieur de l'échelle sociale. Leur présence dans les villages se multiplie considérablement au cours du XIXe siècle. L'origine des écoles au tout début du IVè siècle est traditionnellement attribuée en France à Charlemagne. L'époque moderne voit se développer de petites écoles destinées à donner une instruction de base aux enfants : lecture, écriture, apprentissage des chiffres. Ces petites écoles sont présentes surtout dans les villes et dans certaines régions et sont généralement réservées aux garçons. Sous Napoléon Ier, par décret du 17 mars 1808, le monopole de l'enseignement d'Etat est institué. Au cours du XIXe siècle, les gouvernements successifs s'efforcent d'améliorer l'enseignement primaire. Avec la loi Guizot de 1833, les communes de plus de 500 habitants sont tenues d'avoir une école de garçons. Guizot encourage aussi la fondation d'écoles primaires supérieures destinées à améliorer la formation générale et professionnelle des élèves issus de familles modestes et qui ne pourraient accéder aux collèges et lycées. En 1850, la loi Faloux, cherche à développe l'enseignement primaire en fixant le principe d'une école de garçons dans toutes les communes et d'une école de filles pour les villes qui en ont les moyens. Les années 1880 sont marquées par des changements fondamentaux dans le système éducatif français, mouvement essentiellement porté par Jules Ferry et son principal conseiller Ferdinand Buisson. Ces lois Ferry de la fin du XIXe siècle qui rendent l'école laïque, gratuite et obligatoire, sont l'aboutissement d'un mouvement de démocratisation de celle-ci. La loi instaure un enseignement obligatoire de 6 ans à 13 ans, les enfants pouvant toutefois quitter l'école avant cet âge s'ils ont obtenu le certificat d'études primaires. La laïcité, proclamée dès 1881 avec la suppression de l'éducation religieuse dans l'enseignement public, est renforcée par la loi Goblet de 1886, qui interdit aux religieux d'enseigner dans le public. Filles et garçons restent séparés. L'école devient alors un ascenseur social pour tous les enfants des villages de Provence qui accèdent à l'éducation. Au début du XXè siècle, les enfants vont à l'école de fin septembre jusqu'à mi-juillet et les jours de repos sont le jeudi et le dimanche. L'institution offerte par les écoles des villages est alors de moins bonne qualité qu'à la ville, d'où le désir de certaines familles aisées des campagnes de mettre leurs enfants en pensionnat dans de plus grandes communes. Dans les villages, l'enseignement est plus proche de la nature, on y étudie sur des bancs de bois et non des bureaux, on y joue à des jeux simples et il n'y a souvent pas de service de cantine pour le déjeuner. Il faut l'emporter avec soi pour les enfants qui habitent loin du village dans les fermes isolées ou dans les hameaux. Il faut aller à pied parfois sur plusieurs kilomètres pour aller à l'école. En hiver, l'instituteur ou l'institutrice fait partir les enfants éloignés plus tôt afin qu'ils soient rentrés avant la tombée de la nuit. Quand les travaux des champs l'exigent, les enfants délaissent l'école pendant quelques jours pour aider leur famille.

  Source : D'après le livre "La Provence d'antan" Editions HC 

J'ai introduit mes propres connaissances vers la fin du texte.

Aux-élèves des écoles

 

19 septembre 2017

Le monument aux morts

 

Monument-aux-morts-place-de-la-Victoire

Le monument aux morts de Trans-en-Provence a été érigé par souscription publique et inauguré le 30 avril 1922. Il est situé sur la place de la Victoire. L'architecte en est Emile Tardieu de Nice.  

Il s'agit d'un obélisque de pierre qui porte en façade un médaillon de Poilu ainsi que les inscriptions commémoratives suivantes :    

Au Poilu,    

Honor.    

Trans à ses enfants morts pour la France.    

1914-1918.    

Passant, salue ses braves.    

Suivent les noms des victimes de la Grande Guerre par ordre alphabétique. Sur une des face latérales est sculptée la Croix de guerre. Voici les noms : AUDEMARD Baptistin, AUDIBERT Joseph, AYCARD Lucien, BERAUD Emile, BREGONSUL Alfred, BRUNENGO Marius, CASTELLAN Marius, CLAPIER Célestin, CLAPIER Marius, DANYS Fernand, DEOUS Louis, ESTEQUE Paul, FELIX Marius, GAMEL Jean-Marie, GASTINEL Gabriel, GHIGO Louis, GUIOL Daniel, ISNARD Casimir, JUGI Pierre, LABROSSE Marcel, LAZARE Jules, LAZARE Victor, LIONS Adrien, LIONS Marius, MINGEAUD Victor, MIREUR Justin, ORGIAS Louis, PEYRON Ernest, REYNIER Hubert, ROUX Léonce, RUBIS Baptistin, TAÏS François, TRIPOUL Célestin, VINCENT Alexandre

Monument-aux-morts-cimetière

Dans le vieux cimetière, une grande stèle, où figurent les noms de trente-quatre morts ou disparus, surmontée d'une croix a été érigée par "La commune de Trans à ses enfants morts pour la France".  

Sur cette stèle figurent aussi ceux qui ont été tués pendant la guerre 1939-1945.

DUHAA Roger, VANZI Joseph, MERLINO Pierre, DAUMAS André, MARTEL André, DAVID Raymond

Monument-aux-morts-église

Dans l'église, une silhouette guerrière de Jeanne d'Arc prend place au centre d'un autel commémoratif de la guerre 1914-1918. Les diverses batailles et dates importantes y sont mentionnées : 

La Marne 6-7 septembre 1914 ; 

Nancy 5-12 septembre 1914 ;

l'Yser 1-15 novembre 1916 ;

Verdun 22 février-novembre 1916 ; 

Armistice 11 novembre 1918 ;

Paix 28 juin 1919. 

Les patronymes des disparus sont gravés sur des plaques de marbre placées de part et d'autre de la statue.

Source : L'art et la mémoire de 1914-1918 dans le Var. Sylvie Mattone-Vastel et Georges Meissonnier (Il fut l'un de mes amis, généalogiste averti et passionné par l'histoire de son village des Arcs-sur-Argens. Il est décédé il y a quelques années).

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Paul Alexandre Vincent

Mon arrière-grand-père maternel Paul Alexandre VINCENT (né le 21 novembre 1869 aux Arcs-sur-Argens) est inscrit sur le monument aux morts de Trans en Provence. Il est décédé le 26 janvier 1917 à l'âge de 47 ans à l'Hôpital militaire Sainte-Anne à Toulon des suites de ses blessures alors qu'il était en service commandé dans la forêt du Dom avec son unité. Il est "Mort pour la France" selon la formule consacrée. Il a laissé sa femme : Thérèse (1871-1959) qui portera son deuil le restant de sa vie et ses trois filles : Marguerite (1899), Marie-Louise (1904 - ma grand-mère) et Irène (1908) qui deviendront Pupilles de la Nation.

Fleurs guerre 14

 

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