Moulin-a-huile

 Par acte du 13 novembre 1773, le Marquis de Trans donne aux Sieurs Jean Jacques Jerffroy, négociant au Luc, et Joseph Bouis, négociant de Flassans, la ferme générale des biens détaillés ci-après :

Cinq moulins à huile banaux dont trois sont situés en delà de la rivière Nartuby et deux en deça, à côté du village, vers le midi - moulins où toutes les olives cueillies dans le terroir de Trans doivent être détritées moyennant un droit de mouture d'une coupe d'huile sur vingt. Les assujettis sont aussi obligés, après avoir purgé leurs huiles, de laisser les eaux grasses et bourbeuses et les vider dans les réservoirs ou enfers qui appartiennent au Marquis. Les bois et grignons pour faire chauffer l'eau de la chaudière sont à la charge des assujettis, ainsi que l'huile pour faire veiller les lampes aux moulins, la nourriture des meuniers, et l'homme d'aide. Si un assujetti veut faire repasser les grignons de ses olives, il paye trois sols par pile, la mouture de l'huile et la nourriture des meuniers. Les fermiers doivent mettre quatre hommes à chaque moulin à marre ou favelle, y compris le gaugeart qui sert la pierre vivante ; et à chaque moulin à puits, trois hommes seulement, l'un destiné à sortir la pâte du puits. Les meuniers seront obligés de porter l'huile aux habitants et celle des forains à leurs maisons du village, avec le bouc que la communauté fournit suivant l'ancien usage, mais ils ne seront pas obligés de porter les huiles qui se vendront aux moulins ou qui devront être rendues à la résidence des forains (Nota de Nadine : les forains sont les propriétaires ne résidant pas à Trans). Les fermiers seront obligés de fournir une moulte (mesure qui concerne spécifiquement les olives) d'olive à chaque moulin lorsqu'il faudra l'oindre ; ils payeront les gages des meuniers ; ils fourniront la robe à chaque moulin qui travaillera (peirol (gros chaudron), casse et feuille de cuivre (accessoire pour recueillir l'huile), mesure de fer blanc et de bois, escourtins (paillasses circulaire dans lequel on met la pâte d'olive, environ 2 kg), cordes, autres accessoires et engins). Les fermiers tiendront des escourtins séparés pour y faire presser l'huile de ressence (huile obtenue à chaud à partir des grignons) et le repassage des grignons (ce qui reste des olives écrasées, tourteau de marc d'olives), escourtins autres que ceux qui serviront à façonner l'huile d'olive. La direction desdits moulins sera affectée, celuy de Bellevue au Seigneur Marquis ou à son procureur général, celui appelé "Le Bas" au syndic des forains, et les trois autres, dont deux à puits et l'autre à marre, aux Maire et Consuls ou à leurs préposés. 

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 Four banal au Plan d'Anelle à La Martre (Photo de Nadine)

Deux fours banaux à cuire le pain, sous un même couvert situé dans l'enclos du village, rue du Four, sur lesquels est perçu le droit de fournage à raison de trente pains un. Les fermiers se conformeront aux usages anciens et modernes ; ils pourront aller chercher du bois dans la forêt de la terre d'Esclans, faculté que s'est réservée le Marquis en vendant la dite terre ; ils devront servir les bannables par rang et ordre de primauté et sans partialité. Les fourniers (boulangers) seront choisis parmi ceux de l'art, loyals, de probité et sans reproche. Les fermiers n'ont rien à prétendre sur la cuite du pain pour l'usage du château, franc de droit et de fournage, tout comme lui est réservé, au moulin à farine communal, la mouture de 40 charges de blé, dont 10 de froment et 6 de méteil ou mescle, mesure de Draguignan, que les Sieurs  Maire et Consul de Trans seront obligés de payer annuellement moitié le jour de St-jean l'Evangéliste (27 décembre) et moitié le jour de St-Jean Baptiste (24 juin).

Domaine et Ménagerie de Colmars et dépendances : Bâtiment habitable, pré et terre arrosable, terre non arrosable, vigne, arbres fruitiers et mûriers dans un même tènement (dans un même terrain) auquel sont comprises les propriétés dites Maurine, Ricaud et Jerffroy ; confrontant au levant le chemin royal de Trans à Figanières ; au midy, le béal (le canal) de long en long.

Terre culte et inculte appelée "L'Iscle" qui a pour confronts, du levant André Castellanet, du midi et couchant la rivière de Nartuby, du long en long, et du septentrion le chemin royal de Trans à Draguignan.

Terre et oliviers du "Claus" bornée au levant et au septentrion par les allées d'ormeaux, au midy par la nouvelle vigne muscatellière (raisin muscat) et le chemin vicinal, au couchant par le chemin royal de Trans à Lorgues. Cette propriété était située entre le parc seigneurial (allées d'ormeaux et vigne muscatelière) et les chemins indiqués.

Oliviers de L'escaillon, mais non le terrain que le Marquis se réserve (voir mon article sur la terre de L'escaillon, lien ci-dessous).

Le Bosquet et la Terre de l'Escaillon - Trans en Provence au fil de la Nartuby

Au début du XVIe siècle, à une époque où aucune restriction n'avait été apportée au droit de chasse, tout le terrain compris entre les La terre de l'comprise entre la chapelle Notre-Dame de Pitié, l'actuelle rue Nationale, l'actuelle rue des Moulins et le quartier du Bosquet. Ce fut une terre seigneuriale jusqu'à la Révolution.

http://www.transenprovence.info

Domain du Gabre : Bâtiment habitable, ménagerie, écuyerie, grenier à foin, le tout sous même couvert, haire (aire)agermée ; jardin potager qui s'arrose par l'eau de la fontaine passant dans un réservoir, pré sec et terres semables joignant ensemble les bornes (on dit aussi les termes) : levant et nord, ancien lit de la rivière et fief de Valbourgès ; midi, ancien chemin royal de Trans au Muy : couchant, Sr Villepey ; au septentrion, finit à la rangée des mûriers de la propriété de la Condamine. Le surplus, qui se trouve au-delà de la rangée de mûriers vers le nord et de la limite de gazon, est réservé au Marquis avec ses nouvelles acquisitions.

8° Domaine, terre vigne et oliviers de la "Gardiole", situé en amphithéâtre par des murailles de pierres sèches, borné du côté du nord par le chemin de Trans au Muy.

Moulin de la Ressence des grignons ou marc des olives, situé au quartier de la Foux, tel qu'il existera suivant rapport de description qui sera fait par experts en septembre 1774.

Réserves - Les autres biens nobles ou roturiers du Marquis qui ne sont pas indiqués ci-dessus, lui sont réservés. En outre le Seigneur se réserve :

1° De faire couper des pieds d'oliviers et d'en faire ébrancher d'autres, pour permettre à ceux qui restent de croître avec plus de facilités ;

2° De faire de nouvelles allées d'arbres à droite et à gauche ; de faire construire des murailles bâties à chaux et à sable et autres en pierre sèche pour l'avantage des terres ;

3° De faire des complantations (plantations) de vigne, oliviers et autres arbres ;

4° De faire construire des chaussées en gazon, de faire planter des piquets ou traînées de broussailles au bord des rivières, torrents, vallons ou tous autres endroits, pour garantir la terre des inondations et éboulements. 

Le jardinier et son seigneur

Obligations des fermiers - Les fermiers devront mener toutes les terres semblables par sols et saisons, pour être ensemencées alternativement en proportion à chaque année, sans les pouvoir surcharger directement ni indirectement sans la permission expresse de l'agent du Seigneur qui pourra leur indiquer l'endroit où il devra être semé des grains grossiers, à la charge qu'il sera mis du fumier.

La vigne sera taillée tous les ans par les ouvriers que l'agent du Seigneur choisira et qui seront payés par les fermiers ; les vignes seront bêchées et binées, c'est-à-dire de deux oeuvres tous les ans, dans son temps et saisons ; les meyans (espace entre les rangées de vignes) des vignes seront également bûchés et binés à bras d'homme.

Les oliviers seront élagués et émondés deux fois dans la durée du bail, de trois en trois ans, à l'indication de l'agent du Seigneur et aux dépens des fermiers ; les pieds des oliviers seront binés et bêchés annuellement d'une canne carrée (mesure de surface) dans son temps et saisons ; à la terre des oliviers sera donnée deux raies de labour avec la charrue, quoiqu'elle ne soit pas destinée à être semée en grains.

Les fermiers seront tenus faire consommer toutes les pailles provenant des terres affermées, sans pouvoir les transporter ailleurs de même que les fumiers. Le menu bétail introduit dans les ménageries pour consommer les herbes d'hiver, devra auberger aux dites ménageries, durant le temps des dites consommations, afin que les fumiers, comme celui des pailles, soient employés à l'engrais des terres et oliviers et à tels endroits qu'il sera jugé le plus nécessaire. Les fermiers entretiendront en bons pères de famille tous les bâtiments des fermes, des moulins et engins, des fours et ménageries, pour les couverts, poutres, chevrons, tuiles, portes, fenêtres, degrés, couches, étatelliers des écuryes et tout ce qui en dépend ; les murailles foncières restent à la charge du Seigneur. Les fermiers se chargeront des bâtiments et engins sur l'estime faite par deux experts amiablement convenus avec les fermiers actuels au jour de St Michel, 29 septembre 1774 ; ils se chargeront encore des bestiaux de labour et attraits aratoires, des semences en grains, en argent, guérets (terres labourées et non ensemencées), foins, pailles, meubles, en un mot de tout ce qu'ils recevront des fermiers actuels, à l'estime des experts, sauf de rembourser les augmentations de la précédente estime s'il y en a eu, et par même raison de suppléer à la valeur des diminutions s'il s'en trouve...

Durée du bail - Six ans, du 29 septembre 1774 au 29 septembre 1780.

Rente annuelle - 1° Somme annuelle de 8.000 livres payables en quatre termes, aux 1er janvier, 1er avril, 1er juillet et 1er octobre, termes portés et rendus au château ou au domicile de l'agent du Seigneur ; 2° Douze coupes d'huile lampante, bonne et de recette, portées à la jarrerie du château ; 3° Cent quintaux de paille de la ménagerie de Colmars (Colmars est un quartier de Trans), portés au grenier du Marquis ; 4° Trente paire de poulets expédiables dans le mois d'août et douze douzaine d'oeufs.

Source : Les Archives de Trans en Provence - n° 22 mars 1932 - Jean Barles et mes propres connaissances 

Jarrerie