Façade latérale de l'église

 Délibération du 23 octobre 1763

"A la suite de plaintes portées par divers particuliers à  Monseigneur l'Evêque, relativement aux vapeurs et mauvaises odeurs que cause le cimetière dans le lieu, nous sommes menacés d'un interdit, et comme on serait obligé d'enterrer dans les tombeaux de l'église, il en résulterait des inconvénients considérables. A cet effet, il serait de convenance de choisir un emplacement convenable, avec Monsieur le Prieur. Le Conseil de la Communauté décide de choisir, dès l'arrivée de Monsieur le Prieur et de concert avec lui, un endroit convenable pour y placer le cimetière. Note : "Par suite probablement d'un entraînement causé par les eaux de pluie, d'une grande partie de la terre des cimetières intérieurs des villages situés sur une hauteur, il arrivait que les corps n'étaient plus ensevelis assez profondément, et que pendant les quelques mois consécutifs à une inhumation, il se dégageait des mauvaises odeurs. Ce fut notamment, au milieu du XIXème siècle, le cas du cimetière intérieur de Régusse. Il est probable que la même chose devait se passer à Trans entre 1763 et 1767, date à laquelle on procéda au transfert du cimetière".

Délibération du 9 août 1767

"Il avait été délibéré, il y a nombre d'années, de déplacer le cimetière, ayant été pour lors interdit par les infections qu'il donnait, et comme les plaintes se réitèrent, se trouvant au centre du village, que d'ailleurs le dit emplacement devient tous les jours de plus en plus grande nécessité pour agrandir l'église, il serait de convenance de le placer hors du village sur un terrain pour lequel Messire Bernard Louic, prieur, donne son consentement (à un transfert). Le Conseil donne mission aux Maires et Consuls de chercher un emplacement remplissant les conditions de convenance et de droit ; et, de suite, attendu que le cas requiert célérité, d'obtenir de concert avec Monsieur le Prieur, la permission de Monseigneur l'Evêque pour bénir un nouveau terrain pour y ensevelir les morts, - le plus tôt qu'il se pourra, afin que l'enlèvement du dit cimetière puisse être fait dans le mois de décembre prochain, - et la permission de Monseigneur l'Intendant obtenue, faire, pour ce, l'achat d'un terrain qui est à l'extrémité du Grand jardin dit jardin de Chaix, arranger les murailles de façon qu'aucun animal ne puisse y entrer et ouvrir une porte de convenance (sic) en face du village pour, les enchères courues, y faire transporter le terrain et le contenu du cimetière, et se mettre à niveau de la place".

Renseignements extraits d'un livre de raison 

"Le cimetière a été agrandi en 1846 ; le jardin qu'on y a annexé appartenait de Monsieur Nicolin ; la chapelle actuelle était une bergerie. On y arrivait par un chemin entre deux murailles dont la porte d'entrée était à droite de la porte du cimetière. Le chemin se terminait à l'endroit où se trouve le tombeau de la famille Bernard qui avait droit à ce passage. Depuis l'agrandissement du cimetière, la muraille du passage qui se trouvait du côté du jardin Nicolin a été démolie".

Source : Fascicule imprimé pour l'anniversaire des 500 ans de la consécration de l'église 1496-1996. Ce fascicule a été écrit grâce à mes propres recherches. Curé Claude Pierrugues, Monsieur Roger Martelli et moi-même.

Complément (paru dans l'article intitulé Trans au cours du XVIIIe siècle).

Le cimetière était placé à côté de l'église suivant l'usage (à l'emplacement de la petite nef qui sera construite suite au transfert du cimetière) et les habitants se plaignaient qu'il dégageait des miasmes pestilentiels, que les odeurs les incommodaient et que les chiens y dévaguaient (Nota de Nadine : je pense que le cimetière devait s'étendre tout autour de l'église et non se cantonner sur le côté, parce que ma mère m'a raconté que quand le ruisseau de la rue de la Motte a été fait en 1948-1950, les ouvriers avaient trouvé des ossements sous le pavage en galets qui longeait l'église). Cependant, la sentence de l'Evêque ne fut pas exécutée tout de suite si bien que les trois caveaux qui se trouvent dans l'église (caveau du Rosaire, de Saint Antoine et de Saint Sébastien) furent pleins et qu'au lieu d'enterrer les morts séparemment, l'enterremort (sic) fut obligé de placer les cadavres sur ceux qui étaient nouvellement enterrés (Cf Série DD13 Archives communales de Trans détenues aux Archives départementales du Var à Draguignan). C'est enfin en 1767 que la municipalité se décida à transférer le cimetière. Pour cela, elle acheta un terrain situé à l'extrémité du Grand Jardin du Bachas dit Jardin de Chaix, à Joseph Guiol, tisserand de son état pour le prix de 300 livres y compris le bâtiment (ce que nous appelons la chapelle) et les arbres fruitiers qui s'y trouvaient. C'est le 12 décembre 1767 que le cimetière entra en service. En 1846, la municipalité acheta un autre jardin y attenant pour l'agrandir à nouveau car la population avait augmenté (il s'agit de la partie qui est située derrière).

Source : D'après le livre "Trans en Provence" de Guillaume Barles et d'après mes propres recherches dans les archives communales de Trans.