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Trans en Provence au fil de la Nartuby
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8 janvier 2017

Les meuniers de grignons

Grignons d'olives

 

Grignons d'olives

 

Si l'on se réfère à la définition donnée dans le dictionnaire, un meunier est une personne qui exploite un moulin à grains, et, pour le commun des mortels, ces grains sont des grains de blé. Or, il existait à Trans, deux moulins appartenant à Monsieur Saurin (ancien maire du village) qui utilisaient des grignons (noyaux d'olives) pour fabriquer de la farine. L'un se trouvait à la Calade (dans l'immeuble de Monsieur Cotta), l'autre était rue Barbecane. Ces deux moulins étaient exploités par les deux frères Beltramo et c'est Monsieur Célestin Beltramo, né dans la maison du moulin de la rue Barbecane qui nous fait part de ses souvenirs. Son père et son oncle, après avoir appris leur métier de meunier au Moulins des Ferrières, au Muy (moulin à farine de blé, celui-là), s'installaient à Trans dans les moulins de Monsieur Saurin. Les grignons étaient récupérés et stockés dans l'immeuble où se trouvent maintenant la Mairie et la Poste. Ils venaient de tout le Var, apportés par des particuliers ou des coopératives. Acheminés à l'aide de diables au fur et à mesure des besoins dans chaque moulin, les grignons étaient mis à sécher sur des terrasses carrelées. Des sillons de 10 centimètres étaient tracés pour faire passer l'air et le soleil et ce n'est qu'une fois secs que les grignons rentraient dans le moulin. Versés dans une sorte de silo, les grignons en sortaient lentement, récupérés par de petits godets, puis jetés sur les pierres à farine. Ces pierres meulières étaient énormes : 2 mètres de diamètre et 30 centimètres d'épaisseur. C'était de la pierre à feu cerclée de fer. Une pierre était fixe, l'autre tournait sans arrêt, écrasant les grignons et les transformant en farine. Tout le mécanisme était entraîné par une poulie, elle-même mise en mouvement par l'eau du ruisseau qui passait au moulin. A la sortie, la farine passait dans des tamis et était sélectionnée : la fine, la moyenne et la grosse. La fine et la moyenne étaient tout de suite ensachées en sacs de 100 kilos et la plus grosse était repassée avec les noyaux jusqu'à être plus fine. Aucun déchet ne restait. Le travail était un travail familial : le père et la mère en permanence et quelquefois les enfants. Célestin Beltramo se souvient d'avoir travaillé à réparer l'usure des pierres à feu : chaque mois, la pierre mobile était sortie de son axe à l'aide d'un treuil et avec un marteau spécial en acier, il fallait refaire des trous et des sillons pour faciliter le broyage, puis elle était remise en place et le travail reprenait. Le moulin fonctionnait tous les jours de 6 heures à 22 heures. La production était importante : 20 sacs de 100 kilos de farine partaient chaque jours des moulins pour rejoindre la gare. Monsieur Jean Felenq se chargeait du transport avec sa charrette et sa jument. Des wagons spéciaux attendaient la farine et partaient tous les deux jours pour l'Allemagne. ces farines étaient utilisées soit pour la nourriture des animaux soit dans la fabrication d'engrais. La guerre de 39-45 coupant tout contact avec l'Allemagne amena la fermeture des moulins.

 

Source : Texte écrit par Madame Suzanne Leroux - Revue d'Information Municipale de Trans en Provence n°8 - 1985.

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Commentaires
M
C' est bien dommage que la farine de noyaux d' olives n' existe plus , mais peut-être n' était elle utilisée que pendant les temps de disette ? . <br /> <br /> <br /> <br /> Gros bisous marseillais , je trouve cet article fort intéressant car je ne connaissais vraiment pas ça du tout . A très bientôt Nadine . <br /> <br /> <br /> <br /> Renée (mamiekéké). <br /> <br /> <br /> <br /> http://img1.bonnesimages.com/bi/mardi/mardi_125.jpg
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